Une icône dans une mauvaise passe

BASILE BOLI

Une icône dans une mauvaise passe

D’Abidjan à Ouagadougou en passant par bien d’autres capitales africaines, la nouvelle de mise en garde à vue de l’ancien footballeur français d’origine ivoirienne a été accueillie comme une douche froide. Surprise et interrogation sont au menu des causeries. On voudrait bien comprendre ce qui arrive à notre champion, celui dont l’image victorieuse face au Milan AC est gravée à jamais dans la mémoire des fans de Marseille et de toute la France. L’homme est sous le coup d’une enquête sur la gestion d’une association dont il est le président, ERA (Entreprendre et réussir en Afrique). En fait, une affaire d’argent sur laquelle il serait imprudent de s’aventurer actuellement. Tout ce que l’on sait, c’est que la structure que dirige l’ancien footballeur bénéficie de financements publics dans le cadre de ses activités et qui dit argent public dit marquage serré à la culotte, des contrôleurs d’Etat ; en l’occurrence la Brigade de répression de la délinquance économique.

A la fin du deuxième jour de sa garde à vue, on saura, à moins d’une prolongation de celle-ci, si des charges précises sont retenues contre lui. Mais qu’importe, cette interpellation, n’est pas sans susciter des interrogations sur la gestion de Basile Boli. S’il en sort blanchi, ce sera un vrai soulagement. Dans le cas contraire, cette affaire restera comme une ombre dans sa trajectoire professionnelle et sociale. Il incarne aujourd’hui, malgré lui peut-être, le rêve de nombreux jeunes africains issus de l’immigration. Un exemple d’intégration réussie et de réussite professionnelle. Mais voilà, en Occident, on ne badine pas avec certaines valeurs. On ne touche pas à l’argent public impunément. Comme un boomerang, un acte de gestion, aussi anodin qu’il puisse paraître, peut revenir des années après et éclabousser son auteur.

La justice française, dans l’affaire Jacques Chirac en est la parfaite illustration. Si un ancien président, risque d’être traduit au pénal, ce n’est donc pas le simple ex-footballeur Basile Boli qui résistera au rouleau compresseur de la justice française à laquelle on ne peut reprocher difficilement de choisir ses proies. C’est un peu là le charme de cette justice occidentale qui peut frapper n’importe qui à n’importe quel moment. Il n’y a jusqu’à l’Elysée, personne qui ne soit soumis au regard inquisiteur des grands contrôleurs financiers de l’Etat.

Sous nos tropiques, on a encore du mal à imaginer le président Chirac poursuivi pour une histoire d’emplois fictifs à la mairie de Paris, alors qu’il était maire de la capitale ; encore moins un personnage de la trempe de Basile Boli , secrétaire national de l’UMP chargé du co-développement en 2007 et soutien du président Sarkozy lors de sa campagne présidentielle. Ils auraient presque la qualité d’intouchables. Quel juge oserait s’attaquer à de telles personnalités, sans courir le risque de finir sa carrière, oublié dans les tréfonds de la brousse africaine ?

Mais la principale leçon à tirer de ce déboire judiciaire de Basile Boli voire de ceux de Chirac est sans doute celle-ci : qu’elle soit une association ou une mairie, même si vous en êtes le patron, il faut respecter l’orthodoxie financière et les règles de gestion. Ils sont légion dans nos campagnes, des associations et des ONG unipersonnelles, qui ne rendent compte de leur gestion à personne et qui sont des sources d’enrichissement personnel, prétendant agir pour le bien public et pour celui de la communauté. Vivement une vraie police des associations.

Par Abdoulaye TAO

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