Vous les femmes !

On ne parle (presque) que de ça ! Depuis deux jours maintenant, on évoque, à tout-va, ici et là, les violences faites aux femmes. Notamment au sein des couples où, souvent mal aimées, elles subissent les traitements les plus dégradants. Femmes battues, femmes violées – non pas par quelque mâle malfaisant en mal de chaleur, mais par son mari, dans le secret de leur couchette conjugale – femme agressée, injuriée, délaissée… Elles sont ainsi des millions, à travers le monde, à subir le calvaire et à vivre le martyre au quotidien. Et, ô horreur, ces faits qu’on aurait pu reléguer à une autre époque, restent de mise un peu partout, en plein aujourd’hui, dans ce 21e siècle des lumières et de tous les progrès.

Si fait qu’on en est encore à « célébrer », le 25 novembre de chaque année, la Journée internationale de la femme battue. Une journée censée titiller nos consciences sur la gravité d’un fait récurrent et inadmissible : « des femmes meurent presque tous les jours sous les coups de leur conjoint, mari, petit-ami, frère ou père… » Inceste par-ci, viols par-là, diverses violences conjugales entre les deux, nos douces moitiés ne savent même plus à quelle exagération se vouer. Le plus souvent dociles et soumises, elles subissent l’opprobre, portent leurs croix et souffrent en silence. Sans doute, le poids de traditions absurdes et de préjugés culturels disqualifiés, pourtant nourris aux sources d’un patriarcat de mauvais aloi.

Une situation qui déteint malheureusement sur le tableau général des indicateurs de développement. On note ainsi qu’en Inde, par exemple, « les femmes demandent un avortement dans 95,5 % des cas où l’enfant à venir est une fille ». Comme si, ainsi que c’est encore le cas dans de nombreuses contrées de la planète, donner la vie à une fille est une malédiction, la plus ignominieuse des malédictions qui soit. Est-ce une raison pour que « quatre-vingt six millions de filles, soit 43 millions de plus que de garçons », ne soient pas du tout scolarisées ? Et que, dans certains pays d’Afrique, « 50 % des femmes deviennent mère avant l’âge de 20 ans » ?

Il y a lieu de s’interroger gravement sur la décadence de nos sociétés, et travailler à ce que l’instauration d’une Journée de lutte contre les femmes battues et assimilés soient finalement biffés des agendas. Il faut certainement mettre le doigt sur la plaie, la cautériser, mais de sorte à ce qu’elle appartienne à l’histoire. Car, à mon sens, la seule existence de cette journée est un échec de la communauté humaine, qui manque ainsi à son devoir le plus capital : porter secours et assistance, semer l’humanisme, la fraternité et la concorde autour de soi.

Heureusement qu’ils ne sont pas tous ainsi, les hommes. Il y en a bien qui savent donner la place qu’elle mérite à la moitié du ciel qui, elle-même, n’est pas que sévices, malheurs et châtiments…

Serge mathias Tomondji

Fasozine

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