Ouagadougou-Bamako, corridor du racket

Jeudi, 17 Decembre 2009 17:54 Bark Biiga

Ouagadougou-Bamako, corridor du racket (Ph. d’illustration)

«Le corridor Ouagadougou-Bamako enregistre, à l’instar des trimestres précédents, le niveau de perceptions illicites le plus important, avec plus de 52 315 F CFA par voyage, soit 5 686 F rackettés aux 100 km». Telle est l’amer constat que l’Observatoire des pratiques anormales (OPA) vient de dresser à l’issue d’enquêtes suivies entre le 1er juillet et le 30 septembre 2009, sur les principaux axes de l’espace communautaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Un constat d’autant plus alarmant que, pour une fois encore, il met le doigt sur la non-fluidité du trafic routier, et donc des obstacles dommageables à la libre circulation des personnes et des biens.

C’est connu, les transporteurs routiers et les voyageurs sont soumis à toutes sortes de tracasseries, du fait d’une multiplicité de barrages érigés aussi bien par la douane, la police que la gendarmerie dans les différents pays. Des investigations menées sur les corridors de Téma-Ouagadougou, Lomé-Ouagadougou, Bamako-Dakar et Ougadougou-Bamako, il ressort que ces pratiques anormales persistent, malgré les campagnes de sensibilisation et certaines mesures prises par les autorités des différents pays. Quoique l’Observatoire note que «le niveau de prélèvements illicites a connu une baisse de 3,71% sur l’ensemble des trois corridors Tema-Ouagadougou, Ouagadougou-Bamako et Lomé-Ouagadougou», le phénomène demeure toujours inquiétant et généralisé dans tout l’espace communautaire.

Comme cela a d’ailleurs été confirmé sur le corridor Bamako-Dakar, nouvellement intégré dans le programme de l’OPA. Pire, il bat tous les records de tracasseries et donc de perte de temps. «Le corridor Bamako-Dakar est le plus dense avec 37 arrêts par voyage, soit un ratio de 4 arrêts aux 100 km. Cette situation s’explique par la multiplicité de barrières sur le tronçon sénégalais qui, à lui seul, enregistre 26 barrières par voyage contre 11 du côté malien», conclue l’enquête. Comme on peut le constater, le chemin de l’intégration sous-régionale est encore long, aussi bien sur le plan politique qu’économique.

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Un commentaire pour Ouagadougou-Bamako, corridor du racket

  1. Timoxana dit :

    Je ne doute pas un instant que la corruption existe et peut-être plus en Afrique qu’ailleurs mais la corruption étant par nature dissimulée, je me demande comment cette étude peut présenter des chiffres aussi précis. Ils parleraient de sommes estimées, je le prendrais certainement plus au sérieux. Mais je m’avance sur un terrain que je ne connais pas. Il n’y a pas jugement dans mon écrit mais un questionnement qui me semble légitime. Qu’en pensez-vous ?

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