Lutte contre le paludisme: à Nanoro, le RSS,S suscite l’espoir

 Mardi, 22 Decembre 2009  Desire T Sawadogo

450 enfants ont déjà reçu la dose du vaccin (Ph. d’illustration)

A Nanoro, localité située à 85 kilomètres de Ouagadougou, des chercheurs mettent au point un vaccin contre le paludisme. Les essais, qui ont débuté en octobre dernier, sont très avancés, et si les fruits tiennent la promesse des fleurs, le RTS,S, qui n’est encore que candidat-vaccin, sera soumis aux autorités réglementaires en 2012.

C’est le 6 octobre dernier que les essais ont effectivement débuté à l’Unité de recherche clinique de Nanoro, elle-même logée au sein du Centre médical avec antenne chirurgical (CMA) de ladite commune.

En un peu plus de deux mois, 450 enfants ont déjà reçu la dose du vaccin. Ce sont des enfants de 5 à 17 mois qui sont concernés. Mais dans les prochains jours, l’équipe de scientifiques espère vacciner plus de 600 autres enfants de 6 à 12 semaines. «Nous prenons notre temps parce que cette tranche d’âge est la plus délicate», explique le Dr Halidou Tinto, investigateur principal de l’étude.

C’est l’essai de phase III du candidat-vaccin, qui doit prouver l’efficacité et l’innocuité du vaccin chez les enfants et nouveau-nés, qui a débuté. Et selon ce pharmacien, qui est par ailleurs titulaire d’un doctorat en sciences médicales, «c’est la première fois dans l’histoire de la recherche sur le paludisme qu’un candidat-vaccin atteint la phase III, celle qui précède son homologation par les autorités compétentes et sa mise sur le marché». A terme, l’équipe de recherche espère recruter 16 000 enfants pour les tests. «Depuis le début des essais, nous n’avons pas enregistré de problèmes majeurs qui puissent mettre la vie des enfants en danger», assure l’investigateur principal. Et si tout va bien, le RTS,S sera soumis aux autorités règlementaires en 2012.

Les enfants recrutés pour ces essais seront suivis pendant trois ans, par une équipe d’infirmiers et de médecins qui se relaient 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, sous la supervision du Dr William Kaboré, un pédiatre. Les dossiers des enfants, stockés dans une salle d’archives, seront conservés pendant 15 ans, assure l’équipe de recherche.

Si ce sont les enfants de 6 à 12 semaines et de 5 à 17 mois qui sont concernés, c’est parce qu’au Burkina, près de 3 000 personnes, essentiellement des enfants de moins de 5 ans, perdent la vie chaque année à cause du paludisme. Pour le Dr Tinto, «il était important que le Burkina participe aux recherches, surtout que nous avons un profil différent de paludisme».

Le RSS,S, candidat-vaccin le plus avancé au monde d’un point de vue clinique est expérimenté dans 11 sites au Burkina, au Gabon, au Kenya, au Malawi, au Mozambique et en Tanzanie. Il résulte d’un partenariat entre des instituts de recherche africains, leurs partenaires universitaires des pays industrialisés, GSK Biologicals, et la Path malaria vaccine initiative qui, elle, bénéficie de subventions de la fondation Bill et Mélinda Gates

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