FIMA

Un véritable podium de promotion de la mode africaine

Sous la Révolution d’Août 83, le Président Thomas Sankara, convaincu qu’on ne pouvait se développer qu’en comptant sur nos propres ressources, avait imposé le port du faso dan fani (tissu local fait de bandes de cotonnade). L’idéal était noble même s’il y avait à redire sur la manière. Le célèbre couturier Pathé’O ne disait pas autre chose lorsqu’il déclarait lors d’une interview accordée à notre confrère Zakaria yéyé de Sidwaya le 12 août 2004 ceci: " Ce combat que je mène est que l’Afrique consomme l’Afrique parce que personne ne viendra développer l’Afrique à notre place. Notre richesse est à nos pieds : nous sommes les meilleurs producteurs de coton. Je suis le premier couturier africain à avoir des points de vente dans une quinzaine de pays africains : Ouagadougou, Yamoussoukro, Bamako, Douala, Yaoundé, Kinshasa, Brazzaville, Libreville, Dakar, Luanda. Jusqu’aux Antilles, j’ai des points de vente. Au lieu de faire des boutiques, j’aurai pu peut-être m’acheter de belles maisons et de belles voitures. Mais mon objectif a été d’investir sur les points de vente des boutiques Pathé’O. " En effet, le Burkina Faso et d’autres pays africains font partie des premiers producteurs mondiaux du coton. Malheureusement, "l’or blanc" ne donne pas toujours le sourire aux producteurs. Non seulement sa transformation et sa consommation locale sont faibles, mais en plus, sa commercialisation externe subit les lois d’un marché qui se fout éperdument de la misère des pauvres paysans. C’est pourquoi, depuis toujours avec leurs moyens de bord, des femmes et des hommes se battent pour inscrire le coton africain à la place qu’il faut. Sont de ceux-là les couturiers africains que sont Pathé’O, Alphadi, Gérard et les autres. De façon concrète, ils essayent de montrer au monde entier que le tissu 100% africain est beau et peut servir à confectionner de beaux vêtements. Lors de l’édition 2009 du Salon international du Tourisme et de l’hôtellerie de Ouagadougou placé sous le parrainage de pathé’O, le célèbre couturier africain Alphadi avait décliné ses ambition en termes de vouloir "décomplexer la mode africaine" et de porter "le vêtement africain sur les grandes scènes de la mode universelle" Pour cela, il a créée depuis 1998 le Festival International de la Mode Africaine (FIMA) avec pour objectifs "de promouvoir la Mode Africaine au niveau international ; donner une image positive à la mode Africaine ; encourager la Mode Africaine dans toutes ses formes ; donner une reconnaissance de la Mode Africaine". Seidnaly Sidhamed dit Alphadi est né en 1957 à Tombouctou au Mali, issu d’une grande famille du Niger, il a fait une bonne partie de sa scolarité au Togo. C’est cette africanité qui déteint sur ses créations. Alliance de l’eau et du sable, couleurs vives d’une Afrique qui bouge, le style Alphadi bouscule les traditions et crée la Tradition dans le sens dynamique du terme. L’édition 2009 du FIMA qui s’est déroulée du 25 octobre au 1er novembre sur les bords du fleuve Niger à Niamey avait pour thème : "Métissage culturel". Ce thème a été matérialisé à travers l’organisation de la Grande nuit de la "Rencontre des Cultures", au cours de laquelle produits artistiques et culturels ont été présentés par des artistes traditionnels, modernes du Niger et d’ailleurs. En plus de Pathé’O qui fait partie du comité d’organisation, le Burkina Faso a fait sensation à ce 7ème FIMA avec la présence très réussie de Bazem’se dont les créations ont émerveillé le public. Entre expos ventes, rencontres échanges et colloques, le FIMA a atteint ses objectifs que le Couturier Alphadi déclinait en ces termes : "La mission de cette édition, c’est beaucoup de créativité pour le continent africain, et surtout la rencontre de l’Occident et de l’Afrique et que les Africains puissent se prendre en charge, comprendre que par la créativité, par l’art et par la mode, on peut se battre contre la pauvreté, on peut lutter et donner à l’Afrique, une dignité et un visage humain." Avec en sus le lancement de la construction de la future École Supérieure de la Mode et des Arts, la mode africaine peut voir le sourire de l’adulte qui avance.

Par Ludovic O Kibora

Les chercheurs du site de Loropéni honorés

Le décret n° 97-255/PRES/GC du 23 mai 1997, portant institution, organisation et fonctionnement des Ordres burkinabè, stipule en son Article 2 que "L’Ordre National est destiné à récompenser le mérite personnel et les services éminents, civils ou militaires rendus à la Nation" et l’article 3 de poursuivre : "L’Ordre du Mérite burkinabè récompense toute personne qui se serait distinguée par son dévouement, sa valeur professionnelle, la durée et la qualité de ses services". Quant aux Ordres spécifiques, ils sont destinés selon l’article 4 "à récompenser les personnes physiques ou morales qui dans l’exercice de fonctions publiques ou privées, se seraient distinguées dans un domaine spécifique de l’activité nationale. Ils sont créés et organisés par Décret Présidentiel." Avec la multiplicité de ces Ordres, ces dernières années au Burkina Faso, les décorations ne sont plus attribuées aux comptes gouttes. Cela n’est pas sans faire jaser de nombreuses personnes selon lesquelles on mélange assez souvent le bon grain et l’ivraie, pour ne pas dire qu’on "dévalorise la chose", selon une expression populaire. S’il y a des manquements, ce n’est sans doute pas du côté de la Grande Chancellerie encore moins du côté des récipiendaires, mais peut-être de ceux-là qui, conscients des critères édictées, font des "propositions motivées" qui donnent lieu à des supputations diverses. Lesquelles supputations ne sont pas toujours sans fondement. Cependant, quoi que l’on dise, dans le lot de ceux qui ont la chance d’accrocher sur leur poitrine les médailles du Faso, il y en a de bien méritants. Pour certains, cela vient d’ailleurs un peu tard au vu de leur contribution inestimable au développement du pays. Décembre, c’est le mois des décorations par excellence fêtes nationales, fêtes de fin d’années, bonne période pour faire la fête. C’est donc ce mois que le ministère de la Culture, du Tourisme et de la Communication a choisi pour faire honneur aux travailleurs du public et du privé qui relèvent de sa tutelle. Certains avaient été triés sur le volet pour recevoir leur médaille le 9 décembre au Palais de Kosyam. Le Pr. Jean-Baptiste Kiethega, coordonnateur de l’équipe pluridisciplinaire de chercheurs, qui avait permis au Burkina Faso d’inscrire "les Ruines de Loropeni" au patrimoine culturel mondial de l’UNESCO, a été fait à l’occasion officier de l’ordre du mérite. Rendez-vous a été donné au restant de la troupe dans l’après midi du 21 décembre 2009 dans l’enceinte du CENASA où 3 officiers et 30 chevaliers de l’ordre du mérite des Arts et de la Communication bénéficiaient de la reconnaissance de l’Etat. A la suite de leur coordonnateur, les Chef d’équipes de la mission de recherche sur Loropéni que sont les sieurs Guinko Sita, Koté Lancina, Mustapha Gomgnimbou ont vu accrocher sur leur poitrine la distinction de l’ordre du mérite des Arts et de la Communication avec agrafe Littérature orale et écrite. Hommage mérité de la nation à ses fils qui ont posé un acte historique. Baigné dans l’ambiance musicale savamment entretenue par l’orchestre national, le public a pu au cours de cette cérémonie accueillir avec satisfaction les reconnaissances attribuées dans la foulée à des hommes de média, réalisateurs de film (Abdoulaye Dao), artistes musiciens (Bamogo Jean Claude dit Man) et d’autres personnalités du monde de la culture, des arts du tourisme et de l’hôtellerie (Diallo du restaurant la Forêt). Comme on le sait, la médaille, même lorsqu’elle n’ajoute quelque chose dans la gamelle, ça fait chaud au cœur. Félicitations à tous !

Ludovic O. Kibora

31 décembre, une fête
qui vient de loin

Les phénomènes culturels évoluent à travers la mode et les formes d’emprunts divers. Ils parviennent ainsi à prendre souvent de fortes racines à milles lieux de leur source originelle. Le faste avec lequel l’humanité toute entière fête la fin de l’année selon le calendrier grégorien est à inclure dans cette dynamique. Chez les jeunes kasena de Kaya-Navio, Tiébélé, Pô et environs, le faa can dia qui est la cérémonie de réjouissance qui marque la fin des récoltes, malgré son importance rituelle, ne parvient pas à remplacer le traditionnel engouement avec lequel ils s’investissent dans le fameux 31 décembre. On comprend alors jusqu’où la colonisation romaine a pu aller. Aujourd’hui, avec le monde devenu un village planétaire, plus moyen d’échapper aux influences venues de loin, que l’on se terre aux pieds du Gobnangou ou sur le sommet du Tenakourou. Pourtant, dans le fond, nos fêtes coutumières qui marquent la fin de l’année agricole ne sont pas différentes de cette Saint Sylvestre qui ne fête pas forcement le Saint, mais le calendrier. En effet, selon Philippe Allard : " La fête du nouvel an elle-même trouve son origine à Rome. La nuit précédant le premier janvier, les Romains faisaient un long repas qui leur permettait d’attendre l’arrivée de la nouvelle année. Selon la tradition, plus le nombre de plats servis au cours de ce repas était grand, plus l’année serait prospère et abondante. Cette tradition a rayonné au rythme de la colonisation romaine." Sylvestre, 33e Pape, qui occupa le Saint siège pendant près de 22 ans (314-335) sous le règne de Constantin le Grand (306-337 a donc eu bien de la chance de mourir le 31 décembre 335. Voilà qu’il est de nos jours le Saint le plus fêté partout dans le monde, sans distinction d’âge, de race et de religion. Vous avez dit calendrier grégorien ? La folie festive est si forte qu’ici au Faso, nombreux sont les gus qui s’endettent pour pouvoir passer cette transition dans la joie et la ripaille. Le réveil de janvier est difficile. Ce n’est pas les accolades coup de tête qui font mal, il y a "la janviose". Cette maladie qui attaque les porte-monnaie les lendemains des fêtes de fin d’année a pris cette année une ampleur exceptionnelle, avec la succession des fêtes célébrées généralement avec tambour et trompette : Tabaski, fête nationale, Noël, St Sylvestre. Que dire des nombreux décorés qui ont reçu parents, amis et collègues autour d’un repas…Bonne Année à tous.

Ludovic O. Kibora

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