Télécommunications : Un ouvrier de SACBA/TP endommage la fibre optique de l’ONATEL et paralyse le réseau

Pour paraphraser le poète, une seule fibre vous manque et tout est silencieux…Les Burkinabè ont été surpris de constater, lundi 8 février 2010 au soir, qu’ils ne pouvaient plus communiquer avec leurs téléphones mobiles et fixes. La situation qui a concerné une bonne partie du territoire national, pour ne pas dire sa totalité a été causée par un ouvrier de l’entreprise SACBA/TP qui a voulu opérer des fouilles avec son engin aux abords du pont Kadiogo à Ouaga. Il a ainsi provoqué la rupture de la fameuse fibre optique qui passe par là et qui relie la totalité des centraux de communications téléphoniques du pays entre eux à l’exception de deux situés à la ZAD, paralysant le pays. Retour sur une soirée sans téléphone…

Alors que la journée du lundi tirait vers sa fin, les usagers des différents réseaux téléphoniques ont constaté aux environs de 15H00 que leurs communications étaient des plus difficiles.

Le réseau a lâché dit-on, en pestant contre les opérateurs de téléphonie qui pour cette fois n’y étaient pour rien. La faute serait imputable à un ouvrier du chantier de l’extension de la sortie route de Ouagadougou-Bobo qui serait en train de travailler où il n’aurait pas dû être ce soir-là. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, ce dernier ne devait pas se trouver au pont Kadiogo mais plus loin vers la station Total.

Alors qu’il effectuait des travaux de fouilles préalables à l’élargissement du pont Kadiogo, sa pelle mécanique a endommagé la fibre optique, la plus importante apparemment dans le dispositif réseaux de l’ONATEL, mettant comme l’a dit un technicien de la nationale des télécommunications, « le réseau par terre ».

Pendant plusieurs heures les usagers des services téléphoniques subiront les désagréments que les techniciens de l’ONATEL essayaient de minimiser même si la solution qui restait, était de réparer les dégâts dans les meilleurs délais pour un retour à la normale. Au moment de notre passage sur les lieux de l’incident, nous avons trouvé des agents de l’ONATEL affairés, à la lumière des phares d’un véhicule renforcée par des torches, à souder les 36 fils du câble constituant la fibre optique.

Pas plus gros qu’un cheveu, chaque fil est soudé grâce à un appareil spécial sophistiqué. L’exercice ressemble à une chirurgie de haute précision sur un champ de bataille tant l’acte de ce Gourmantché de soudeur est plein de délicatesse. Minute après minute, fil après fil, les réseaux reviennent progressivement à la vie… Sur les 36 fils sectionnés, seulement 06 sont utilisés selon les techniciens de l’ONATEL qui estimaient toutefois qu’il fallait tout souder pour plus de sûreté dans l’utilisation.

La mauvaise attitude des ouvriers de SACBA /TP

Alors que les agents de l’ONATEL se battaient pour remettre les réseaux (mobile, fixe et internet) en marche, les ouvriers de SACBA/TP s’illustraient négativement malgré le fait qu’ils étaient à l’origine des désagréments.

En effet, alors que les techniciens de l’ONATEL souhaitaient disposer d’une suspension d’une heure des mouvements des engins qui procédaient à des terrassements sur le chantier afin de procéder plus rapidement à la soudure des fils, les ouvriers de SACBA/TP ont fait la sourde oreille. Les différents chefs d’équipe ou de chantiers interpellés (Nanéma et autres) ont fait semblant de comprendre la demande mais à chaque fois, qu’ils étaient contactés, on remarquait qu’il y avait plutôt un regain d’activité.

Ce qui produisait plus de poussière et engendrait plus d’échec de soudures et retardait le rétablissement du réseau. Jusqu’à notre départ du chantier aux environs de 22h00, il en a été ainsi. Ces mêmes techniciens ont refusé de nous donner leur version des faits et attendu le moment où nous regagnions notre véhicule de reportage pour nous prendre à parti à plusieurs, le chef Nanéma en tête.

« Vous ne devriez pas pénétrer ici sans une autorisation écrite de nos supérieurs. Vous n’êtes pas non plus autorisé à faire des photos ici surtout pas des photos de nous, des engins et du chantier…vous le savez bien… » Le ton était menaçant et après avoir essayé de leur faire entendre raison en vain, nous avons du quitter les lieux sous les yeux d’un technicien de l’ONATEL qui a suivi la scène, un brin indigné.

Au-delà, cette rupture pose la question de la poursuite du chantier et la protection de cette fibre capitale pour les réseaux de télécommunication. Il semble que le câble devait être déplacé aux frais de SACBA/TP qui a estimé que le devis était élevé et que les travaux pouvaient être exécutés sans des dommages sur celui-ci.

La suite on la connaît et les techniciens de l’ONATEL estiment que pour éviter de tels désagréments à l’avenir, les ouvriers du chantier devront travailler selon les règles de l’art. « Ils savaient que la ligne passait par là et ils s’étaient engagés à ne pas l’endommager. Ils n’ont pas tenu parole malgré le fait que le câble était enterré profondément et protégé par du béton.

De notre côté, nous prendrons des dispositions également pour l’avenir en comptant sur la bonne volonté de l’entreprise », a indiqué Eloi Ouédraogo, chef de chantier fibre optique de l’ONATEL que nous avons trouvé sur les lieux. La solution finale étant le déplacement de la ligne qui aurait subi d’autres dégâts moins importants sur d’autres parties.

V.A.S Sidwaya

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