Combattre la mortalité maternelle au Burkina Faso

http://www.amnesty.fr/index.php/agir/campagnes/exigeons_la_dignite/actions/combattre_la_mortalite_maternelle_au_burkina_faso/ameliorer_la_sante_maternelle_au_burkina_faso

Safiata Kindo, 25 ans avec sa petite fille Alimata (4 mois).

Safiata Kindo, 25 ans avec sa petite fille Alimata (4 mois). Elle a accouché sur le bord de la rivière parce que le canot qui devait la faire traverser n’était pas là. Rivière Nakambe près de Wonko, Burkina Faso:

© Anna Kari

Chaque année, au Burkina Faso, plus de 2000 femmes meurent de complications liées à la grossesse et à l’accouchement.

La plupart des décès pourraient être évités.

Certaines femmes meurent parce qu’elles ne peuvent pas rejoindre un établissement où des soins pourraient leur être dispensés, ou parce qu’elles y arrivent trop tard.
Dans bien des cas, des femmes perdent la vie parce que leur famille ne peut pas payer les frais demandés par le personnel médical.
D’autres subissent les conséquences d’une insuffisance des stocks de sang, de pénuries de médicaments, d’équipement ou de personnel médical qualifié.
Il existe diverses raisons pour lesquelles les femmes du Burkina Faso ne reçoivent pas les soins de santé maternelle dont elles ont besoin.
On peut citer, entre autres :

– le statut social inférieur des femmes, qui affecte leur droit de décider si elles veulent des enfants, combien et quand ;
– le manque d’information sur les droits  en matière de sexualité et de procréation ;
– les barrières sociales et économiques, notamment le coût des traitements médicaux ;
– les barrières géographiques qui rendent difficiles l’accès aux établissements de santé ;
– la qualité médiocre des traitements, liée aux pénuries de médicaments et de personnel qualifié.

La mortalité maternelle fait surtout des ravages parmi les femmes les plus pauvres, les moins instruites, et celles qui vivent dans des zones rurales (ce qui est le cas de 80 % de la population).

Patricia, 29 ans (en vert) et Mariam, 48 ans  (en mauve) avec le bébé de Patricia.

Patricia, 29 ans (en vert) et Mariam, 48 ans (en mauve) avec le bébé de Patricia.

© Anna Kari

RECOMMANDATIONS

Amnesty International appelle le gouvernement du Burkina Faso à :

– allouer des ressources adéquates aux soins de santé en matière de sexualité et de procréation, en accordant la priorité aux régions les plus pauvres présentant les taux de mortalité les plus élevés ;
–  réduire systématiquement les obstacles économiques, physiques et culturels qui empêchent les femmes pauvres des régions rurales d’accéder à des soins vitaux en matière de reproduction et de santé maternelle ;
– mettre à disposition des informations accessibles sur le droit à la santé et les droits sexuels et reproductifs ;
– assurer une participation effective des femmes au processus de décision concernant les soins de santé maternelle et reproductive, ainsi qu’à l’évaluation et au suivi des processus existants ;
– assurer un suivi efficace des politiques gouvernementales visant à réduire la mortalité maternelle, afin de promouvoir une planification et une obligation de rendre des comptes adéquates.

Amnesty International demande également aux donateurs de soutenir les autorités du Burkina Faso dans la réalisation de ces objectifs.

BONNE NOUVELLE

Burkina Faso : Amnesty International rencontre le Président qui s’engage à lever les obstacles financiers à la santé maternelle
12 février 2010 (Ouagadougou)
Le Président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, s’est engagé à lever tous les obstacles financiers aux soins obstétricaux d’urgence et à l’accès à la planification familiale dans le cadre de la stratégie de lutte nationale contre la mortalité maternelle.
Le Président Compaoré a fait part de cet engagement aujourd’hui à Ouagadougou lors d’une rencontre avec une délégation d’Amnesty International dirigée par le Secrétaire général par intérim de cette organisation, Claudio Cordone. Cette rencontre fait suite à la publication d’un rapport d’Amnesty International qui met en lumière les obstacles rencontrés par les femmes au Burkina Faso qui cherchent à bénéficier de soins de santé adéquats durant leur grossesse et leur accouchement.

Burkina Faso : Amnesty International rencontre le Président qui s’engage à lever les obstacles financiers à la santé maternelle

12 février 2010 (Ouagadougou) Le Président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, s’est engagé à lever tous les obstacles financiers aux soins obstétricaux d’urgence et à l’accès à la planification familiale dans le cadre de la stratégie de lutte nationale contre la mortalité maternelle.
Le Président Compaoré a fait part de cet engagement aujourd’hui à Ouagadougou lors d’une rencontre avec une délégation d’Amnesty International dirigée par le Secrétaire général par intérim de cette organisation, Claudio Cordone. Cette rencontre fait suite à la publication d’un rapport d’Amnesty International qui met en lumière les obstacles rencontrés par les femmes au Burkina Faso qui cherchent à bénéficier de soins de santé adéquats durant leur grossesse et leur accouchement.
« La levée des barrières financières aux soins obstétricaux d’urgence, liée à l’amélioration de la qualité des soins et à un meilleur accès à la planification familiale réduira de manière importante le nombre de décès de femmes enceintes et les complications liées à la grossesse », a déclaré Claudio Cordone. «Toute femme a droit à la vie et à la santé. Les décès maternels sont évitables et aucune femme ne devrait mourir alors qu’elle cherche à donner la vie ».
Le gouvernement du Burkina Faso a fait d’importants efforts afin d’améliorer la santé maternelle au cours de la dernière décennie et Amnesty International salue l’esprit d’ouverture et d’engagement constructifs de la part du gouvernement tout au long de son travail sur cette question. Les coûts liés à la grossesse et à l’accouchement ont été réduits de manière significative mais ils demeurent un obstacle pour beaucoup de femmes dans le pays.
Les femmes enceintes au Burkina Faso continuent de risquer leurs vies en raison de longues distances à parcourir avant de pouvoir avoir accès à des services de santé adéquats, à cause de pratiques de corruption auxquelles se livrent certains membres du personnel médical et parce que des mécanismes efficaces permettant une réelle surveillance et obligation de rendre des comptes font défaut. Ainsi, plus de 2 000 femmes enceintes continuent de mourir chaque année.
« Afin de lutter contre la mortalité maternelle, il faut, en fin de compte, combattre les diverses formes de discrimination à l’encontre des femmes qui les empêchent de prendre des décisions en matière de planification familiale et d’accès aux services de santé », a déclaré Claudio Cordone. « Amnesty International va continuer à travailler avec les organisations de la société civile, les associations médicales et les responsables gouvernementaux afin de lutter contre ces discriminations et la pauvreté qui alimente ce phénomène ».
La délégation d’Amnesty International s’est également entretenue avec la Première Dame, Chantal Compaoré, le Président de l’Assemblée nationale, Roch Marc Christian Kaboré, le Premier Ministre, Tertius Zongo, le ministre de la Santé, Seydou Bouda et la Ministre de la promotion des droits humains, Salamata Sawadogo.
Au cours de ces réunions, le Secrétaire général par intérim, Claudio Cordone, a fait part aux autorités des conclusions et des recommandations d’un projet lancé il y a deux ans qui viennent d’être publiées dans le rapport intitulé, Burkina Faso : Donner la vie. Risquer la mort : la mortalité maternelle au Burkina Faso.
Ces rencontres avec les autorités ont fait suite à deux semaines de débats menés par Amnesty International dans tout le pays avec des populations locales, des professionnels de la santé et des autorités régionales. Amnesty International s’est fait l’écho auprès des autorités des témoignages des populations qui souffrent quotidiennement de la perte d’une mère, d’une épouse ou d’une sœur.
« Toutes les familles rencontrées nous ont dit que le fait de donner la vie doit être une joie mais trop souvent donner naissance est une terrible épreuve que personne ne devrait endurer », a déclaré Claudio Cordone.
Au cours d’une rencontre avec certains des bailleurs de fonds internationaux, Amnesty International leur a lancé un appel afin que ceux-ci continuent à soutenir le gouvernement du Burkina Faso en lui fournissant une assistance technique et financière adéquate, durable et à long terme afin d’assurer la disponibilité et l’accessibilité de soins obstétricaux d’urgence.
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Amnesty International a également salué l’adoption par l’Assemblée nationale du Burkina Faso d’une loi de mise en œuvre du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI) et a appelé à l’abolition sans délais de la peine de mort.

Agissez SIGNEZ NOTRE PETITION EN LIGNE adressée au Ministre de la santé du Burkina Faso

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