Subject: [TERRA-Quotidien] Blog sur l’actualité africaine GIRAF

> Le BLOG de la GIRAF : http://alternatives-economiques.fr/blogs/giraf/
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> La GIRAF (Groupes d’Initiatives et de Recherches sur l’Afrique) vient de lancer son blog sur le site d’Alternatives Internationales (du magazine Alternatives économiques). Depuis début janvier, à raison d’un post par semaine, l’objectif est de décrypter l’actualité africaine et les enjeux politiques, sociaux, économiques ou religieux qui traversent le continent.
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> Le Groupe d’initiatives et de Recherches sur l’Afrique (GIRAF) a été créé en 2007 par un groupe de l’Université Paris 1. Ayant en commun des enquêtes de terrain réalisées sur le continent, nous souhaitons réfléchir à la place de l’Afrique dans les sciences humaines et aux conditions de la production de savoirs sur l’Afrique. Paradoxalement, l’idée de se rassembler est d’abord venue d’un souci de décloisonnement. L’objectif n’est pas d’être dans le repli, mais, à travers ce blog et l’organisation de conférences publiques, d’apporter notre modeste contribution à la visibilité dans la science politique et dans l’espace public du continent ainsi qu’à des recherches réalisées en Europe et en Afrique. Si la thèse est une expérience solitaire, la recherche est une action collective. La GIRAF a également pour objet de créer un espace de partage, de mise en commun de nos réflexions, de nos galères théoriques
> et empiriques, de nos enthousiasmes et de nos connaissances sur des terrains variés et trop souvent fragmentés.
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> A trente, nous couvrons 20 pays du continent : Afrique du Sud, Algérie, Angola, Bénin, Burkina Faso, Burundi, Côte d’Ivoire, Gabon, Ghana, Kenya, Madagascar, Mali, Niger, Nigéria, Ouganda, République démocratique du Congo, Sénégal, Soudan, Tchad, Togo. Ceci avec des angles variés : nos sujets vont des mouvements religieux à la fonction publique en passant par la sociabilité élitaire, les conflits, la transnationalisation de la violence et de sa résolution, la gestion des déchets, l’accès à l’eau, les questions identitaires, la prostitution, l’aide au développement, la famille, les médias, les syndicats, les partis politiques, les questions de genre, les nouvelles technologies, la santé et l’accès aux médicaments.
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> La GIRAF est un groupe fluide qui s’ouvre aux doctorants travaillant sur l’Afrique . Elle a été créée par un premier noyau de doctorants issu du Master d’études africaines de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Une part importante des membres de ce groupe initial avaient pris goût à l’exercice de la recherche collective lors d’une enquête franco-kenyane menée en janvier 2007 au Forum social de Nairobi. Le groupe a été enrichi au fur et à mesure par de nouvelles générations de doctorants de Paris 1 et des jeunes chercheurs de Sciences po, de Paris 8 et de l’EHESS. La richesse de la GIRAF vient de la diversité des terrains, des objets de recherche et des profils de la trentaine de jeunes chercheurs qui la composent, une diversité encore enrichie par les étudiants de Master 2 d’études africaines de Paris 1.
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> Pour nous contacter girafsorbonne@gmail.com
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> Cette semaine un post sur les prochaines élections au Burundi par Valéria Alfiéri, doctorante à l’Université Paris 1 :
> http://alternatives-economiques.fr/blogs/giraf/2010/02/03/quelles-perspectives-pour-la-%c2%ab-democratie-%c2%bb-burundaise-a-la-veille-des-elections/
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> Quelles perspectives pour la « démocratie » burundaise à la veille des élections ?

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> En 2005 ont eu lieu les premières élections démocratiques au Burundi depuis 1993. Leur déroulement a été salué par la communauté internationale comme étant « un exemple pour toute la région et au-delà ». Le Burundi est considéré comme un laboratoire de la résolution de conflits, un précédent positif pour toute l’Afrique centrale. À la veille des prochaines élections nationales, prévues pour mai 2010, quel bilan peut-on tirer ?
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> La région des Grands Lacs suscite espoirs et désillusions à intervalles irréguliers : les dernières l’emportant souvent sur les premiers ! À l’heure actuelle, pendant qu’au Rwanda, derrière sa façade de stabilité, on continue à discuter de coupables et de victimes, et qu’en RDC, pays déchiré par la violence, on vit dans la crainte d’une nouvelle rébellion, au Burundi, après 5 ans de gouvernement du Cndd-Fdd, dont le bilan est loin d’être positif, l’on se prépare au prochain marathon électoral, prévu le 21 mai 2010.
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> En septembre 2009, l’Assemblée nationale a voté à la quasi-unanimité un nouveau code électoral, qui a rassemblé, étrangement, l’accord de la majorité et des oppositions. Quelques mois auparavant, en février 2009, une nouvelle Commission électorale nationale indépendante (CENI) a été mise en place. Sa constitution est sortie d’un long bras de fer entre le parti au pouvoir, le Cndd-Fdd, et l’opposition. Ce premier avait essayé de faire passer au Parlement une précédente proposition de nomination des membres, durement contestée par l’opposition estimant que « cette Commission est tout sauf indépendante car sa composition est taillée sur mesure pour le Président-candidat à sa propre succession en 2010 ». Finalement, le Cndd-Fdd a dû céder aux fortes pressions des opposants et pour l’instant, la Ceni « inspire confiance et échappe au contrôle du pouvoir[1]».
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> Des évènements comparables, qui prennent la forme de rapports de force ou d’un véritable marchandage au sein du Parlement, se sont déclinés tout au long des cinq années de pouvoir du Cndd-Fdd qui, après une surprenante ouverture initiale, s’est enfermé de plus en plus sur des pratiques autoritaires. Cela a non seulement souvent provoqué le blocage du mécanisme législatif, mais aussi une acerbe rivalité qui a franchi les frontières institutionnelles en prenant une forme violente. Harcèlement des membres de l’opposition, menaces, assassinats politiques, arrestations arbitraires provoquent une certaine hantise chez les Burundais ainsi que l’inquiétude de la communauté internationale. Des appels au calme et à « ne pas avoir peur » se multiplient sur internet et sur les radios privés. Des associations locales se mobilisent également en ce sens renforçant chaque jour leur indépendance et leur posture critique par rapport au
> pouvoir.
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> Les tendances autoritaires du parti au pouvoir ne ternissent cependant une remarquable évolution du scénario politique burundais, qui mérite d’être analysée. La timide ouverture démocratique de 1993 débouche sur des élections qui se jouent autour de deux principaux partis : l’Uprona, ancien parti unique identifié à l’ethnie tutsi, et le Frodebu, le parti d’opposition, identifié à l’ethnie hutu. À l’époque tout semblait ethnique, dans les discours, les symboles et les revendications. La plupart des électeurs ont été entraînés par un sentiment ethniste, produit par les craintes, les frustrations, les répressions et les violences qui émergèrent quelques années après l’indépendance. Le slogan dominant était: « vote pour les tiens », ce qui fut généralement suivi, même si certains ont voté pour des candidats issus d’une autre communauté ethnique que la leur.
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> C’est ainsi que, les hutu étant nettement majoritaires au sein de la population, le Frodebu gagna les élections avec une ample majorité et Melchior Ndadaye devint le premier président hutu démocratiquement élu. Son assassinat, après à peine trois mois de gouvernement le 21 octobre 1993, déclencha le massacre interethnique avec son bilan de 300 000 morts et presque 1 million de réfugiés. La violence fut non seulement brutalement physique mais fut aussi fortement présente dans les mots, les discours et les arguments des radios et des journaux. Le monde des médias était littéralement divisé en deux entre les partisans d’une « cause hutu » et ceux d’une « cause tutsi », exemple d’une « ethnicisation à outrance “pousse au crime” »…
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> La deuxième moitié des années 1990 a été marquée par une phase de résolution du conflit qui aboutit à la signature de l’Accord de paix d’Arusha en août 2000 et à une transition démocratique débouchant sur les élections locales et nationales de 2005. La violence et les divisions que le pays avait connu et les difficultés d’une « paix imposée par le haut », auraient pu faire plonger dans le pessimisme, cependant, un nouveau scénario s’annonça, différent de celui que l’on vient de décrire. De nouvelles formations politiques virent le jour, et des nouvelles rivalités émergèrent, se manifestant surtout au sein de la communauté politique dite « à majorité hutu » et prennent une teinte plus spécifiquement politique. Alors que les tensions ethniques entre le Frodebu et l’Uprona ainsi qu’au sein de la société burundaise s’estompaient remarquablement, le Frodebu et le Cndd-Fdd se placèrent en tête de la
> compétition. Ce dernier est issu du mouvement rebelle « hutu » né au lendemain de l’assassinat de 1993 pour combattre l’armée dominée par les officiers tutsi.
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> Malgré son identification ethnique et son histoire de violence, le Cndd-Fdd, adopta à la veille des élections une politique d’inclusion et de démocratisation interne. Ce changement d’attitude, dû à la fois au remaniement des dirigeants et aux pressions internationales, provoqua l’adhésion de nombreux tutsi ainsi que de nombreux musulmans swahilophones[2]. Il s’agissait à la fois d’anciens militants qui avaient évolué dans d’autres formations politiques mais aussi des soi-disant « Imperekeza » (insignifiants politiques), hommes et femmes toujours tenus à l’écart d’une vie politique dominée par une cercle retreint d’intellectuels, qui voyaient finalement la possibilité de faire émerger leur voix. En dépit des années des tensions ethniques, cette politique d’ouverture eut du succès : le Cndd-Fdd acquit la majorité des votes gagnant ainsi les élections de 2005, alors que les partis identifiés au passé de violence
> ethnique perdirent dans presque toutes les provinces du pays. La logique de ces élections peut s’exprimer dans la formule suivante : « N’ayant pas confiance en l’Autre, il vaut mieux que le Mien soit élu et que dans son exercice du pouvoir il soit équitable et rassembleur[3]. »
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> Naturellement, d’autres facteurs ont joué dans la victoire, y compris un certain appui de la communauté internationale, et plusieurs explications peuvent être données à ces changements de route. Parmi elles, il faut surtout souligner la progressive desethnicisation de la politique burundaise. Bien sûr, toutes les attentes de 2005 n’ont pas été satisfaites. La déception provoquée par la politique corrompue et autoritaire du parti au pouvoir quelques mois après son élection, a poussé de nombreuses personnalités politiques à sortir du parti, et d’autres, notamment des représentants des médias et des ONG locales, à protester, malgré les menaces et les arrestations. Deux nouveaux partis, l’UPD et le MSD, ont été créés. Ils comptent en leur sein des membres des différentes ethnies, et ont acquis en très peu de temps assez de légitimité pour faire face au Cndd-Fdd. Le premier se compose d’anciens députés du Cndd-Fdd, parmi
> lesquels de nombreux musulmans, le second de représentants de la société civile. Le président du MSD, par exemple, est un ancien journaliste, d’ethnie tutsi, et il peut se vanter d’occuper une position originale dans le panorama politique ainsi qu’au sein d’une population majoritairement hutu.
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> La question ethnique est de plus en plus mise à l’écart dans les discours politiques, et elle est éclipsée par des thématiques telles que la corruption, les détournements de fonds, les droits de l’homme, le développement, la liberté d’expression, etc. Enfin, la transformation du dernier mouvement rebelle, les FNL[4], en parti politique, a contribué à améliorer la sécurité dans le pays.
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> Nonobstant les actions de force du Cndd-Fdd et l’instabilité institutionnelle, les prochaines élections sont encore une fois l’objet de nombreuses attentes : elles pourraient représenter un véritable pas en avant vers la reconstitution d’une nation burundaise[5], après des années de confrontations ethno-politiques.
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> Valeria Alfieri, doctorante à Paris1, s’intéresse aux questions liées à la violence et à la participation politique au Burundi.
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> [1] « Elections 2010 : pourquoi ne pas avoir peur », article paru le 31 décembre 2009 sur http://burundi.news.free.fr/%5B2%5D Les musulmans swahilophones du Burundi ont toujours été mis à l’écart de la vie politique. Cette discrimination remonte à la période coloniale, notamment à leur exclusion des écoles catholiques et, par conséquent, de toute position à laquelle le niveau d’instruction donnait accès. Ils se voient attribué pour la première fois une certaine reconnaissance politique grâce au Cndd-Fdd.[3]J. Nimubona, « La perception de l’identité ethnique dans le processus électorale au Burundi », étude réalisé par compte de la Ligue de Droits de la Personne dans la Région de Grands Lacs (non daté).[4] Le Palipehutu-Fnl (Parti pour la libération de la population hutu-Forces pour la libération nationale) est l’un des premiers mouvements hutu d’opposition né dans les camps de refugiés en Tanzanie en 1980. Il a adopté
> la force armée comme stratégie de lutte politique et refusé, jusqu’à récemment, tout compromis et négociation. Il a été agrée comme parti politique, sous le nom de FNL, au mois d’avril 2009.[5] Rassemblée autour de « la figure centrale, protectrice et souveraine du mwami » (roi) avant l’arrivée des Européens. Voir C. Deslaurier (2002), Un monde politique en mutation : le Burundi à la veille de l’indépendance (1956-1961), thèse de doctorat.
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ATER Science politique Lille 2 – CERAPS
Doctorante en Science politique
Centre de Recherches Politiques de la Sorbonne – CRPS
Université Paris 1 Panthéon Sorbonne 

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Trentième Rencontre TERRA :
mardi 9 février 2010 de 18h30 à 21h30
au Centquatre, à l’invitation de Sylvain Georges, cinéaste en résidence,
104 rue d’Aubervilliers / 5 rue Curial 75019 Paris FRANCE /  en salle 200
Plan d’accès : http://www.104.fr/#fr/17-Infos_pratiques
Informations : http://www.104.fr/#fr/Artistes/Blog/B143-Sylvain_George?categorie=232
Entrée libre, dans la limite des places disponibles
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2 commentaires pour Subject: [TERRA-Quotidien] Blog sur l’actualité africaine GIRAF

  1. jeanne dit :

    il y a quelques années j’étais abonné à alternative éco, maintenant je suis davantage lectrice sur le net! très bon journal en tout cas!

  2. KÔRÔ dit :

    Merci Jeanne de me confirmer la qualité de ce journal qui m’a été conseillé par Timoxana .

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