Franceline Silga : La vendeuse de bébés pêchée à Tripoli

Une vendeuse de bébé, on en voit rarement. Pourtant ce trafic éhonté d’êtres humains existe sous nos cieux. Et une Burkinabè répondant au nom de Franceline Silga, spécialiste de ce type de commerce, vient d’être pêchée à Tripoli et médite au frais sur son acte. A cet effet, le directeur général de la police, Rasmané Ouangrawa a animé une conférence de presse le 18 février 2010 dans la matinée.

Elle s’appelle Franceline Silga, née en janvier 1979 à Kourittenga. Animatrice de formation, cette jeune dame a changé entre-temps de profession pour se livrer à une pratique illicite dans la législation burkinabè. En effet, elle a trouvé son filon dans le trafic d’êtres humains, plus précisément de bébés qu’elle plaçait en adoption chez des couples européens moyennant évidemment une rémunération à la hauteur de son forfait.

Selon le directeur général de la police, Rasmané Ouangrawa, Franceline qui possède deux passeports burkinabè (un passeport de service et un passeport ordinaire) fait voyager par voie terrestre à partir du Burkina Faso, des femmes enceintes démunies, presque à terme, jusqu’à N’Djamena au Tchad. Elle les fait transiter par Tripoli, en Lybie, par voie aérienne puis les achemine à Rome, en Italie.

Après l’accouchement, les bébés sont récupérés pour adoption en échange d’une certaine somme d’argent. La trafiquante prend sa part, donne le reste aux mamans et rebelotte. Un tel acte ne pouvait rester impuni. C’est ainsi que dans la nuit du 16 février 2010, la trafiquante a été arrêtée et reconduite à Ouagadougou avec une fillette de moins de trois ans dont elle refuse de donner le nom du père.

La présumée coupable a déclaré, au dire du DG de la police, appartenir à une structure dénommée « Association Aide aux tout-petits, orphelins et enfants de rue » dont elle est la présidente du bureau de onze membres. Cette organisation, créée en juillet 2005, a fonctionné avant de voir son siège fermé en 2009 par le ministère de l’Action sociale pour absence d’autorisation d’ouverture.

On apprend également que lors de l’arrestation de la présumée coupable, il a été découvert dans ses bagages à main divers documents au nombre desquels deux passeports burkinabè aux noms de Kaboré Augueratou et de Ilboudo Patingué et dix-neuf fiches d’identification d’enfants burkinabè de pères inconnus censés se trouver en Italie. Ces deux femmes sus-citées auraient été conduites au Tchad alors qu’elles étaient enceintes. Franceline Silga a, sans doute, bénéficié de complicité pour mener toutes ces opérations.

Comment a-t-elle pu, par exemple, se faire établir un passeport de service ? Qui finançait ses voyages qui en toute évidence sont coûteux au regard du trajet ? Autant d’interrogations que les fins limiers de la police pourront élucider. Les investigations se poursuivent et dans les jours ou mois à venir, on aura peut-être d’autres informations relatives à cette ténébreuse affaire.

Adama Ouédraogo Damiss

L’Observateur Paalga

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