Préparatifs du cinquantenaire de l’indépendance : Coup dur pour l’environnement à Sya

Depuis quelques jours, l’avenue de la Nation, qui part de la direction régionale de la LONAB aux feux tricolores de l’hôtel RAN Somketa, est rendue impraticable avec ces nombreux troncs d’arbres qui jonchent le bitume. Des bûcherons armés de machettes et de tronçonneuses procèdent à un abattage des arbres bordant la rue. Un spectacle désolant pour de nombreux Bobolais qui connaissent déjà leur premier désagrément dans le cadre des préparatifs du cinquantenaire de l’indépendance.

Le projet de bitumage de ce tronçon a donc nécessité cette opération de déforestation. Y a-t-il véritablement lieu de s’inquiéter face à cette situation ? Les explications du directeur provincial de l’Environnement et du Cadre de vie dans l’interview qu’il nous a accordé. Et pour Mahama Mathias Ouédraogo, il y a lieu d’entreprendre, au plus vite, des travaux de compensation afin de minimiser les conséquences de cette déforestation.

D’abord, dites-nous quel est l’état actuel du couvert végétal dans le Houet ?

• Avant de répondre à cette question il serait souhaitable que je vous informe des missions qui nous sont assignées au niveau de cette direction provinciale de l’Environnement. Notre travail consiste à veiller à la sauvegarde des ressources naturelles, forestières, fauniques mais également halieutiques, en collaboration cette fois avec le ministère de l’Agriculture. Nous avons pour vocation la protection de ces ressources parce qu’elles sont épuisables. Si elles sont mal gérées, on peut arriver à une situation irréversible.

Elles sont épuisables par le fait des changements climatiques et surtout par le fait de l’homme. Dans le Houet, ces ressources connaissent actuellement une mauvaise gestion. On constate de nos jours une exploitation anarchique et abusive au niveau des produits forestiers ligneux et même non ligneux. En ville comme en campagne, les gens agressent quotidiennement la nature et cela est très dangereux pour notre survie. Les besoins sont tellement énormes que la végétation en pâtit.

Mahama Mathias Ouédraogo, directeur provincial de l’Environnement et du Cadre de vie

GIF - 37.2 koNous, forestiers, ne pouvons pas, à nous seuls, résoudre ces questions et c’est pourquoi nous impliquons les collectivités territoriales, la société civile, et tous ceux qui peuvent nous aider à sauvegarder ces ressources. Dans le Houet, la situation du couvert végétal est très inquiétante avec ces agressions que nous voyons quotidiennement au niveau des berges de nos cours d’eau, au niveau des forêts classées, des occupations illégales etc. Nous devons, certes, satisfaire nos besoins, mais nous devons, dans le même temps, éviter de compromettre celles des générations futures.

Il y a aussi le phénomène de l’urbanisation.

• C’est vrai que la plupart des grandes villes du Burkina connaissent aujourd’hui une urbanisation très accélérée. Et qui dit urbanisation, dit forcément destruction de la nature. Mais il y a ce qu’on appelle les études d’impact en prélude à certains travaux ou projets tels que les lotissements, la construction des routes, des marchés, des barrages, etc ; ces études permettent de voir l’impact que lesdits travaux peuvent avoir sur l’environnement.

Ensuite il s’agit de prendre les dispositions qui s’imposent pour pouvoir minimiser les dégâts. C’est dire qu’à tous les coups, il faut des travaux de compensation pour amenuiser les conséquences néfastes sur l’environnement. Dans ce cas précis, ce sont les arbres qui sont en train de disparaître. Il faut donc songer à les remplacer.

Sur certaines artères de la ville de Sya il y a des arbres de plus de 50, voire 60, ans et qui gênent presque la circulation. Que préconisez-vous alors ?

• Je pense qu’il serait souhaitable de poser cette question aux autorités municipales. Car il leur appartient de veiller à rajeunir ou à remplacer les arbres dans la ville. D’ailleurs, dans les communes comme Ouagadougou et Bobo, par exemple, nous avons des collègues qui sont détachés dans les mairies afin d’appuyer les autorités municipales dans leur action pour la protection de l’environnement. Si les municipalités nous approchent au sujet des actions d’aménagement, de reboisement ou d’abattage, nos services se chargent de leur apporter un appui technique conséquent.

C’est donc dire que vous êtes impliqués dans cette opération d’abattage des arbres sur l’avenue de la Nation ?

• Non. Pas comme on l’aurait souhaité. Nous avons été informés par nos collègues en service à la commune de cette opération d’abattage des arbres sur l’avenue de la Nation. Ces travaux vont d’ailleurs affecter des services comme l’ONEA et la SONABEL. Mais seulement, l’information ne nous est pas parvenue à temps puisque nous avons été réellement surpris par le début des travaux.

Nous avons donc rappelé nos collègues pour comprendre davantage. Mais on se rend compte qu’il n’y a pas eu d’étude d’impact, ce qui aurait pourtant permis de mesurer les conséquences de cette opération sur la ville. Mais on nous a rassurés à la mairie qu’il est prévu des travaux de compensation. Les arbres qui sont en train d’être abattus seront donc remplacés. Et pour nous rassurer davantage nous avons demandé à la mairie de nous produire un document.

Quelles peuvent être les conséquences immédiates de cette opération d’abattage pour la ville ?

• Je ne sais pas exactement combien d’arbres seront abattus dans le cadre de ce cinquantenaire parce qu’à ma connaissance il y a d’autres avenues qui sont concernées par les travaux de bitumage. C’est sûr que cette opération aura un impact négatif sur notre environnement. Mais nous souhaitons que les arbres qui seront plantés en compensation de ceux abattus puissent se développer rapidement.

Nous invitons alors la population à participer activement au reboisement et surtout à veiller sur les arbres qui seront plantés. Nous devons faire en sorte que notre province, qui est classée parmi les meilleures en matière de ressources naturelles, puisse maintenir le cap. Actuellement, les agressions de la nature font que nous reculons alors que nous devrions chercher à reconquérir notre place d’antan, d’autant plus que nous sommes dans une zone où les conditions sont favorables.

Propos recueillis par JAK

L’Observateur Paalga

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