EXPLOITATION D’OR DANS LA BOUGOURIBA : La mairie interdit l’orpaillage artisanal à Diébougou

Le lundi 15 février 2010, des orpailleurs conduits par Adama Pafadnam ont pris d’assaut une colline du village de Loto situé à 5 km de Diébougou, province de la Bougouriba (région du Sud-Ouest). Ils ont rencontré une population en colère qui leur a refusé l’accès du site. Il a fallu l’intervention des forces de sécurité pour éviter le pire. Pour trancher la question, le conseil municipal de Diébougou a tenu un conseil extraordinaire le 22 février 2010 au cours duquel il a décidé d’interdire l’orpaillage artisanal.

« L’activité d’orpaillage artisanal, si elle procure des revenus, reste un phénomène pernicieux ». C’est par ces mots que le maire de Diébougou Nicolas K. Da, a planté le décor de la session extraordinaire du 22 février 2010. Cette session a regroupé les conseillers municipaux, les responsables des CVD (Conseils villageois de développement) et de la société civile. Tous les intervenants ont fustigé l’orpaillage artisanal car il est la cause de plusieurs fléaux tels que le VIH/Sida, la prostitution, le grand banditisme. Il accentuera en outre, selon eux, la paupérisation déjà grandissante dans la ville. La promiscuité du site avec le village provoquera la déscolarisation et le déplacement de celui-ci. Pour eux, cette activité dans la zone signifie la disparition de leurs champs. Pour toutes ces raisons, les conseillers municipaux ont adopté à l’unanimité une délibération interdisant l’orpaillage artisanal dans la commune de Diébougou.

Ils ont décidé, par ailleurs, de mettre en place un Front uni contre l’orpaillage artisanal à Diébougou (FUCOAD), d’attaquer en justice la décision portant autorisation d’exploitation artisanale de l’or délivrée par le ministère des Mines et des Carrières au sieur Pafadnam, d’organiser des mouvements de protestation pour interpeller le gouvernement à un toilettage des textes. « Il faut que l’Etat mette en adéquation les textes sur l’orpaillage avec les autres activités, notamment l’agriculture et l’élevage », a indiqué un des participants. Pour le maire, autant l’orpailleur a besoin de l’or pour vivre, autant le paysan a besoin de son champ pour vivre. Selon le deuxième adjoint au maire, Zakaria Somé, l’autorisation d’exploitation a été délivrée à Saidou Pafadnam alors que celui qui a tenté de s’installer le 15 février dernier se nomme Adama Pafadnam. Ce qui lui fait dire qu’il s’agit de deux personnes différentes. Il ajoute aussitôt que ni le haut-commissaire, ni le maire ne sont ampliataires du document relatif à cette autorisation.

En effet, par décision n° 08/078/MCE/SG/DGMCG du 3 décembre 2008, le ministre des Mines, des Carrières et de l’Energie accordait à Saidou Pafadnam l’autorisation d’exploitation artisanale de l’or de Loto. Depuis lors, Adama Pafadnam, par ailleurs représentant de Burkina or et métal (BOM), a vainement essayé de mener son activité. Le 12 juillet 2009, le ministre Kader Cissé s’était entretenu avec les populations de Loto. A l’époque, aucune solution n’avait été trouvée. Le ministre avait transféré le dossier aux autorités provinciales et régionales mais des raisons de calendrier du maire n’avaient pas permis la tenue de rencontre à cet effet. Las d’attendre et se fondant sur son autorisation, Adama Pafadnam, accompagné d’orpailleurs, s’est déporté le lundi 15 février 2010 sur le site. Mais des populations armées de gourdins et de flèches leur ont refusé l’accès et ce, du 15 au 17 février.

« Nous ne sommes pas contre les orpailleurs, nous sommes contre l’orpaillage artisanal », nous a confié A.K, un des meneurs de la protestation que nous avons rencontré le 17 février. M. Pafadnam dit ne pas comprendre cette attitude des populations et se dit lésé dans ses droits. Cette agitation, selon lui, a été orchestrée par le maire dans le but de l’écarter au profit d’autres personnes. « Ce n’est pas la première fois que nous exploitons l’or dans la Bougouriba. Nous avons le site de Bondigui, Sangolo ou tout se passe bien », déclare-t-il. Pour l’heure, M. Pafadnam a lancé un appel au ministère des Mines et des Carrières afin qu’il l’aide à rentrer dans ses droits.

Par François SOME (Collaborateur)

Le Pays

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