Sœur Rébecca Toé, coordinatrice nationale de la Fondation Liliane : “Tous les handicapés âgés de zéro à 25 ans peuvent bénéficier de notre aide”

Créée en 1980 par une Hollandaise, Mme Liliane Brekelman, la Fondation Liliane s’est fixé pour objectifs la promotion, l’épanouissement et l’intégration sociale des jeunes et enfants handicapés issus de familles pauvres. Cette année, la fondation célèbre du 11 au 13 mars, son 30e anniversaire. Dans cet entretien accordé à Sidwaya, la coordinatrice nationale de la fondation Sœur Rébecca Toé, parle des activités de la fondation, de ses acquis sur le terrain et de ses perspectives.

Sidwaya (S.) : Présentez la Fondation Liliane à nos lecteurs ?

Sœur Rébecca Toé (S.R.T.) : La Fondation Liliane est une organisation humanitaire hollandaise créée en 1980 par Mme Liliane Brekelman, une handicapée-moteur. La mission de la fondation est d’aider au tant que possible les enfants et jeunes handicapés issus de familles pauvres à se rééduquer.

Le but de cette rééducation est de permettre la promotion et l’épanouissement de la personne handicapée. L’autre volet de notre mission est d’assurer l’intégration sociale de l’enfant handicapé en l’aidant à être autonome physiquement et économiquement. Il s’agit pour la fondation d’accorder, en collaboration avec des contacts locaux, une aide directe individuelle et à petite échelle, à des enfants et jeunes dans les pays en développement.

S. : Comment cette aide se fait concrètement sur le terrain ?

S.R.T. : Notre méthode est très simple. L’aide s’adresse à la personne bénéficiaire par le canal des organisations partenaires qui sont des ONG, des congrégations religieuses. Ces structures choisissent en leur sein des personnes qui jouent le rôle d’intermédiaires ou contacts locaux. Ces gens, issus des mêmes milieux que les jeunes ou enfants handicapés et qui connaissent la situation sociale de leurs parents, vont permettre le contact entre les bénéficiaires et la fondation.

Ils sont chargés de faire une demande d’aide au nom de l’enfant qu’il va acheminer au siège local de la fondation. Il s’agit pour nous de permettre le développement d’Activités génératrices de revenus (AGR) pour les plus grands, d’aider à la formation professionnelle de ces enfants, afin de leur permettre d’intégrer la vie active. Il y a aussi une prise en charge sanitaire en chirurgie, en appareillage, en kinésithérapie et en équipement de moyens de déplacement.

S. : Qui peut bénéficier de ces aides de la Fondation Liliane ?

S.R.T. : Tous les handicapés âgés de zéro à 25 ans, issus de familles pauvres peuvent bénéficier de l’aide de la fondation. Tous les handicaps sont concernés : physique, mental, sensoriel, les maladies congénitales, les maladies chroniques (asthme, épilepsie, albinos…).

Ces personnes concernées doivent prendre attache avec un intermédiaire ou une structure partenaire proche de leur localité. Ces contacts locaux sont chargés de s’entretenir avec les parents pour connaître ce dont l’enfant a besoin. Ce besoin doit être budgétisé et porté sur une fiche qui contient toutes les informations sur la personne.

Le dossier sera étudié et envoyé au siège de la fondation en Hollande. Une fois que le dossier a une suite favorable, la fondation envoie l’argent que nous virons dans le compte bancaire du contact local. Ce dernier doit s’occuper de l’enfant handicapé et fournir des pièces justificatives dans un délai de six mois.

S. : Après 30 ans d’existence dans le monde, quel bilan pouvez-vous dresser de vos activités, de façon générale ?

S.R.T. : La Fondation Liliane intervient dans 80 pays du monde, surtout dans les pays en développement. 23 pays en Afrique, dont sept pays en Afrique francophone, bénéficient de l’appui de la fondation. La coordination du Burkina Faso couvre le Bénin et le Niger. Dans notre pays, la coordination mène ses activités depuis 1985 avec des individus volontaires. Mais à partir de 2004, la fondation a bénéficié au Burkina Faso, de l’appui d’une coordination nationale installée au Centre Don Oriane, sur la route de Pabré.

En 2004, nous avons aidé 357 enfants, 468, en 2005, 800, en 2006, 1660, en 2007, 1899, en 2008 et plus de 3000 enfants en 2009. Notre ambition est d’atteindre un nombre considérable de bénéficiaires. C’est pourquoi nous demandons à la presse de nous aider en diffusant les informations partout où il le faut.

S. : Les personnes handicapées sont parfois victimes de discrimination lors des tests de recrutement. Est-ce que votre fondation, qui lutte pour l’intégration sociale des personnes handicapées, intervient au sein des structures étatiques et privées pour plaider la cause de ces personnes ?

S.R.T. : Non, nous n’intervenons pas directement. Mais nous appuyons l’individu lui -même pour lui permettre d’acquérir les aptitudes physiques et financières en vue de s’intégrer dans la société. Maintenant, sur le problème que vous venez de poser, nous sommes en train de mettre en place une association qui va regrouper plusieurs ONG et plaider la cause des handicapés dans ces genres de cas.

S. : En termes d’activités, quelles sont vos perspectives ?

S.R.T. : Notre ambition dans les jours à venir, est de pouvoir aider tous les enfants et jeunes handicapés dans notre coordination qui regroupe le Burkina Faso, le Mali et le Niger. En outre, nous envisageons de renforcer la collaboration avec les structures partenaires et sensibiliser les contacts locaux à leurs missions. Ces contacts locaux ou intermédiaires feront désormais partie intégrante de la coordination. Nous comptons aussi rendre plus visibles les actions de la fondation au niveau étatique et même de la population.

S. :Quelles sont les activités prévues dans le cadre des festivités du 30e anniversaire de la fondation ?

S.R.T. : Les activités doivent se dérouler du jeudi 11 au samedi 13 mars 2010. Le jeudi 11 mars à 18h 30, nous aurons une grand-messe d’action de grâce à la cathédrale de Ouagadougou sous la présidence de Mgr Philippe Ouédraogo, archevêque de Ouagadougou. Le vendredi 12 mars, se tiendra au Centre d’accueil Notre-Dame de Lorette à 15h 30, une conférence publique sur le thème “Connaissances de base et savoir-vivre avec un handicap pour une réinsertion familiale et sociale des enfants et jeunes ayant un handicap”.

Enfin, la cérémonie officielle de commémoration le 13 mars au centre Don Oriane, sous le parrainage du ministre de l’Action sociale et de la Solidarité nationale, Mme Pascaline Tamini. Nous invitons les parents d’enfants handicapés, sans distinction de religion à venir faire bénéficier à leurs enfants de ces activités.

Même si la fondation est gérée par des sœurs religieuses, elle est ouverte à tous. Nous profitons pour lancer un appel à l’endroit des parents pour plus de considération à l’égard des enfants handicapés. L’enfant est un don de Dieu et il faut bien s’en occuper.

Entretien réalisé par Lassané Osée OUEDRAOGO

Sidwaya

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