Rémis Dandjinou : le journaliste historien de CANAL 3

Rémis Dandjinou

JPEG - 19.5 ko‘’Porter une information’’, c’est la définition que le Directeur Général Adjoint de la télévision Canal3 a du journalisme. Rémis Dandjinou exerce ce métier depuis 20 ans ; d’abord en radio et aujourd’hui à la télévision. Il est aussi connu par beaucoup de jeunes pour avoir été un “bon“ enseignant d’histoire et de géographie. Aujourd’hui il délaisse l’histoire pour l’actualité, même si selon lui, un bon journaliste se doit d’avoir de bonnes bases historiques.

“Emissions sur l’actualité brulante“, voici la spécialité de Rémis Fulgance Dandjinou à Canal3. Il a d’abord animé l’émission « ça nous intéresse », ensuite “Le débat“ qui réunissait différents éditorialistes chaque semaine et enfin “Appels sur infos“, une émission qui connait une bonne audience si l’on en juge par le nombre d’appels téléphoniques reçus des téléspectateurs. Rémis Dandjinou est donc un féru de l’actualité. Toujours des journaux à portée de main, la télévision dans son bureau est toujours en marche et la connexion internet ne fait presque jamais défaut. Le journalisme lui est une vraie passion, qui est née depuis 1990.

C’est au bas de l’échelle qu’il débutera dans le métier. Rémis Fulgance Dandjinou a commencé en tant que pigiste à la radio Canal Arc-en-ciel. Il animait aussi certaines émissions sur ladite FM, ainsi que sur la Radio Nationale. Aujourd’hui il en rit en nous disant : “Je n’ose pas vous dire combien je touchais comme pige“. Déjà à cette époque, Rémis Dandjinou se fera remarquer par son éloquence, et sa culture qui sans doute lui vient de sa grande passion pour la lecture. C’est ainsi que déjà à cette époque les promoteurs de Radio Pulsar vont s’intéresser à lui.

Echelon supérieur donc pour remis Dandjinou en 1995, quand il fut appelé à Radio Pulsar ; là il devint le rédacteur en chef et animateur également. Il y restera jusqu’en 2002 ; année d’ouverture de la télévision Canal3. Il faut croire que la télévision est jalouse, parce que Rémis Dandjinou arrêtera net la radio, mais aussi sa carrière d’enseignant d’histoire et de géographie qu’il avait entamée depuis 1993. Approché par Koen Ros, le Directeur Général de canal3 et Ouédraogo Nabi Souleymane (ONS), Rémis Dandjinou prendra la tête de la rédaction de Canal3 ; il est donc là dès les premières heures de la première télévision privée du Burkina.

L’assurance de la réussite, voici ce qui caractérise le Directeur Général Adjoint de Canal3. Aujourd’hui il a de l’assurance dans ce qu’il fait, dans ses prises de décisions et de position. Il est également obstiné et pertinent dans ses entretiens, dans ses émissions. Le face-à-face des journalistes avec le président du Faso Blaise Compaoré qui s’est déroulé en septembre 2007, a fini de lui forger une réputation de dur pour certains. L’on se souvient qu’il a été des trois journalistes invités, à savoir Pascal Yemboini Thombiano, Alpha Barry et lui-même, celui qui a le plus posé les questions qui dérangent, mettant même le président dans l’embarras.

“Je pense que l’on aurait pu mieux faire“, voici l’analyse qu’il en fait lui-même aujourd’hui ; Rémis Dandjinou, estime que les journalistes qu’ils étaient, auraient pu mieux préparer l’entretien afin d’amener le président à répondre à certaines des questions qu’il a éludées ; par ailleurs il estime que le journaliste n’a pas à craindre de poser les questions qui le taraudent, même s’il est en face d’un président ; n’est-ce d’ailleurs pas celui qui a le plus de compte à rendre au peuple ?

“Un espoir déçu“, c’est ce que beaucoup de burkinabè ont ressenti par après à l’égard de Rémis Dandjinou. Après ce débat, certains s’attendaient à le voir prendre position de façon ferme, lors de certains évènements, de devenir le journaliste qui ose parler, qui ose mettre à l’index, même le président mais cet espoir a été déçu. Il faut dire que Rémis Dandjinou est quelqu’un de très conciliant ; il se dit “très respectueux des institutions“ ; cela n’est pas du reste étonnant, vu qu’il a été élevé dans le respect des valeurs traditionnelles africaines.

“Le respect des aînés“, c’est l’une des valeurs fondamentales que son père béninois lui a inculqué. Remis Dandjinou est venu au monde et a grandi dans la ville de Bobo Dioulasso au milieu de ses sept frères et sœurs. Il fréquentera l’école maternelle française, puis le collège de Tounouma ou il obtiendra son BEPC. C’est au Lycée Ouezzin Coulibaly qu’il obtiendra son baccalauréat série B en 1986. La question de sa nationalité ne se pose même pas selon lui. Rémis Dandjinou a beau avoir un père béninois et une mère togolaise, il est burkinabè et fier de l’être. Il n’a d’ailleurs jamais été question pour lui d’avoir une autre nationalité. “Mon village est Bobo Dioulasso“, dit-il parfois avec le sourire.

Rémis Dandjinou est marié et père de deux enfants. Il aime les sorties en boîte de nuit avec les amis mais aussi la lecture. “Au collège, je lisais un roman, “SAS“ en deux heures de temps“, nous confie t-il. Cela lui a été d’une grande aide dans le département d’histoire qu’il fréquentera plus tard pour en sortir avec sa maîtrise en 1990.

Soutenir sa thèse d’histoire c’est l’un des projets personnels qui lui tient à cœur aujourd’hui. Rémis Dandjinou envisage très sérieusement de reprendre l’enseignement. Du coté de Canal3 également, les projets ne manquent pas ; le Directeur Général Adjoint et par ailleurs Directeur Commercial de Canal3 est tourné vers l’expansion de la télévision sur le territoire national ; après Ouagadougou et Bobo Dioulasso, d’autres grandes villes, telle Ouahigouya, Koudougou et autres devraient dans l’avenir devrait recevoir les programmes de la chaîne Canal3.

La moitié d’une vie dans le journalisme et 40 années passées font que Rémis Dandjinou peut être considéré comme un grand nom du journalisme burkinabè. Il regrette seulement que les jeunes journalistes ne prennent pas le temps de se cultiver, de travailler leur connaissance du monde et même de l’histoire du Burkina. Le DGA de Canal 3 déplore le fait que ce soit les jeunes journalistes qui sont les stars des médias alors que ce sont les vieux d’un certain âge, qui ont accumulé connaissance, expérience, mais aussi qui ont suivi le déroulement de telle ou telle histoire qui devraient l’être. Malheureusement conclura-t-il, nous envoyons top souvent nos vieux journalistes à la retraite. Espérons donc que dans 10 ans encore l’on puisse toujours compter Rémis Dandjinou au titre des journalistes actifs et productifs du Burkina.

Hermann Nazé
Lefaso.net

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