Site aurifère de Nébia dans la commune de Dassa : La mort à ciel ouvert et à portée de pioche

Le bilan est, on ne peut plus, alarmant, et on ne peut blâmer les autorités communales de Dassa d’avoir pris la décision de fermer, même temporairement, le site d’or du village de Nébia situé juste à six kilomètres du chef-lieu de la commune.

En effet, du 13 février (jour du démarrage de l’exploitation) au 10 mars de cette même année, on a enregistré sur ce site trois éboulements avec un total de sept (7 morts). Nous avions fait, ce 14 mars, un déplacement dominical sur les sites de Nébia et de Divolé (3 km plus loin) pour mieux nous imprégner de la situation. Et là, on a le tournis de voir que sur le site de Nébia, exploité anarchiquement et où on a de l’or presque à ciel ouvert, on a là aussi, la mort juste à portée de pioche.

Il n’est pas rare de voir à Koudougou, à Réo ou dans quelques villages, des jeunes en jeans cintrés, en baskets ou en chaussures très tendance, le cou et les bras bardés de chaînes et de colliers, chevauchant des motos SPARK, APPACHE, ‘’C’est le moment’’ ou JC Super, faire des piques de vitesse et pavanant avec un look de jeunes friqués. Dans les maquis, c’est sur leurs tables que s’amassent le plus de bouteilles d’alcool et où on est sûr de boire à satiété.

Ces gazeurs ne sont autres que les chercheurs d’or travaillant dans les sites dont regorge particulièrement la province du Sanguié. L’envie d’imiter ces ‘’fortunés’’ est vite née et le besoin de se faire de l’argent tout de suite et maintenant fait le reste. Ainsi, on voit des jeunes tout larguer pour rejoindre ces sites où souvent, c’est la désillusion qui les ramène sur terre.

Et de sites, on en a à profusion dans le Sanguié. Dans la seule commune de Dassa, le maire François Bassié nous en a énuméré trois : Nébia, Divolé et Yerdioun, et de préciser que ces potentialités leur posent beaucoup de problèmes.

Pour ce qui est du site de Nébia et faisant son historique, François Bassié a indiqué que ce sont les bergers du village qui ont, dans leurs promenades, vu quelque chose qui brillait. Intrigués, ils ont un peu gratté et se sont rendu compte qu’ils avaient là ni plus ni moins que de l’or.

Comme une traînée de poudre, la nouvelle de l’existence de l’or à Nébia s’est vite répandue et les orpailleurs qui squattaient le site de Divolé et ceux désœuvrés du site de Yerdioun fermé depuis un certain temps, n’ont fait que se rabattre sur le village. Du 13 février 2010, date de l’arrivée des premiers chercheurs d’or au 10 mars date de l’éboulement mortel, 2000 à 3000 aventuriers du métal précieux ont investi le village qui ne comptait que quelques centaines d’habitants.

Nébia était un site prisé d’autant plus qu’ici le sol est sablonneux, contrairement à Divolé où l’or est logé dans le granite. Cependant, cet avantage géologique va constituer le côté fragile du site car les trous sont instables, les risques d’effondrement sont légion, le danger permanent, et la mort à portée de pioche.

Un mois, trois éboulements et sept morts

Cette affluence va être naturellement très problématique pour ce petit village d’agriculteurs et de bergers, ainsi qu’un casse-tête pour l’autorité communale. Forte pression sur les ressources hydriques avec ces besoins grandissants en eau pour la boisson, pour le traitement et le lavage du minerai et les autres besoins de près de 3000 nouveaux arrivants.

Problèmes environnementaux avec la destruction des arbres, la pollution de l’air du fait de la poussière résultant du creusage et du vannage, la pollution de cours d’eau, des puits et de la nappe phréatique du fait de l’utilisation abusive et incontrôlée de produits chimiques pour le traitement de l’or.

Le maire, montrant la zone dévastée, déplore le fait qu’on ne puisse plus y entreprendre une activité de production. Même si les orpailleurs n’en ont cure de toutes ces nuisances, il y a aussi le danger permanent que représente le site même du fait de la fragilité de sa composition sablonneuse. Comme l’a conté Ernest Kikan Soulama, haut-commissaire du Sanguié, en moins d’un mois, le site a enregistré trois éboulements.

Le premier a eu lieu une semaine après l’ouverture du site à savoir le 22 février. Un éboulement qui n’aurait pas fait de victime à en croire les orpailleurs, même si le maire reste sceptique car, dit-il, ce jour-là, ils ont trouvé une dizaine de paires de chaussures qui jonchaient l’entrée du trou.

Faut-il croire que les orpailleurs ont délibérément menti pour ne pas avouer qu’il y a des personnes enfouies dans le sable au risque de voir le site fermé ? On est tenté de le croire surtout que pour beaucoup de chercheurs d’or, quand une mine ne ‘’bouffe’’ pas de gens, c’est dire qu’il n’y a pas suffisamment d’or ou qu’il est maudit.

C’est ce que nous a confié Parfait Bationo dit ‘’Burkina Faso’’, le bien-nommé, qui creuse depuis 1996. Globe-trotter, il nous a confié fièrement avoir dans son palmarès des sites comme Poura, Fada, Perkoa, Guido, Sandié, Thion, Yerdioun, Divolé, Poa, Pama, Nadialpoun et maintenant Nébia. Il dit que c’est le seul boulot qu’il maîtrise et préfère travailler dans les mines au risque de sa vie que d’être rattrapé un jour pour des actes de brigandage.

"Il y a certes des incidents mais on leur demande de "nous donner la route" pour qu’on reprenne le travail. Si c’est le travail de l’or, la mort est là toujours et c’est le travail de Dieu. Même moi je peux rester dans le trou mais ce n’est pas grave. J’ai vu des camarades et des frères mourir dans les trous mais ça ne me décourage pas car c’est normal quand on cherche l’or. Lui aussi (l’or) veut bouffer. La mort est là, mais nous aussi on est là, et on travaille aussi pour nous nourrir", a raconté ‘’Burkina Faso’’, précisant qu’il a fait sortir du trou l’équivalent de 17 charrettes de sable qu’il n’a pas eu le temps de traiter et ajoutant qu’il a vu des éboulements plus dramatiques que ce qui est arrivé à Nébia.

Cependant, c’est la fréquence des éboulements à Nébia qui est préoccupante. Après le premier éboulement du 22 février, un autre est survenu le 5 mars et aurait tué une seule personne. C’est le troisième qui a été plus meurtrier avec sept personnes prises dans le piège.

Cinq sont morts sur le coup, un des deux évacués à l’hôpital de Koudougou a succombé par la suite. En un mois donc, la mine de Nébia a ’’bouffé’’ sept personnes. Et si cette fréquence devait se poursuivre ou s’empirer, vu qu’on n’est qu’en début d’exploitation, il faudra croire que l’or de Nébia a une telle boulimie qu’il convient de stopper. Et c’est ce qu’ont décidé, avec sagesse, les autorités communales de Dassa. La police maître des lieux même si…

Il faut dire que si cette décision a été prise suite aux drames qui se sont succédé sur le site, d’autres raisons justifient aussi cette fatwa communale. La proximité du site avec l’école primaire (une centaine de mètres) a fait que l’école a été vite envahie par la poussière. Son domaine s’est transformé en site de prospection. Des maladies ont fait jour.

Les élèves ont vidé les classes pour rallier le site où ils ont des sous à glaner à travers les services qu’ils proposent dans le domaine du ramassage et du lavage de la terre, de la vente d’eau et de nourriture. La poussière a contraint un enseignant à abandonner son logement, vite transformé en parking.

Les grandes filles aident leurs mères sur le site avec tous les risques de dépravation que cela comporte. ‘’On mangeait, buvait et respirait la poussière. Les élèves désertaient l’école pour le site. Depuis deux semaines l’école est fermée. On va ouvrir demain (lundi 15 mars) avec la peur que les élèves ne soit tentés d’aller jouer ou fouiller dans les trous restés béants’’ , nous a confié Néya Bayon, le directeur de l’école de Nébia qui compte trois classes (CPI, CP2, CMI) et 188 élèves tenus par trois enseignants dont une dame.

A notre passage, le site était calme et seule la police était maître des lieux. Une escouade de policiers conduite par le commissaire de Didyr, Seydou Ouoba, y a été envoyée avec pour mission de faire le constat de l’éboulement du 10 mars, de déguerpir les occupants qui y travaillaient de façon anarchique, sans structuration ni autorisation, et de sécuriser le site conformément à la décision de fermeture de la mairie de Dassa.

Si la police est maître des lieux, il faut dire que les orpailleurs ne s’avouent pas vaincus. En effet, il nous a été rapporté que certains viennent la nuit, à la faveur de l’obscurité, ramasser le sable pour le traiter plus loin, ou rentrent même dans les trous au péril de leur vie. Ils s’adonnent à cette pratique dans le noir complet, n’utilisant leurs lampes-torches que de façon brève et en cas de strict besoin afin d’éviter d’être repérés.

Naturellement certains se font prendre et reprendre malgré leurs supplications de ne plus recommencer. C’est dire qu’il est grand l’attrait du métal jaune. Et c’est dire que cette présence policière est loin d’émousser les ardeurs des assoiffés d’or.

Le commissaire Dieudonné Ouattara, directeur provincial de la police nationale du Sanguié, s’est montré tout aussi déterminé en affirmant que les agents y seront cantonnés jusqu’à ce que la mairie de Dassa juge la situation favorable à un retrait. ‘’Si on lève le dispositif maintenant, le site sera de nouveau envahi. Il y a certes des difficultés mais cela ne doit pas nous empêcher de faire notre boulot’’, a indiqué Dieudonné Ouattara.

Sexe, drogue, brigandage et dépravation

Même s’il n’a pas voulu s’étendre sur le sujet, le commissaire Dieudonné Ouattara reconnaît qu’avec l’apparition de site non règlementaire comme celui de Nébia, des difficultés d’ordre sécuritaire font jour. L’absence d’un concessionnaire ou de quelqu’un possédant un permis d’exploiter pouvant être un répondant complique davantage la situation.

Et c’est naturellement qu’on voit se développer sur ces sites, comme c’était le cas à Nébia selon le maire de Dassa François Bassié, des phénomènes comme la prostitution, la drogue, les actes de brigandage ou de délinquance parfois juvénile.

Parfait Bationo, notre ‘’Burkina Faso, jure, la main sur le cœur, que lui n’a jamais touché à la drogue. L’alcool ou le café noir, oui, mais la drogue, qu’elle soit en comprimé, en herbe ou en liquide, non. Lui préfère faire confiance à la force dont la nature l’a gratifié. Cependant, il reconnaît que la drogue et d’autres excitants sont omniprésents sur les sites d’orpaillage et il en connaît beaucoup qui ne s’en privent pas. Le maire François Bassié est conscient de l’existence de ces tares sur les sites de sa commune, que ce soit à Nébia ou à Divolé.

‘’Il faut sur le plan institutionnel qu’on repense les dispositions d’octroi de permis d’exploitation de l’orpaillage. Sans consulter la commune on voit un concessionnaire qui débarque, organise le village, ignore royalement l’autorité communale’’, s’est insurgé le maire de Dassa, citant les conséquences qui en découlent dont la destruction systématique de la nature, de l’environnement et des arbres fruitiers souvent centenaires.

‘’On se retrouve avec une panoplie de personnes dont on n’a ni l’identité, ni les objectifs. On voit se développer la prostitution, la drogue, la violence et toutes sortes de dépravations, et quand il y a des ennuis, ça retombe sur la mairie qui ne fait que subir et qui ne retire rien de ces sites car les décisions d’exploiter sont prises depuis Ouagadougou’’, a poursuivi François Bassié visiblement en colère et déplorant la forte pression qui est faite sur les maigres ressources en eau du village.

Il a avoué tout ignorer du cahier de charges des concessionnaires et souhaite qu’il puisse y être inséré des clauses en matière de réhabilitation des sites détruits. Sinon présentement la commune n’est pas associée à des négociations concernant le cahier de charges pour ce qui est de l’exploitant du site de Divolé que nous avions visité ce même dimanche 14 mars.

Ce trou que tu vois, c’est notre PMU-B

Divolé est situé à juste 03 Km de Nébia. Dès qu’on y met les pieds, on est vite fasciné par cette sorte de colonne vertébrale qui serpente au flanc est de la colline qui annonce le village. Ce qui s’apparente à une colonne vertébrale est en fait une longue succession de trous d’une profondeur vertigineuse. Tout comme à Nébia, on se demande comment un homme peut avoir le courage de s’engouffrer dans un tel tunnel.

On a là une sorte de souricière avec un trou d’à peine 80 cm de long sur 60 cm de large, mais dont la profondeur peut atteindre plus de 15 m. Mais là où on a le tournis, c’est que tout au fond, ces trous s’élargissent en un enchevêtrement de compartiments qui se rejoignent dans un désordre total. Si le travail est facile à Nébia du fait de la constitution sablonneuse du sol, accentuant du coup les risques d’éboulement, à Divolé, c’est dans la pierraille qu’il faut creuser pour suivre l’hypothétique filon, souvent visible que par les seuls initiés.

Malgré la disponibilité des jeunes creuseurs pour nous faire percevoir les traces d’or sur les fragments de pierre, nous ne voyions que dalle, ébahis devant ce granite qui, paraîtrait-il, contient de l’or et qui justifie toute cette violence faite à cette zone forestière et toute cette débauche d’énergie, de temps, de moyens, tant humains que financiers. Voyant notre incrédulité, un jeune d’à peine 20 ans, tout couvert de poussière et de crasse, nous lance, l’air amusé, que ce trou que nous voyons, c’est leur PMU-B. Il a affirmé n’avoir aucune peur à entrer dans ce gouffre et jure que c’est là qu’il trouvera son bonheur.

Les autres membres du groupe confirment ses dires et nous confient qu’au fond, les compartiments suivent le même sens que le filon. Un filon qui semble conduire vers le sommet de la colline si on se réfère à la succession des trous creusés du bas vers le haut de la colline. Nous n’avions pas pu mettre la main sur le concessionnaire du site, mais un jeune, surnommé ‘’Américain’’, qui nous a guidé depuis Nébia, nous a expliqué le fonctionnement du site.

La chaîne part de l’extraction des blocs de granite, qui seront concassés en de petits morceaux, lesquels seront confiés à des moulins qui vont les moudre en une farine très fine. C’est cette farine qui sera lavée et relavée jusqu’à isoler la poudre d’or. A Nébia, la procédure est presque similaire sauf qu’elle est facilitée là-bas car, au lieu de granite, c’est du sable qui est extrait de la mine.

Là tout comme à Divolé, c’est la poussière et la chaleur qui règnent en maîtres et on comprend que le conseiller municipal de Dassa, Jean Goldberg Bayili, natif de Nébia, nous ait confié que depuis l’apparition des sites les villageois développent de nouvelles pathologies respiratoires. Rouvrir oui, mais en réorganisant

Ces pathologies développées par les orpailleurs aussi sont loin de décourager ceux la qui considèrent que c’est dans ces trous qu’ils tireront leur salut. Et pour nous en convaincre, ‘’Américain’’ qui est en fait un acheteur pour le compte d’un invisible patron, en s’entourant de mille et une précautions, sort de sa poche quelques miettes d’or qu’il nous montre en nous précisant que ça pèse autour de 15g et coûte autour de 225 000 FCFA au prix de 15 000 f le gramme.

Une fortune donc pour ces hères qui prennent d’assaut les sites dans l’espoir de glaner quelques grammes. Cela signifie du coup que ce serait chimérique de penser que le site de Nébia restera définitivement fermé. Le maire de Dassa ne perd pas de vue une réouverture du site, même s’il enrage contre la marginalisation des autorités communales dans les négociations et l’octroi des permis, la non-association des populations qui pourtant récoltent les pots cassés, le chaos, la désolation, la destruction de l’espace, la contamination de la nappe phréatique et les ennuis sanitaires qu’on leur laisse.

‘’Pour moi, mieux vaut ne pas exploiter des sites de ce genre qui créent des problèmes à long terme pour les populations’’, s’est-il opposé préconisant qu’on cherche des compromis avec les comités villageois de développement (CVD) et les conseils municipaux. Il a dit que le conseil municipal acceptera la décision de réouverture du site mais pour cela, il souhaite que la population ait son mot à dire afin d’éviter d’être le dindon de la farce. ‘’Quelles sont les compétences des communes en matière de négociation de permis d’exploitation minière ? Qu’est-ce qui est prévu en matière de réhabilitation des sites, de reboisement, ou de dédommagement des populations ?’’ sont autant de questions que se pose l’édile de Dassa.

Il a d’ailleurs eu une rencontre avec les villageois autour de la question de la fermeture de la mine. Au cours de cette rencontre, il a été convenu que les villageois ramasseront le sable déjà extrait pour le travailler et voir ce qu’ils pourront en tirer de telle sorte que le bénéfice profite à tous.

On peut se ‘’soulager’’, même en plein jour

Pour le moment et comme nous l’expliquait le président du CVD de Nébia, Issaka Badiel, son village n’a pas profité de ce site. Il est presque heureux à la vue du village minier, qui s’était constitué en un rien de temps, détruit et incendié par les agents de force de l’ordre quand ils sont venus chasser les orpailleurs et sécuriser le site.

Dans ce village construit avec de la paille, des branches, du bois et des toiles, on trouvait presque du tout : bar, vidéoclubs alimentés par groupes électrogènes, restaurants, boutiques et, bien sûr, les coins de plaisir. On pouvait aussi se procurer des stupéfiants comme cette herbe et ces drogues que les agents du commissaire Seydou Ouoba ont saisies au moment de leur intervention.

A Divolé, le village minier est encore plus développé et plus fourni et un rien confident, ‘’Américain’’ nous glisse à l’oreille que même le jour on peut se soulager. Il a bien dit ‘’soulager’’ mais on a compris ce qu’il voulait nous dire. Sacré ‘’Américain’’ qui visiblement trouve son compte dans cette activité de rachat de l’or à en juger par son apparence, ces vêtements pas aussi bon marché que ça, et sa moto ‘’C’est le moment’’ flambant neuve.

C’est de toute façon cette apparence qui pousse nombre de jeunes sur ces sites et qui y rencontrent des fortunes diverses. Les trous de Nébia ont déjà bouffé sept personnes et il est certain que si on le rouvre sans un minimum d’organisation et de sécurisation acceptables, d’autres aventuriers passeront à la casserole, et franchement, ce n’est pas par cynisme qu’on écrit cela, c’est par clairvoyance.

Cyrille Zoma


Deux questions au haut-commissaire du Sanguié, Kikan Ernest Soulama

Pourquoi avoir laissé prospérer ce site anarchique de Nébia ?

• Vous avez touché là un vrai problème que nous avons en tant qu’autorités. Vous savez que nous sommes dans un pays pauvre très endetté et lorsque quelqu’un pense qu’il y a un site quelque part qui peut résoudre tous ses problèmes, on ne peut qu’aboutir à ce que nous avons vécu. La population sait très bien que l’exploitation anarchique est interdite. Je me suis personnellement rendu sur plusieurs sites pour raisonner les occupants, mais les gens sont têtus. On voit certains tenter de corrompre l’autorité quand on manifeste l’intention de fermer un site. Dès que vous fermez et que vous tournez le dos, le site est de nouveau envahi, comme ce fut le cas à Nébia après le premier éboulement. Ce n’est qu’au troisième éboulement et avec les morts qu’il y a eu qu’ils ont compris la difficulté pour eux de nous forcer la main, car force doit rester à la loi. Il y a une loi (la Loi 042–2004/AN du 16 novembre 2004) qui réglemente les sites d’orpaillage qu’ils soient traditionnels ou industriels, de sorte que l’Etat en tire profit au même titre que les orpailleurs.

Comment et par qui se fait l’octroi des autorisations d’exploiter ?

• L’octroi du permis de recherche se fait au niveau du ministère de l’Energie, des Mines et des Carrières. Le Sanguié regorge d’or et abrite plusieurs sites. J’ai échangé avec des orpailleurs et leur ai conseillé d’aller retirer des permis d’exploiter. Les orpailleurs ont accusé la lenteur au niveau du ministère.

Mais cela n’est pas vrai car le ministre a délégué ses pouvoirs au Directeur général des mines auprès de qui ces permis peuvent être retirés facilement et en peu de temps. Pour ceux qui veulent se mettre en règle, il n’y a aucun problème. L’administration a un réflexe de compte rendu. Au niveau du maire et du préfet de Dassa et à mon niveau des rapports ont déjà été adressés au niveau du gouverneur. Lui aussi fera le relais au niveau du ministère et c’est de là que la situation sera décantée.

Cyrille Zoma

L’Observateur Paalga

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