Editorial de Sidwaya : Sidwaya a 26 ans !

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Ibrahiman Sakandé, DG des Editions Sidwaya

Depuis hier lundi, Sidwaya quotidien a 26 ans révolus. En cette heureuse occasion, notre pensée va d’abord à nos devanciers… Car il est juste et équitable, au moment où nous voulons marquer une halte sur le déroulement de l’histoire de notre « Maison commune », de leur rendre l’hommage tant mérité.

Ce journal, sans interruption, est passé de main en main de 1984 jusqu’à ce jour ; chacun au niveau de responsabilité qui a été le sien, a travaillé à sauvegarder cet outil. Pour les uns, ça a été un gagne-pain ; pour les autres, une mission, un sacerdoce. Ils méritent notre reconnaissance. Nos gouvernants présents et passés en méritent également pour avoir cru en cet organe, l’avoir créé et accompagné.

Conçu par la « réaction », accouché par la « Révolution »

J’ai 26 ans. Je suis né le 5 avril 1984 dans la « fièvre révolutionnaire » ; j’ai été pensé, conçu dans le « calme réactionnaire ». En 1974, le discours-programme du gouvernement du Renouveau national du général Sangoulé Lamizana a projeté la création d’un quotidien d’Etat. En 1980, l’imprimerie de ce quotidien est mise en place.

Le gouvernement du Conseil national de la Révolution a réalisé ce projet de quotidien en mettant sur le marché ce 5 avril 1984, le premier quotidien d’Etat burkinabè : Sidwaya, « la vérité est venue », en langue nationale mooré. Un titre qui résume toute l’ambition que les géniteurs ont voulu conférer au quotidien : « mobiliser et conscientiser le peuple ».

« Jeté précipitamment à l’eau, il lui faudra bien nager pour survivre », a écrit à l’époque Béatrice Damiba, alors rédactrice en chef. Sidwaya a survécu au régime qui l’a créé et qui plus est, s’est positionné comme un organe d’Etat, un organe de service public (!), qui contribue au renforcement du processus démocratique.

Les différents responsables politiques de la majorité comme de l’opposition, les visiteurs avertis et non-avertis nous l’ont toujours confié : « Sidwaya est le journal ouvert aux différentes sensibilités de la scène politique burkinabè ». Nous continuons de travailler conformément aux missions qui nous ont été confiées, au renforcement de cette ouverture. Sidwaya est né sous le régime révolutionnaire. C’est un fait ; les contempteurs des révolutionnaires le lui reprochent.

Le quotidien de la rue du Marché n’en rougit pas ; il assume son histoire. Car, il n’y a pas que du négatif dans ce qu’a été ce journal dans cette période agitée. Ô loin s’en faut ! Historiens, politistes, sociologues, économistes qui étudient cette époque ont entre autres, comme référence, Sidwaya. Dans bien des cas, nos archives écrites et photographiques ont servi à beaucoup de Burkinabè pour bien des causes. Ne serait-ce que pour cela, si Sidwaya n’avait pas existé, il aurait fallu le créer.

Les générations présentes et à venir gagneraient à éplucher ses archives. Sidwaya, c’est le témoin, pourquoi pas le reflet de la vie politique du Burkina Faso. Du « monolithisme idéologique » des années 80, il épouse à partir de 1991, les contours de la démocratisation. L’ouverture de ses colonnes à toutes les sensibilités est alors une question de survie.

Une mutation bien négociée

Faut-il maintenir la vision de « quotidien d’information et de mobilisation du peuple » qui s’apparente à un journal de parti, ou faut-il évoluer en tenant compte de l’environnement national et international ? La direction de publication, c’est-à-dire l’autorité a eu la sagesse, avec l’accompagnement des travailleurs, de muer en « journal de tous les Burkinabè ».

Cela signifie tout simplement que l’intérêt général de l’Etat burkinabè, le bien public, nous semble-t-il, doit être l’Alpha et l’Omega du quotidien de la Rue du marché. Il y a place pour toutes les expressions politiques, philosophiques, sociales, économiques et culturelles, voire pour la « sérendipité ». Les différentes lettres de mission confiées aux directions générales successives s’inscrivent dans cette dynamique.

Cela suffit-il pour faire de Sidwaya, adossé à l’Etat, le journal le plus en vue du Burkina ? Certainement pas ! Notre histoire est un repoussoir pour une frange du lectorat ; il nous arrive de tomber en retard ; il y a toujours des coquilles ou des formulations maladroites dans notre journal ; il y a des lourdeurs par-ci, par-là… Ces handicaps constituent des défis pour nous et nous travaillons tous les jours à les relever.

Disponible aux quatre coins du Burkina

Nous avons aussi nos atouts : nous sommes les premiers à donner les nouvelles de Falaguntu dans le Séno ou de Konkèra, dans le Noumbiel, de Kokologho, dans le Boulkiemdé ; nous disposons d’une équipe professionnelle bien étoffée à même de couvrir de nombreux évènements ; nous ne connaissons pas la censure ; nous avons nos propres outils d’impression… et nous avons surtout un retour de crédibilité, matière première sans laquelle, il ne saurait y avoir de journal. Ces atouts demeurent pour nous le socle sur lequel bâtir l’avenir.

Demain, nous le conjuguons en une entreprise de presse dynamique, disponible aux quatre coins du Burkina et dans le monde avec des informations fiables et diversifiées. Notre souhait est que les mutations statutaires amorcées depuis quelques années se poursuivent.

Hier, simple direction technique du ministère, puis jouissant d’une semi-autonomie, les Editions Sidwaya sont un Etablissement public de l’Etat depuis 1999. Si cela marque une évolution, à la pratique, les principaux acteurs de l’établissement, à savoir les travailleurs, ne tirent pas encore véritablement profit des retombées de ce progrès.

De plus, les ô…, grandes lourdeurs administratives, ces nombreuses procédures et re-procédures administratives et du monde des finances, incompatibles avec le travail de journaliste qui exige rapidité, souplesse et responsabilité, font que sur beaucoup d’évènements, Sidwaya peut ne pas être concurrentiel.

Un statut plus adapté, comme on en voit dans les médias publics de certains pays du Nord, et même dans certains pays africains, serait un pas qualitatif dans le paysage médiatique burkinabè marqué par la libéralisation du marché, la présence agressive, au sens positif du terme des concurrents, le développement des technologies de l’information et de la communication.

Joyeux anniversaire à tous !

A nos lecteurs présents et futurs qui sont notre raison d’exister, nous promettons d’être au rendez-vous tous les jours dans nos versions papier et électronique. Les annonceurs qui nous font confiance, notre souci est de tous les jours, mieux faire ! Aux travailleurs d’hier et d’aujourd’hui, qui sans relâche, œuvrent pour la plupart, dans l’anonymat, au prix de mille sacrifices et privations, notre reconnaissance éternelle.

Nous pensons sincèrement que demain peut être meilleur à aujourd’hui pour notre « Maison commune ». Aux autorités, merci de la confiance placée en nous ; nous donnerons le meilleur de nous-mêmes (au-delà des blocages connus de tous et par tous…), pour remplir la mission à nous confiée.

Joyeux anniversaire à tous

Par Ibrahiman SAKANDE (sakandeibrahiman@yahoo.fr)

Sidwaya

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