Gang des taximen à Bobo : Terminus, tout le monde descend

L’insécurité, aujourd’hui, est en train de prendre des proportions inquiétantes dans nos centres urbains. L’ampleur du phénomène se mesure tout d’abord à la prolifération de ces bandes de malfaiteurs mais aussi et surtout à leur audace et leur ingéniosité à accomplir leur basse besogne, souvent en usant de méthodes inimaginables. La bande de faux taximen qui vient d’être démantelée à Bobo-Dioulasso est le signe que le banditisme est en train de devenir un mal incurable, malgré les efforts déployés par les services de sécurité pour endiguer le fléau.

Qui aurait cru qu’un jour, emprunter un taxi dans la ville de Bobo pouvait attirer de gros ennuis avec même des menaces de mort dans certains cas ? Et pourtant, c’est ce qu’il nous a été donné de constater ces derniers temps, avec ces nombreux cas d’agression dont ont été victimes des usagers de ces véhicules verts destinés au transport urbain.

« C’est suite aux multiples plaintes faisant état de vols dans les taxis, que nous avons enregistrées dans nos services, que le commissariat de police de l’arrondissement de Konsa a entrepris des investigations qui ont permis, aux dates des 30 et 31 mars 2010, d’appréhender six auteurs des faits et de saisir trois taxis utilisés pour la commission des vols », nous apprend le commissaire André Odou Ouédraogo, directeur régional de la police.

Du récit des faits, il ressort que les auteurs de ces agressions dans les taxis étaient répartis en trois groupes correspondants au nombre de véhicules dont ils disposaient : le premier groupe avait pour chef de file Zakaria Tidjani, un récidiviste d’origine étrangère qui a déjà fait l’objet de poursuites par le tribunal de grande instance de Ouagadougou pour les mêmes faits, dit-on.

Il serait le propriétaire du véhicule Nissan Sunny conduit par Sanou Grégoire et immatriculé 11HH 1643 BF ; le deuxième groupe opérait à l’aide d’une Peugeot 305 immatriculée 11 K 6378 BF ; ce véhicule serait la propriété du chauffeur de la bande à Zakaria Tidjani. Sanou Grégoire, cité plus haut, était également membre de ce deuxième groupe, lequel avait pour chef de file Abdoul Kader Falalou, alias Danlasso ;

le troisième groupe avait à sa disposition le véhicule de marque Toyota Corola immatriculé 11 M 4765 BF, appartenant à Danladi Ekwis. Selon le directeur régional de la police, le mode opératoire utilisé par ces délinquants consistait à coincer la victime dans le taxi pour faciliter sa fouille au corps : « Avec la complicité du conducteur, la victime était placée à l’arrière entre deux coauteurs. Au cours du trajet, l’un des coauteurs peut faire tomber des pièces de monnaie et solliciter le dernier client qui vient d’embarquer de les aider à les rechercher. C’est à ce moment qu’ils en profitent pour palper la victime et lui soustraire des biens. Une autre façon d’opérer consiste à demander à la victime de bien refermer la portière.

Ils profitent alors des mouvements de celle-ci pour la fouiller et lui soustraire des biens. Enfin leur stratégie les amène souvent à conduire leur victime dans une direction inconnue et à la dépouiller purement et simplement sous la menace », explique le commissaire André Odou Ouédraogo. Les plaintes, qui s’accumulaient sur les bureaux des services de sécurité de la ville de Sya, ont conduit le commissariat de l’arrondissement de Konsa à accélérer les investigations.

Ce qui a abouti à l’arrestation de six personnes. Les recherches ont, en outre, permis d’identifier et de retrouver 3 victimes dont les préjudices subis se chiffreraient à 954 000 F CFA. Six autres clients, dont une touriste européenne, ont perdu, dans cette affaire de faux taxis, environ 3 millions de nos francs ; des sommes qui ont permis à ces groupes de délinquants de renforcer leur parc automobile avec l’acquisition de deux véhicules et de 2 vélomoteurs P50.

Ceux-ci ont également ouvert des comptes bancaires d’un solde de 483 000 F CFA. Aux mains de la police depuis le 31 mars, les six interpellés seront incessamment présentés au procureur alors que les recherches se poursuivent pour mettre la main sur leurs complices qui ont réussi à passer à travers les mailles du filet .

Jonas Apollinaire Kaboré

L’Observateur Paalga

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