La flore et la végétation au temps des explorations et des expéditions

Les explorateurs ont permis d’avoir une idée de l’état de la végétation à l’époque et de connaître quelques utilisations de la flore puis de noter les espèces animales constituant la faune sauvage et le cheptel. Nous avons choisi les explorateurs les plus connus et dont les documents les concernant nous ont été accessibles.

1- L’allemand BARTH parcourut le Liptako par Dori – Aribinda en juillet 1953. Il reconnut que la sécheresse ne règne pas toujours dans la zone et que cela s’explique par le nom accessoire donné à Dori : " Windou- Windé " qui signifie étang ou lac, celui-ci se trouve à l’ouest de la ville. Sa route est faite d’une succession de zones arides et de zones arrosées, " le pays n’est guère favorisé par la nature, les bords de quelques petits torrents descendant vers le nord portaient seuls des arbres et des herbes, ici le baobab domine encore ". Il traversa des fleuves bordés d’arbres avant d’arriver à " Hari binda " mot signifiant le pays situé au-delà de l’eau (du Niger).

2- Le capitaine Binger lors de son expédition de 1888-1889 décrit surtout l’architecture des habitations, le réseau hydrographique, le relief et la végétation avec un accent particulier sur certaines espèces telles le rônier, le néré, le karité, etc. En traversant le pays gourounsi, il nota que la végétation y est belle et luxuriante. En parcourant le Yatenga, il observa que c’est un pays d’élevage " les chevaux du Yatenga sont renommés ".

3- Le capitaine Voulet au cours de son expédition dans le pays mossi fit les différentes constatations suivantes :

- les cours d’eau sillonnent le pays en tous sens durant la saison des pluies. La faune y est diversifiée : lion, panthère, éléphant et antilope ;

- le sol est fertile et produit en abondance plusieurs variétés de sorgho. On y rencontre d’immenses troupeaux de bœufs, moutons, chèvres, volailles, le maïs, l’arachide, l’indigo, le coton, les ignames, le niébé et le tabac.

- il signala l’étendue du karité " Cé " ; cet arbre par incision de l’écorce laisse exsuder une sorte de latex qui ne serait autre que le guttapercha… le pays est riche en minerai de fer et en sables aurifères.

4- Le lieutenant-colonel Monteil en février 1891 traversa la région du Kénédougou et remarqua : " Toute cette contrée du Kénédougou est un pays admirable avec des grandes forêts dans les parties peu peuplées. De superbes forêts alternent avec des terres cultivées, près du village de Kouantou ". Il nota l’existence d’une forêt de rôniers.

Ces différents auteurs-explorateurs, en militaires avertis, faisaient une reconnaissance de terrain et s’intéressaient beaucoup plus aux vies et mœurs des autochtones et aux conditions climatiques qu’à la flore proprement dite ; le but étant de savoir si la région est bonne pour l’installation des Européens.

La flore et la végétation pendant la période coloniale

Au cours de cette période, les expéditions et explorations botaniques continuent et sont renforcées. Le gouvernement colonial a procédé au classement des aires, à des réquisitions et à des travaux forcés pour les plantations industrielles ou celle des arbres d’avenue.

1- Les expéditions botaniques

Vu le retard en matière d’inventaire des ressources naturelles, la puissance coloniale française a pris à leurs risques et périls des savants comme le professeur Auguste CHEVALIER chargé en 1898 par le général TRENTINIAN d’une mission d’études des ressources naturelles vers la partie occidentale du Soudan français. De son premier voyage le 7 mai 1899, il parcourut le canton de Sindou et le cercle de Bobo-Dioulasso. Au cours de son 6e voyage (novembre 1908-1910), il explora le pays mossi, le Yatenga et le Gourma. De juillet à août 1920, il retourna à l’actuel Burkina Faso et en tout il a récolte 709 échantillons.

Notons qu’au cours de son voyage fut créée l’école indigène pour la récolte et la préparation du caoutchouc à Bobo-Dioulasso. Tous ces voyages se terminent par la publication d’un ouvrage en 1920 intitulé " Exploration botanique dans l’Afrique occidentale française ". De nombreux autres botanistes sont venus mais les dates sont difficiles à préciser. Selon BOGNOUNOU (1968) " l’un des tout premiers travaux de botanique portant exclusivement sur le pays est celui de Louis BEGUE (1936) Contribution à l’étude de la végétation forestière de la Haute-Côte d’Ivoire. Cette étude est d’un apport appréciable à la connaissance floristique, phytogéographique, phytosociologique des anciens cercles de Bobo-Dioulasso, Gaoua, Koudougou, Ouagadougou, Kaya et Tenkodogo.

Une place à part doit être réservée au forestier André AUBREVILLE par son ouvrage La flore forestière soudano-guinéenne, 1950. Ce document reste un manuel de base pour tout botaniste travaillant sur le Burkina Faso. Au cours de cette période coloniale, l’œuvre la plus grande reste la protection, la conservation de la faune et de la flore. Le gouvernement colonial, par un décret, prenait des dispositions pour la protection des espèces végétales et a procédé à une série de classements de forêts et de réserves.

2- Les aires classées

Selon ZEBA (1990), le Burkina Faso compte 78 aires classées. Leurs superficies totales 3 835 957 ha soit 14 % de la superficie du territoire national. Mais actuellement près de la moitié du territoire classé est dégradé, ce qui réduit le pourcentage à 8 %.

La première forêt classée est celle de YENDERE en 1934. Quinze autres ont été classées en 1936, parmi elles la forêt classée du barrage n°3 de Ouagadougou. Les autres classements se situent entre 1937 et 1957. Le parc de CNRST fait partie des aires protégées. Il a été en 1952 sur l’initiative de Guy LE MOAL, premier directeur de l’IFAN.

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