Funérailles Dagara : Mythe et réalités

Le pays Dagara, dans ce monde contemporain où les cultures sont agressées de toutes parts par des civilisations dites plus fortes et à l’esprit cartésien, reste fortement ancré dans ses traditions. Si les religions révélées que sont l’Islam et surtout le Christianisme ont converti une grande partie du peuple Dagara, elles se sont cependant résolues à cohabiter avec les croyances traditionnelles et les Chrétiens parlent même d’inculturation. Voilà donc un peuple qui mérite d’être mieux découvert d’autant que ses pratiques sont souvent incomprises des uns et des autres.

Au nombre de ces pratiques, véritables institutions sociales : l’initiation, les marchés et les funérailles. Dans le présent dossier, nous aborderons la question des funérailles dans le souci de donner le maximum d’informations sur une pratique présente dans toutes les cultures burkinabè voire africaines mais qui en ce pays Dagara est d’une particularité saisissante et pose nombre d’interrogations pour l’observateur.

CUne animation de balafonontrairement à ce que pensent beaucoup de gens, la question des funérailles en pays Dagara n’est pas un sujet tabou. C’est pourquoi, d’ailleurs, nous pouvons nous permettre d’approcher des initiés et des célébrants de funérailles pour un tant soit peu entrer dans leurs « mystères ». En pays Dagara, toute personne a droit, a priori, à la célébration de ses funérailles après le saut fatal dans l’autre monde, c’est-à-dire après sa mort.

Les funérailles sont une institution forte qui rassemble autour du défunt ou de la défunte, des parents, le clan, les animateurs des funérailles (balafonnistes, cantateurs et tambourinaires), les fossoyeurs, les parents à plaisanterie, les amis. Il s’agit là des principaux acteurs dont la présence est capitale mais il faut dire que le grand public participe aux activités profanes des funérailles qui, à certaines occasions, prennent un aspect festif. C’est pourquoi les funérailles sont de véritables fora, des occasions de rencontres, d’échanges, de diffusions de messages qui drainent un grand monde autour du défunt et de sa famille. Cette participation populaire qui tend à éclipser l’essentiel ne peut cependant faire oublier que les funérailles, c’est d’abord une activité coutumière dont le déroulement répond à une sorte de liturgie dont sont maîtres des officiants attitrés dans le clan, la famille.

Un cérémonial bien réglé

Des personnes assises devant un Catafalque, trône où sera exposé (e) le défunt ou la défunte avant l’enterrement.Après le constat formel du décès d’une personne, la procédure de célébration de ses funérailles est enclenchée par l’envoi de messagers, d’annonceurs publics qui sillonnent les familles de la localité pour avertir de ce décès. Le défunt ou la défunte sera nommément cité (e) si l’intéressé (e) est suffisamment connu (e) afin qu’on puisse l’identifier.

Dans le cas contraire, référence sera faite à un membre de sa famille plus connu ou tout simplement à sa famille (au sens large) afin que les uns et les autres arrivent à identifier le disparu. Avec cependant l’évolution et l’éloignement des lieux d’habitation des parents, d’autres moyens d’informations (téléphone, courriers, communiqué radiophonique, etc.) sont aussi mis à contribution l’essentiel étant d’annoncer le décès. Une chose particulière en cette période d’information est que les parents à plaisanterie du défunt pour annoncer le fait aux membres de son clan, leur rependent généralement de la cendre sur la tête. Un geste bien compris de tous.

Les premiers concernés réunis, les funérailles, à proprement parler, débutent par la toilette mortuaire et s’il est accepté que le défunt a droit à des funérailles, car certaines personnes ayant enfreint les us et coutumes du clan peuvent se voir refuser ce privilège, alors le rituel est normalement poursuivi et met en branle différents acteurs dont les principaux sont : les fossoyeurs chargés de la préparation et de l’enterrement du cadavre, les parents (clan), les amis.

La toilette mortuaire effectuée, le défunt est exposé sur le catafalque en attendant que les uns et les autres, informés des funérailles, y prennent part. Les personnes qui arrivent aux funérailles se soumettrent à une gestuelle qui consiste tout en pleurant à faire un certain nombre de passages et haltes à des points précis devant le catafalque. Une douce animation de balafon accompagne cette phase qui dure jusqu’au moment où on estime que les principales personnes concernées par les funérailles sont présentes. Cette période voit généralement se faire aussi l’identification par la famille du lieu où doit être creusée la tombe du disparu. Et cette tombe peut être creusée dans la cour ou à côté des concessions familiales. Ainsi est la pratique mais avec l’avènement de la communalisation dans la région, nul doute que les choses seront revues à ce niveau.

Les cantateurs , ces maîtres de la parole en pleine expression La présence des principaux concernés par les funérailles ouvre une phase dite « chaude » de ses activités : c’est la phase de haute cantation. Les cantateurs, ces maîtres de la parole, accompagnés des balafonnistes et des tambourinaires, donnent une autre dimension aux funérailles. C’est le moment où, bénéficiant d’une « immunité de parole », les cantateurs peuvent dire certaines choses (louanges ou critiques) qu’ils ne pourraient dire en aucun autre lieu. Cette phase est redoutée par la famille du défunt qui ne sait jamais ce qui peut sortir de la bouche des cantateurs qui se relaient selon des séquences bien définies et qui sont parfaitement informés des « hauts faits » et des actes pas honorables du clan ou de la famille. Cette phase peut durer en général une demi-journée voire une journée selon la période du décès (matin ou soir) mais commence le deuxième jour des funérailles. La fin de cette phase intervient avec l’enterrement du cadavre une fois la tombe prête, après un rituel de souvenir de ce qu’était le défunt.

L’enterrement marque la fin officielle des funérailles qui voit les gens se disperser. Des concertations privées ont lieu entre membres de la famille ou du clan avant que chacun ne puisse retourner à ses occupations quotidiennes. Il faut préciser que durant toute la période des funérailles, les parents, qui sont dans la douleur du fait du décès d’un du clan, sont assistés dans cette douloureuse épreuve par les amis qui, à l’occasion, peuvent faire des dons (dolo, argent, vêtements pour habiller le cadavre, etc.) en signe de leur solidarité. « Ami » ici est compris au sens large du mot, ce qui signifie qu’un non Dagara peut prendre part aux funérailles d’un de ses amis Dagara sans problème et poser tous les actes posés par les Dagara à l’exception de ceux relatifs à la toilette mortuaire et certains autres qui ne concernent que le clan. Il pourra par exemple pleurer, danser aux funérailles de son ami en imitant les autres.

En pays Dagara, les funérailles ont lieu à n’importe quel moment de l’année. Seule la période de l’initiation est le moment où l’on ne peut voir des funérailles célébrées. Autrement dit, rien d’autre, pas même la pluie ou l’orage, bref les phénomènes naturels, ne peut être un frein à la célébration de funérailles. D’ailleurs, une phase occulte qui précède les funérailles permet l’intervention mystique de certains clans pour soit empêcher les pluies le temps qu’il faut ou au contraire les provoquer. Il s’agira dans le dernier cas de montrer la puissance du clan du disparu lequel est affilié à la pluie.

Ainsi donc, du décès jusqu’à l’enterrement du défunt, les funérailles, selon la personne du disparu ou les circonstances de la mort, peuvent durer d’un à plusieurs jours. En dehors des activités profanes auxquelles assiste le grand public, se déroulent dans un cercle d’initiés des opérations mystiques à seul but de permettre au défunt de bien vivre sa nouvelle situation, celle de rejoindre le royaume des ancêtres. Les rites funéraires, de génération en génération, sont transmises pour la sauvegarde de l’identité culturelle Dagara.o

Angelin DABIRE

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Kpagnane HIEN Lin, Inspecteur du Trésor, consultant expert en Micro-finance et Finances publiques : « Dans la tradition Dagara, il n’y a pas de mort naturelle »

« Un vieillard qui meurt en Afrique, c’est toute une bibliothèque qui brûle », disait avec amertume le sage Amadou Hampâté BA. Il est cependant heureux de constater que nombre de vieillards africains n’auront pas vécu inutilement d’autant que les graines qu’ils ont semées éclosent et donnent de belles plantes que sont certains jeunes fortement ancrés en leur culture et disposés à la promouvoir. En effet, certains jeunes détiennent de précieuses informations sur l’histoire, les us et coutumes de leur société et Kpagnane HIEN Lin est justement de ceux-là. C’est un jeune qui a subi les différentes initiations connues dans la société DAGARA. Balafonniste depuis sa tendre enfance, il n’hésite pas, malgré sa culture dite intellectuelle qui pouvait en être un frein, à exprimer son art en jouant de son instrument à l’occasion de certaines funérailles. C’est cet initié et imbu de la culture Dagara que nous avons rencontré pour vous. Ici, il nous éclaire sur le déroulement des funérailles en pays Dagara.o

Kpagnane HIEN Lin Comment sont organisées les funérailles en pays Dagara ? Quelles en sont les différentes étapes ?

Kpagnane HIEN Lin (K.H.L) Il y a deux séquences générales qui varient en fonction des régions Dagara car le Dagara, c’est trois peuples avec trois dialectes différents (Dagara wilé, Dagara lobi, Dagara Birifor). Ainsi, on distingue le commencement ou début des funérailles, qui est une phase douce et consiste en fait en l’information du décès. Après, on a la deuxième phase à travers laquelle on passe à une autre étape. On suppose à ce moment que l’essentiel de ceux qui doivent être autour du cadavre sont là. Dès lors, on passe à une phase de haute cantation, de célébration optimale du cadavre.

De façon concrète que se passe-t-il lorsqu’une personne décède chez le Dagara ?

K.H.L : Il faut dire d’abord que chez le Dagara lorsqu’une personne décède, l’objectif de tout ce qui se passe est d’enterrer le cadavre. La première des choses qui est visible et assez importante, c’est de trouver d’abord les fossoyeurs (en pays Dagara personnes initiées, chargées de creuser la tombe et d’enterrer le cadavre après différentes préparations). Mais avant, il y a une phase occulte avec les féticheurs, qui consiste à chercher à savoir de quoi est morte la personne avant de commencer ses funérailles. En effet, dans la tradition Dagara, il n’y a pas de mort naturelle, on meurt toujours pour quelque chose. Le Dagara croit en la réincarnation, ce qui fait croire que lorsque vous mourrez, il y a une raison qui fait qu’on vous a rappelé de votre mission sur terre pour que vous alliez continuer votre vie avec les ancêtres là où ils vous enverront. Il s’agira, dans la deuxième hypothèse, de la terre si les ancêtres estiment que vous n’avez pas bien rempli votre mission. Aussi pour savoir comment vous préparer, on cherche à savoir d’abord pourquoi vous êtes décédé.

Il paraît justement qu’il existe des lieux en pays Dagara où l’on peut aller consulter pour savoir de quoi une personne est décédée ?

K.H.L : L’occultisme a des degrés. Un simple fétiche peut vous révéler de quoi est décédé votre parent. Cependant, il y a des étapes supérieures telles la géomancie. Il y a effectivement un lieu dans l’actuel Ghana (les Dagara y ont des racines) où vous pouvez aller et dialoguer avec le cadavre qui vous dira pourquoi il est décédé et ce qu’il y a lieu de faire.

Y a-t-il effectivement des personnes chez le Dagara qui n’ont pas droit à des funérailles lorsqu’elles décèdent ?

K.H.L : Tout à fait. Il y a certains décès qui ne sont pas célébrés. Le décès de quelqu’un qui est inconnu du Dagara n’est pas célébré parce que pour que des funérailles débutent chez le Dagara, il faut que quelqu’un en prenne la responsabilité paternelle (ça peut être quelqu’un du même clan que le disparu). S’agissant d’un « étranger » qui viendrait à mourir en pays Dagara, on ne peut d’emblée célébrer ses funérailles, mais il sera tout de même enterré. Il y a aussi le cas du Dagara en faute avec les traditions qui est excommunié, banni de la société Dagara. De même, quelqu’un qui commet beaucoup de crimes (par sorcellerie ou empoisonnement par exemple) même à l’insu du peuple et qui par la force des choses passe aux aveux, sa mort approchant, n’a pas droit à des funérailles. Il y a aussi la personne, disons décédée d’une « mort foncière » c’est-à-dire qui est liée à une faute contre la terre ou les ancêtres. Dans ce dernier cas, pour que des funérailles du défunt puissent être célébrées, il faudra que ses parents paient une dette envers la terre ou les ancêtres. S’il n’y a personne pour payer, on enterre simplement la personne.

Les funérailles ont-elles la même dimension s’agissant d’un enfant, d’une femme, d’un ancien ou d’un notable ?

K.H.L : Non les funérailles n’ont pas les mêmes dimensions. L’enfant chez le Dagara quitte son état fœtus à l’âge de six jours ; ce qui correspond au temps qui s’écoule entre la tenue des jours du marché. Autrement, avant six jours, après la naissance, on n’est pas devenu homme. C’est comme si la maman avait avorté et le Dagara ne célèbre pas les funérailles d’avortons. Maintenant entre six jours et six mois on parle « d’enfant noir ». On le considère comme un être mais pas suffisamment mûr ce qui fait que seules les femmes pleurent le temps que la tombe soit prête. De six mois à au moins douze mois, si la maman est encore capable de porter une grossesse, les hommes vont aussi pleurer sans pour autant qu’on ne joue tous les instruments des funérailles. Seul le tambourin (tambour de forme allongée que l’on bat d’une seule baguette) est joué, le tambour intervenant cependant à un moment en attendant que la tombe soit prête. Maintenant à partir du moment qu’un enfant a un petit frère ou que ses promotionnaires ont des petits frères ou encore lorsque l’enfant marche, on parle d’homme normal.

Quand un tel enfant meurt par exemple le matin, on fera de courtes funérailles d’une journée, le temps d’informer les parents (au sens large) pour qu’ils arrivent. L’adulte, lui par contre, a des funérailles de deux nuits. Ça peut être donc deux nuits, trois jours. Si l’adulte est mort l’après-midi, on ne peut pas passer à la deuxième phase des funérailles (haute cantation) dont j’avais parlée plus haut le même jour. Il faut donc qu’on fasse cette phase-là le lendemain jour auquel on ne peut pas aussi arrêter les funérailles juste après cette phase.

Il faut donc aller forcément au surlendemain ce qui amène dans ce cas les funérailles à trois jours au lieu de deux. Pour un notable ou quelqu’un de très connu, on peut le garder autant de jours qu’il faut surtout s’il s’agit d’un notable traditionnel dont les funérailles nécessitent la préparation de dolo de funérailles qui se préparent en trois jours. De telles funérailles font au minimum trois jours donc pour que les gens boivent au moins ce dolo avant qu’on ne puisse procéder à l’enterrement.

Pourquoi du dolo dans une situation de tristesse ? Ça ne fait pas un peu réjouissances ?

K.H.L : Non, le dolo fait partie de la culture Dagara et cela reste tel. Dans toutes les pratiques du Dagara, interviennent des libations au dolo. Que ce soit les réjouissances ou les funérailles. Dans ce dernier cas, d’ailleurs, et s’agissant du décès d’une personne adulte et de référence qui verra des personnes venir de très loin pour les funérailles, il faut les entretenir mais dans le cadre strict des funérailles. A ce propos, c’est dommage qu’à certains décès, la famille du défunt résume les funérailles à la préparation de riz et autres au détriment de l’essentiel ; ce qui fait penser à des réjouissances.

Quand dit-on que telle personne a eu de grandes funérailles en pays Dagara ?

K.H.L : Cela renvoie d’abord à la durée, à la taille des funérailles (3 jours, 4 jours, 5 jours, etc.). Ensuite, cela ramène au nombre de personnes ayant participé car il y a des funérailles qui drainent pratiquement tout le peuple Dagara donnant lieu à un grand rassemblement.

Qu’est-ce qu’un catafalque ?

K.H.L : C’est le « PAALA » en Dagara. C’est le trône du cadavre pour le magnifier, pour l’élever parmi nous une dernière fois et le renvoyer aux ancêtres avec tous les honneurs dus au cadavre. Autour de ce trône figurent tous les emblèmes de la famille et du défunt.

Et la besace ? Que trouve-t-on à l’intérieur ?

K.H.L : La besace, c’est une peau de chèvre, de mouton ou de tout autre animal qui est tannée et dont le Dagara se sert (depuis longtemps) pour la conservation d’objets précieux tels les flèches, les cauris, etc. Quand quelqu’un sort sa besace, cela veut dire qu’il sort sa richesse, qu’il sort lui-même de son tréfonds. Donc, lorsque quelqu’un meurt, ceux qui sont vivants, pour prouver qu’ils ne sont rien sur terre, sortent de leur tréfonds en sortant leur besace pour accompagner le mort et reconnaître qu’ils ne sont rien sur terre ayant sorti leur besace devant tout le monde.

Quelles explications président au fait qu’on habille le défunt en tenue traditionnelle ?

K.H.L : Il s’agit d’une parure pour un voyage. Avec l’évolution, cette parure a également évolué et l’on y voit maintenant certains aspects ostentatoires. Mais l’esprit est qu’on va chez les ancêtres, dans un accoutrement approprié pour être reçu. Sans cet accoutrement vous ne serez pas reçu par les ancêtres et vous allez revenir ; toute chose (le retour du défunt) qu’on ressent dans la société Dagara. En effet, tant que le défunt n’est pas parti, reçu par les ancêtres, cela va déranger certaines personnes prédisposées qui à travers des recherches occultes, sauront que le défunt n’est pas parti et feront le nécessaire pour que celui-ci soit accepté et que les troubles cessent.

Il s’agit donc d’une parure faite en tenant compte du voyage (vers les ancêtres) et de la conservation du corps. Selon que c’est un homme ou une femme, on fait d’abord un sous-vêtement en tenue traditionnelle découpée en trois ou quatre morceaux et arrangée puis porté au défunt ou à la défunte avant de lui mettre les parures publiques (visibles de tous). De même, un coq et un arc accompagnent l’homme tandis qu’une louche et une calebasse accompagnent la femme pour le royaume des ancêtres.

Justement, parlant de différence entre hommes et femmes, on dit que cela ressort à travers l’orientation du catafalque ?

K.H.L : C’est juste, les funérailles d’un homme et d’une femme ne se célèbrent pas de la même manière. Au niveau du rythme des balafons, il y a une différence. Au niveau des vêtements aussi et de l’orientation du trône. Le trône, dans le cas d’un homme, est tourné vers l’Est comme pour lui rappeler car le soleil levant, lui doit se lever avant le soleil. Et pour la femme, le trône est tourné vers l’Ouest comme pour lui rappeler que le soleil se couchant, elle doit être prête dans ses travaux domestiques afin que, la famille puisse manger et dormir. La philosophie en la matière est que l’homme travaille en se référant au lever du soleil et la femme à son coucher. D’ailleurs il s’agit des deux points cardinaux reconnus par le Dagara au lieu de quatre enseignés par le Blanc.

Pourquoi en cas de décès d’un des leurs en ville, les Dagara ont toujours tendance à rapatrier le corps du défunt au village ?

K.H.L : Il faut à ce niveau relever que ce n’est pas une tradition et donc pas une obligation. Dans l’ancien temps, le pouvoir occulte faisait que le Dagara pouvait rapatrier un cadavre sans que personne ne sache que s’en est un. Il momifiait le corps et on transférait l’âme du défunt dans un bâton qui était remis à quelqu’un qui le guidait. Le cadavre, malgré son état, suivait alors exactement son guide où qu’il aille, jusqu’à destination finale, sans que les yeux alentours ne sachent qu’il s’agit en fait d’un mort. C’est une pratique qui se faisait mais ce n’est pas une tradition que de ramener le corps au village. Ce qui est obligatoire, c’est le transfert des derniers vêtements portés par le cadavre au village (là où est né le défunt) quel que soit le temps que cela peut prendre. On peut donc enterrer le Dagara en ville et acheminer ses « saletés », comme on les appelle (derniers vêtements) ; qui sont la preuve de son décès toute chose qui donne lieu aux funérailles. Même si vous faites des funérailles en ville, elles se réfèreront des « saletés » arrivées au village.o

Angelin DABIRE

L’Opinion

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