Première pluie de l’année à Ouaga : Alerte aux services techniques municipaux

La canicule ces dernières semaines à Ouagadougou était des plus insupportables. Le souhait de tous était alors qu’une pluie bienfaisante vienne enfin faire retomber le mercure, ne serait-ce que pour quelque temps.

Le 26 avril 2010, le vœu des populations a été exaucé, le ciel ayant finalement accepté d’ouvrir ses vannes en fin de journée pour arroser la capitale burkinabè. Cette première grande précipitation de l’année, qui survient de surcroît en avril et qui était très attendue, a permis d’enregistrer 40,3 mm au Centre de météorologie principal (CMP) de Ouagadougou. Le vent qui l’accompagnait a provoqué des chutes d’arbres à travers la ville, et des caniveaux débordés… parce que bouchés, ont fait resurgir les tristes souvenirs d’un 1er septembre 2009 chez bon nombre de Ouagavillois. Une alerte donc aux services techniques municipaux, qui doivent rester sur le qui-vive et prendre des dispositions à temps.

Beaucoup l’attendaient, et elle est enfin venue. Appelée « pluie des mangues » par certains, la précipitation du 26 avril 2010 a été très bien accueillie par les citadins, qui étouffaient littéralement. La température est visiblement retombée, et les retenues d’eau ont été renflouées. Toutefois, les désagréments que les eaux et le vent ont provoqués dans certains quartiers ne sont pas sans rappeler, à un degré moindre, les vicissitudes du 1er septembre de l’année dernière, dont le souvenir est encore vivace dans les mémoires. Cette pluie du lundi passé, de par son ampleur, a d’autant plus donné des frayeurs qu’elle est intervenue quelques heures seulement après une visite du Premier ministre, Tertius Zongo, à Yagma, site qui abrite une trame d’accueil des victimes du déluge de septembre 2009.

Au matin d’hier mardi, le climat était passablement paisible, mais le visage de la ville de Ouagadougou, à s’y méprendre, ressemblait for bien à celui d’un capharnaüm. Sur le macadam, les eaux avaient charrié des tas d’immondices, par endroits des arbres d’âges variés avaient été terrassés, et la circulation semblait plus dense qu’à l’accoutumée. Du côté de la direction des aménagements paysagers (DAP), service relevant de la mairie de Ouagadougou, on reconnaît que la pluie du 26 avril 2010 est la toute première grande averse de l’année en cours. Elle a été très importante au regard de la quantité d’eau mais aussi de son rayon de couverture. La capitale dans sa presque totalité, a été touchée. Sa caractéristique principale a été le vent.

Eviter de s’abriter sous les arbres en temps de pluies

Au niveau de la DAP, signale le premier responsable des lieux, Issa Savadogo, dès la fin de la pluie, l’autorité les a saisis d’une chute d’arbre en ville, précisément sur l’avenue d’Oubritenga. Avec ses agents, il s’est aussitôt rendu à l’endroit indiqué, et la voie obstruée a été dégagée avec diligence. Le constat général est qu’une dizaine d’arbres ont subi des dommages (déracinés ou ayant eu leurs branches arrachées) par suite du vent. Un caïlcédrat, dit monsieur Savadogo, est tombé sur un mur derrière l’état-major de la Gendarmerie, occasionnant des dégâts importants. Aucune perte en vie humaine, heureusement, n’a été déplorée. Cultiver un esprit écocitoyen

De part et d’autre de la nouvelle voie menant du commissariat de Sigh-Noghin au rond-point de Tanghin, des aménagements ont été faits. Des Flamboyants et des caïlcédrats ont été mis en terre depuis l’an passé. Ils ont aujourd’hui fière allure. Malheureusement, quelques-uns, notamment les caïlcédrats, ont été touchés par le vent du lundi soir. Cette dernière espèce, explique le directeur de la DAP en bon inspecteur des Eaux et Forêt, développe ses racines de façon latérale. Avec l’écoulement des eaux, son contact avec le sol se trouve fragilisé, d’où sa chute quand survient de grands vents. Il assure cependant que les arbres déracinés, suivant leur taille, seront redressés.

Ceux qui ne peuvent pas l’être seront purement et simplement arrachés et remplacés par d’autres, plus jeunes. C’est du reste ce que nous avons pu constater du côté de la Cité an III, où des agents étaient à l’œuvre pour tailler des essences endommagées. Des dispositions ont toujours été prises au niveau de la DAP pour éviter des désagréments dans la ville. Cette démarche se poursuit, mais, conseil du spécialiste, avec l’installation très prochaine de l’hivernage, les uns et les autres doivent faire très attention : en temps de pluies, les endroits boisés sont à éviter ; s’abriter sous les arbres pendant qu’il pleut est à proscrire.

La hantise des populations quand les nuages s’amoncellent sur la capitale, c’est les inondations, imputables la plupart du temps aux caniveaux et canaux bouchés, si ce n’est tout simplement à leur absence notoire. Dans la commune de Ouagadougou, précisément à la direction de la propreté, on est très remonté contre le comportement peu citoyen d’une frange de la population de la ville, qui passe outre les mesures de bonne utilisation des infrastructures pour le drainage des eaux pluviales : nombreux en effet sont ceux qui, à Ouagadougou, n’hésitent pas à jeter les ordures ménagères dans les caniveaux, se souciant peu de ce qui adviendra à la première goutte de pluie.

Ce sont là des attitudes irresponsables qui portent préjudice à tous les citoyens, les fautifs en premiers, qui, à l’occasion, ne manquent pas de monter sur leurs grands chevaux pour fustiger la municipalité, oubliant que par leurs agissements ils contribuent énormément à annihiler des efforts consentis au coût de millions de francs CFA. La direction de la propreté, qui s’occupe du curage des caniveaux, conformément à une de ses cinq missions, selon son directeur, Sidi Mahamadou Cissé, de janvier à décembre est sur le terrain.

Très bientôt, des sociétés privées et associations seront mises à contribution dans le travail de curage, afin que l’essentiel soit fait avant l’installation effective de la saison hivernale. Et monsieur Cissé d’inviter les Ouagalais à avoir un comportement écocitoyen pour éviter ainsi à la commune de recommencer à chaque fois le dégagement des canalisations de la ville, situation qui grève sérieusement son budget. Deux cours inondées à Samandin et à Ouidi

40,3 mm, c’est la quantité d’eau tombée, le lundi 26 avril dernier, sur Ouagadougou. Une telle précipitation à cette période de l’année est une situation exceptionnelle. En tout cas, cette pluie a provoqué la frayeur chez nombre de Ouagalais dans quelques localités de la capitale, qui ont encore en mémoire le déluge du mardi noir de septembre 2009.

C’est le cas de certains quartiers de l’arrondissement de Boulmiougou, notamment Pissy et Nonsin (secteur 19), où l’eau était, par endroits, à hauteur de hanches. Ce ne sont pas les riverains de la voie principale du secteur 19, actuellement en bitumage, qui diront le contraire ; eux qui ont eu mille et une difficultés à accéder à leurs habitations, qu’elles soient à l’est ou à l’ouest de l’axe ferroviaire Ouaga-Kaya. Car, que ce soit sur la route en chantier ou sur les déviations, l’eau était partout présente.

Est-ce un avant-goût de ce qui les attend à la prochaine saison pluvieuse ? C’est la question que se posent beaucoup de riverains de l’axe principal du secteur 19. Tout en se réjouissant de pouvoir bientôt rouler sur du bitume, leur crainte est que d’une part les cassis ou d’eau d’âne ne constituent des dangers pour les habitations des alentours et que l’absence de caniveaux n’engendre des inondations dans leurs habitations. Cependant, ironie du sort, d’autres quartiers, à l’image de Karpaala et de la Patte-d’oie, n’ont pratiquement pas été arrosés.

Nous nous sommes rendus à l’aéroport de Ouagadougou, précisément au Centre de la météorologie principale (CMP) pour comprendre davantage cette pluie inhabituelle au mois d’avril. Et selon Enok Kaboré, le chef du Centre, « il faut mettre cela sur le compte d’une situation exceptionnelle. C’est juste de façon locale qu’une cellule orageuse s’est développée à partir du nord du pays et s’est étendue jusqu’au Centre. Et là aussi, il y a des secteurs qui en ont été privés, même s’il y en a qui effleure les inondations ».

Au niveau du CMP de Ouagadougou, il a été relevé 40,3 mm d’eau tombée sur Ouagadougou, lundi dans l’après-midi. A en croire monsieur Kaboré, toutes les conditions étaient réunies pour qu’on ait une telle pluie : « Depuis pratiquement 10 jours, nous étions soumis à un flux de mousson qui avait même occasionné de faibles pluies à Ouaga, à Fada, à Gaoua, etc. C’est cette mousson qui s’est renforcée, et avec des conditions locales suffisantes, la cellule orageuse s’est formée », a expliqué le chef du Centre de la météorologie principale de Ouagadougou. Ce serait la saison pluvieuse qui s’installe ?

Il est encore prématuré, a fait observer Enok Kaboré, de parler d’installation de l’hivernage. Cependant, a-t-il ajouté, « il faut reconnaître que l’ouest et le sud-ouest du pays sont en avance sur le Centre et le Nord en la matière, vue la position actuelle du front intertropical ». A titre indicatif, notons qu’entre lundi à 9 h et mardi à la même heure, la météo a enregistré des pluies à Fada (0,3 mm), à Dori (0,5 mm), à Dédougou, (21 mm), à Bobo-Dioulasso (3,4 mm) et à Boromo (3,8 mm).

Du côté de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers, le commandant de la 1re compagnie, Ibrahim Compaoré, nous a fait cas de deux cours inondées à Samandin (secteur 7) et à Ouidi (secteur 11) ; un corps sans vie a été repêché au barrage n° 2 de Ouagadougou aux environs de 6h20. On note déjà 15 sinistrés, d’une même famille au secteur 7.

Ils ont été hébergés par la mairie de Baskuy dans une école, selon le commandant Compaoré. Concernant les habitants de la cour sinistrée de Ouidi, les dégâts qu’ils ont enregistrés ne seraient pas assez énormes pour nécessiter leur hébergement. Occasion donc de tirer de nouveau la sonnette d’alarme afin que des mesures idoines soient prises à temps pour éviter un « 1er-Septembre bis ».

D. Evariste Ouédraogo et Mohamed Arnaud Ouédraogo (stagiaire)

L’Observateur Paalga

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