Déficit céréalier dans le Sahel : Ruée sur des céréales à prix social

Depuis avril dernier, des céréales sont mises en vente au prix social de 11 000 FCFA le sac de 100 kg dans 20 provinces déficitaires du Burkina. Pour mieux apprécier le déroulement de l’opération, le directeur général (DG) de la Société nationale de gestion du stock de sécurité alimentaire, Charles Sawadogo, a effectué, les 3 et 4 mai 2010, une sortie avec la presse dans le Sahel. A Dori, à Gorom-Gorom et à Djibo, c’était la ruée sur les céréales.

Au bilan de la campagne agricole écoulée, les structures de veille sur la sécurité alimentaire de notre pays ont recensé 20 provinces en déficit céréalier. Et les enquêtes effectuées en février 2010 dans les différents marchés ont fait ressortir une tendance à la hausse des prix du sorgho, du mil et du maïs dans les zones concernées dont Dori, Gorom-Gorom et Djibo dans le Sahel et même Ouagadougou dans le Centre.

Face à cette situation, le gouvernement a initié une vente de céréales à prix social dans lesdites localités, au profit des personnes vulnérables. C’est dans ce cadre que le DG de la SONAGESS, Charles T. Sawadogo, et deux de ses proches collaborateurs sont sortis avec la presse, les 3 et 4 mai derniers, dans la région du Sahel.

L’objectif, s’imprégner de l’exécution de l’opération et échanger avec les acteurs qui y sont impliqués, à savoir les responsables des structures décentralisées du Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR).

L’opération, a indiqué le DG de la SONAGESS, se déroulera en trois phases sur un trimestre (avril, mai et juin) au profit de vingt provinces où des zones à risques alimentaires ont été identifiées. C’est pour ce faire, a-t-il poursuivi, que le gouvernement a instruit la SONAGESS de mettre à la disposition de ces localités 11 000 t de céréales, étalées sur un trimestre, soit 3500 t par mois, ce, à compter d’avril dernier jusqu’à juin.

A Dori, à Gorom-Gorom et à Djibo, cette opération de vente de céréales à prix social a drainé du monde. C’est la preuve, dira le DG de la SONAGESS, que l’initiative du gouvernement était opportune.

Car ces céréales, les populations les attendaient impatiemment, surtout comme l’attestera le directeur provincial de l’Agriculture de l’Oudalan, Ernest Ouédraogo : « Les stocks familiaux étant épuisés, les populations s’approvisionnaient depuis un certain temps dans les marchés de Djibo, Pouytenga et Ouagadougou où les prix avaient grimpés ».

Charles Sawadogo estime qu’avec les ressources mises à la disposition de la SONAGESS, 8,5 milliards de FCFA pour acquérir les céréales et les octroyer à 11 000 FCFA le sac de 100 kg, les populations des provinces déficitaires seront soulagées. Il pense également que l’opération est intervenue au moment opportun, surtout dans le Sahel où le petit mil, l’élément de consommation de base dans cette région, coûtait près de 21 000 FCFA le sac de 100 kg vendredi dernier.

Bref, c’est pour donc toucher du doigt le déroulement de cette campagne que le DG de la SONAGESS, Charles Sawadogo, s’est rendu dans le Sahel, la région qui connaît, de façon régulière, depuis quelques années des déficits céréaliers. Cette sortie qu’il a faite, accompagné d’une équipe de la presse nationale, lui a permis de mesurer la pertinence de l’opération.

En tout cas, malgré la canicule qu’il faisait dans cette région du Sahel, les habitants se sont déplacés massivement dans les magasins de la SONAGESS à Dori, à Gorom-Gorom et à Djibo. Dans la première ville citée, le chef-lieu de la province du Séno et de la région du Sahel, l’opération s’est déroulée en présence du secrétaire général de la province, Saïdou Sankara. L’un des critères pour être bénéficiaire, a-t-il rappelé, c’est d’être d’abord résidant et en situation de vulnérabilité.

A l’en croire, toutes les mesures sont prises pour éviter les éventuels spéculateurs des céréales. C’est ainsi que les personnes concernées, après avoir été recensées, doivent se présenter devant le gérant local du stock SONAGESS munies de leur carte de famille dont la taille est prise en compte dans la détermination du nombre de sacs à offrir.

Pour le SG du Séno, certains villages, qui ont des difficultés à mobiliser les ressources financières, tardent à venir enlever leur stock. Ils attendent donc de pouvoir vendre quelques animaux pour disposer des ressources nécessaires avant de se présenter. Ces derniers veulent également éviter de brader leurs animaux.

Mais, a rassuré M. Sankara, toutes les précautions sont prises pour empêcher l’évasion de ces vivres au-delà de la frontière. Les forces de sécurité et de défense, a-t-il dit, sont mobilisées à cet pour veiller à ce que les céréales ne sortent pas de la province. Toutefois, concède-t-il, lorsqu’il s’agit de quelque deux sacs, il est difficile d’être très sévère surtout quand on sait qu’il y a le sens inverse également.

C’est le cas au Seitenga, un département frontalier avec le Niger, qui, avec 181 tonnes de céréales, est à seulement 40% d’écoulement, après un mois de vente. C’est la preuve, a-t-il conclu, que la fuite des céréales vers d’autres localités est maîtrisée. Saïdou Sankara est convaincu que l’opération, qui s’étale sur trois mois, va réguler les prix sur les marchés. En considérant le sac de petit mil à 21 000 FCFA, il estime que l’initiative du gouvernement mérite d’être saluée.

Sur la question du risque d’achat par d’éventuels spéculateurs ou d’évasion hors des frontières, le DG de la SONAGESS, Charles Sawadogo, a rassuré qu’à ce niveau, le Burkina a la chance de disposer d’une structure, le CONASUR, qui est décentralisée jusqu’aux villages : le Conseil provincial (COPROSUR) présidé par le haut-commissaire, le Conseil départemental (CODESUR) par le préfet, qui collabore avec les maires et les conseillers municipaux jusqu’au niveau du village, et le Conseil régional par le gouverneur.

C’est d’ailleurs tous ces acteurs qui participent, avec des techniciens de l’Action sociale, à l’identification des personnes vulnérables devant bénéficier de ces céréales à prix social suivant des critères bien précis.

C’est à Djibo, dans la province du Soum, que le DG de la SONAGESS a bouclé la sortie avec la presse. Partout, les populations ont loué l’opération de vente de céréales à prix social et leur souhait est qu’elle s’étende jusqu’en septembre.

Hamidou Ouédraogo

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