Contre-jour

Epidémie de méningite
Pas de vaccin contre l’agent pathogène

Comme pratiquement chaque année à la même période, l’épidémie de méningite sévit encore au Burkina. A la date du 18 avril, ce sont au total 5118 cas suspects de méningite qui ont été détectés sur l’ensemble des formations sanitaires du pays. On dénombre officiellement 718 décès à la même date. Les premières analyses de laboratoires ont permis d’identifier dans les premiers districts touchés, le Neisseria Meningitidis A comme germe responsable de l’épidémie et des campagnes de vaccination à l’aide du vaccin antiméningococcique A+C ont été menées. Mais au cours du mois de mars, la poursuite de la surveillance et de la recherche ont permis aux laboratoires d’identifier une nouvelle souche de méningocoque. C’est le Neisseria meningitidis X. Ce nouveau germe a été trouvé dans des échantillons provenant de 14 districts sanitaires. Il s’agit de Séguénéga, Gourcy, Toma, Pouytenga, Ouahigouya, Bogodogo, Nongremassom, Ziniaré, Djibo, Barsalogho,Boulsa, Kongoussi, Solenzo et Dandé. Le problème, c’est qu’ "il n’existe aucun vaccin contre le Neisseria meningitidis X, à ce jour, dans le monde", selon le ministre de la Santé, Seydou Bouda. Mais pas de panique, assurent les responsables de la Santé. Ce nouveau germe réagit aux médicaments utilisés actuellement pour soigner les autres formes de méningite telles que le A, le Y ou le WBC. Les antibiotiques retenus dans le protocole thérapeutique national actuellement sont efficaces contre cette forme de méningite si le patient se présente à temps dans un centre sanitaire. La méningite due au méningocoque X a les mêmes symptômes que les autres formes de méningite. Ça commence généralement par une fièvre d’apparition brutale accompagnée de céphalées et souvent de vomissements. Chez l’enfant de moins d’un an, on trouve habituellement une fièvre associée à un bombement de la fontanelle et des vomissements. Les personnes les plus touchées actuellement sont des jeunes pour la plupart. Environ 90% des malades souffrant de méningite due au méningocoque X ont moins de 30 ans. Face à l’absence de vaccin, la stratégie optée par le gouvernement est axée sur la prise en charge des malades dans les formations sanitaires. Cette forme de méningite n’est pas nouvelle. Elle a été découverte vers les années soixante en Occident. Le germe a quelques fois été trouvé au Burkina mais n’est pas à l’origine des épidémies. C’est surtout au Niger que ce germe a provoqué une grande épidémie. Jusque là, ce sont les méningocoques A, C, Y et le W 135 qui sont les plus connus au Burkina pour lesquels les vaccins sont disponibles grâce à l’appui et à l’intervention des partenaires extérieurs. Selon le ministre de la Santé, le gouvernement avait déjà pris des mesures pour constituer un stock de sécurité de 839 000 doses de vaccins antiméningococciques A+C en début de saison et a acquis 390 000 doses de vaccins supplémentaires.

Moussa Zongo


Prix de Lutte Anti Corruption
Trois journalistes récompensés


Le Réseau National de Lutte Anti Corruption (REN/LAC) a rendu public les résultats du Prix Anti corruption (PLAC) édition 2009 le 10 avril dernier. Le premier prix d’une valeur de 500 000f, d’un trophée et d’une attestation est revenu pour la deuxième fois consécutive à Hervé Taoko du bimensuel le Reporter. Ce prix lui a été décerné pour son article " Douane et gendarmerie de Banfora : l’affaire qui dérange ", publié dans le N°35 en décembre 2009. Le deuxième prix est revenu à Newton Ahmed Barry de L’Evénement pour son article : " Tribunal de Bobo-Dioulasso : odeur de cigarettes au palais ". Valeur du prix, 350 000f et une attestation. C’est notre confrère F . Quophy de l’hebdomadaire le Journal du jeudi (JJ) qui a décroché le 3e prix. Son article intitulé " Faux et usage de faux dans l’administration : le cerveau est un brave instituteur de brousse " publié le 4 novembre 2009 a retenu l’attention du jury. Il obtient lui aussi une attestation et un chèque de 250 000f. Le prix de Lutte Anti Corruption a été initié par le REN/LAC pour encourager les journalistes qui, malgré les difficultés liées à l’exercice du métier, prennent des risques pour enquêter et dénoncer les pratiques de corruption. Cette année, c’est un jury de 5 personnes présidé par le magistrat Réné Bagoro qui a délibéré sur l’ensemble des productions qui lui ont été soumises. Ce sont au total 20 articles publiés dans L’Evénement, le Reporter, L’Indépendant et le Journal du jeudi qui ont été présentés au jury. La tendance de la participation est à la baisse (55 en 2007, 38 en 2008). Une situation que le jury a déplorée. On note aussi, la non participation des quotidiens au Prix de Lutte Anti Corruption. La cérémonie de remise des prix a été organisée en marge de la 10e assemblée générale du REN/LAC. Les membres de la structure ont adopté le programme d’activités 2008-2012. Un plan stratégique axé sur la production des connaissances sur la corruption au Burkina, l’information, la sensibilisation et l’organisation citoyenne contre la corruption, du plaidoyer et du lobbying en vue d’influencer les politiques de lutte contre la corruption. Cette 10e assemblée a été aussi l’occasion pour les membres de la structure de renouveler l’instance dirigeante. La confiance a été renouvelée au Pr Blaise Sondo qui doit rempiler pour un nouveau mandat de 3 ans en tant que secrétaire exécutif.

Moussa Zongo

CGD
Les sondages d’opinion révèlent les attentes des citoyens

Les pays africains n’ont pas une culture des sondages d’opinions. C’est sans doute parce que les décideurs ne prennent pas en compte les opinions des populations dans les politiques de développement. Mais de plus en plus, des structures ou organisations s’investissent dans la réalisation des sondages d’opinions pour mesurer la perception des populations sur un sujet qui les touche directement. Afrobaromètre réalise depuis quelques années des sondages d’opinions dans certains pays africains, sur la démocratie, la bonne gouvernance, la corruption etc. Il a déjà fait des études sur plusieurs thèmes avec le Centre pour la Gouvernance Démocratique (CGD) au Burkina. Le 13 avril dernier, il a donné une formation sur l’utilisation des données du sondage d’opinion par les journalistes.
Selon le formateur, les sondages d’opinions permettent de sensibiliser et d’informer les différentes composantes de la société et de disséminer les données de l’enquête. Les avantages sont très nombreux. Les sondages d’opinions sont d’abord une source d’informations. Elles permettent normalement aux dirigeants, aux décideurs de réussir leurs politiques ou projets en tenant compte des attentes des populations. Ils font ressortir des tendances et des points remarquables qui aident à déterminer les causes profondes des phénomènes. Sur la démocratie par exemple, un sondage permet de recueillir des informations claires et précises des Africains sur la démocratie telle qu’ils la perçoivent et la vivent. L’avantage de ce sondage sur la démocratie, c’est d’éclairer et amener chacun vers de véritables actions politiques.
Le communicateur reconnaît que les sondages d’opinion sont des questions sur lesquelles il est difficile d’avoir des faits. Mais cela n’enlève rien à la qualité et à l’importance de ces sondages. C’est toujours un indicateur, un instrument pour mesurer l’opinion publique.
Les sondages obéissent à une démarche scientifique d’où ils tirent leur crédibilité. Il s’agit d’émettre des hypothèses et de les vérifier sur le terrain avec des indicateurs testés par des spécialistes. Adama Tiendrébéogo du CGD avertit que le sondage n’est pas un recensement et il y a des conditions de validités bien définies.

Abdoul Razac Napon

L’AEEMB célèbre la solidarité


L’Association des Elèves et Etudiants Musulmans au Burkina (AEEMB) passe un autre palier dans la manifestation de sa solidarité. Pour la cinquième année consécutive, une cérémonie solennelle a été organisée pour magnifier les vertus de ce comportement "solidarité" qui est bien plus qu’un mot pour les fidèles musulmans. Après quatre éditions de " la journée nationale de la solidarité islamique ", l’AEEMB a organisé cette année une " semaine nationale de la solidarité islamique ". En passant d’une journée à une semaine, l’Association veut manifester plus de solidarité envers ses militants, ses sympathisants et toutes les personnes qui seraient dans le besoin. En plaçant cette semaine de solidarité sous le thème " Les valeurs sociales des pratiques cultuelles en Islam ", le Président de l’AEEMB, Noufou Tiendrébéogo, rappelle que "la solidarité, une valeur cardinale de notre religion, a une valeur spirituelle et sociale". En ce sens, le président voit en elle une pratique religieuse qui établit dans la verticalité un lien solide entre l’Etre et son Créateur et dans l’horizontalité, une consolidation des relations de l’Hommes avec ses semblables. Pour cette première édition de la semaine nationale de la solidarité, l’AEEMB a choisi une de ses sœurs pour parrainer l’événement. Mme Bationo qui s’est dite honorée de parrainer cette importante activité disait à ses frères et sœurs que la solidarité ne doit pas être un vain mot sur leurs lèvres. Pendant une semaine, du 10 au 18 avril, des contributions de toutes natures ont afflué au siège de l’AEEMB. Cette semaine a été également une occasion pour les élèves et étudiants musulmans de signer un protocole avec le Centre national de transfusion sanguine (CNTS). Les militants de l’AEEMB témoignent être de potentiels donneurs de sang. Le samedi 17 avril, dans le cadre de la semaine de solidarité, les frères et les sœurs ont donné un peu de leur précieux liquide au profit du CNTS pour sauver des vies. Faisant foi à l’adage " Qui donne aux pauvres prête à Dieu ", l’AEEMB veut pérenniser la semaine nationale de solidarité islamique d’autant que cette solidarité trouve des fondements dans le Coran comme dans les récits du prophète.

Boukari Ouoba

La politique et le droit à la concurrence
Le droit de concurrence n’est pas respecté au Burkina

Le droit à la concurrence est peu connu des Burkinabè. Pourtant, la politique et une loi de la concurrence existent au Burkina depuis 1990. C’était une des exigences du Programme d’ajustement structurel (PAS). Le Centre d’Etude, de Documentation et de Recherche Economique et Sociale (CEDRES) a initié une série de formation sur la politique de la concurrence au profit des parlementaires, des médias du 10 au 14 avril dernier.
La politique de la concurrence s’est faite d’abord au plan national, puis dans l’espace communautaire. Des règles de jeu de la concurrence sont définies dans les organisations sous régionales comme l’Union économique et monétaire Ouest-africaine (UEMOA) et internationale à travers l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Une structure nationale autonome a été mise en place en 1994 pour veiller au respect des règles de la concurrence. En cas d’abus, toute personne physique ou morale peut la saisir pour statuer sur un cas de pratique anticoncurrentielle. Cette Commission Nationale de la Concurrence et de la Consommation est chargée de réguler la concurrence. Elle peut s’autosaisir pour enquêter et statuer sur une pratique jugée anticoncurrentielle.
L’objectif de la politique anticoncurrentielle est de protéger les consommateurs, de lutter contre l’inflation et d’inciter la compétitivité des entreprises. Il s’agit de permettre aux entreprises de lutter à armes égales. Cette politique vise aussi à assurer une meilleure adéquation des ressources impliquées dans la concurrence. La concurrence a des effets bénéfiques pour les consommateurs. Dans sa communication, le consultant Guy Charrier a affirmé que la concurrence permet d’assurer un surplus aux consommateurs. Elle stimule la production et la perfection. L’offre est grande, ce qui entraîne un tassement des prix et une amélioration de la qualité. Le consommateur a également une multitude de produits et choix.
La politique de la concurrence est nécessaire pour l’économie, parce qu’elle protège toutes les entreprise, combat les abus des positions dominantes, les monopoles, l’exclusivité. C’est pourquoi le CEDRES pense que la politique de la concurrence est importante pour le progrès social. Le Communicateur résume les principales vertus de la concurrence, à la liberté d’agir, la liberté d’action, et la fluidité.
C’est au regard donc des bienfaits de la politique de concurrence que le CEDRES souhaite l’installation au Burkina d’une culture de la concurrence.
Au Burkina, les textes sur la concurrence existent, mais ils ne sont pas appliqués. Le comité national ne joue vraiment pas son rôle. Si la commission explique cette inefficacité par le manque de moyens, la principale raison reste le manque de volonté politique.
En mai 2002, la législation communautaire en matière de concurrence a été adoptée. Cette législation est entrée en vigueur à partir du 1er janvier 2003.
Elle traite des règles concernant les pratiques anticoncurrentielles des entreprises, à savoir les ententes et les abus de domination, les concentrations d’entreprises, les aides publiques susceptibles de fausser la concurrence, les relations financières des Etats membres. Comme on peut le constater, il y a deux catégories de règles, à savoir celles relatives aux entreprises et celles relatives aux Etats.
Les textes des règlements et de la directive précisent les structures. Le Comité consultatif de la concurrence n’est pas opérationnel. Or, son avis doit être requis par la Commission sur toutes les affaires en matière de concurrence.

Abdoul Razac Napon

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