Camp de chasse du Singou : Une randonnée au cœur de la plus grande réserve protégée du Burkina

Singou. Un nom pas très connu. Pourtant, c’est la plus grande aire protégée du Burkina. Environ 180 000 ha de superficie. Un campement avec toutes les commodités loin de l’air pollué des villes. Des carnivores aux herbivores, de la volaille aux reptiles, des aquatiques aux grimpeurs, on y découvre presque tout. Cette concession de chasse est l’une des plus giboyeuses de la région de l’Est, voire du Burkina.

800 km de pistes aménagées à l’intérieur d’un vaste territoire. Une dizaine de mares curées pour permettre aux bêtes de ne pas faire de longues distances pour s’abreuver. Des forages localisés par des agents du ministère en charge de l’hydraulique, des plaques solaires en vue. Tout est mis en œuvre pour que cette brousse qui s’étend à des milliers de kilomètres représente un paradis pour les animaux qui y vivent. Pour les visiteurs et chasseurs aussi. Le concessionnaire Frank Alain Kaboré a beaucoup investi dans cette zone pour lui permettre de mériter sa place. Près de 800 millions y ont été injectés.

Bien avant d’entrer dans cette forêt située à 14 km de la nationale n°4 à 70 km de Fada N’gourma, se dresse un campement avec toutes les commodités : chambres climatisées ou ventilées, restaurant-bar, des cuisiniers de métier, des jeux de société, un espace éclairée. Difficile d’imaginer que l’on se trouve dans une campagne burkinabè. Après l’admiration de ce chef d’œuvre, chemin est pris pour le tourisme de vision ou la chasse, c’est selon.

Le plus intéressant est à venir

Pour notre première visite en ces lieux en ce mois d’avril, nous étions déjà ébahis de trouver un tel confort en pleine brousse. Mais, le plus intéressant était à venir. Après un bon café, direction la brousse aux environs de 6h. A bord de la voiture de chasse : un guide, un chasseur, un porteur, un chauffeur et l’équipe de visiteurs. La randonnée démarre. A peine, un kilomètre nous apercevons le premier plus gros animal de cette réserve faunique qui s’étend à perte de vue. Un éléphant solitaire, puis deux, puis cinq et finalement nous ne savons plus combien ils en étaient.

Sur la route il faut descendre de temps en temps pour débarrasser le chemin. Des troncs d’arbres de toutes les tailles obstruent le passage. Cela n’est qu’une illustration du sport favori des pachydermes : arracher des arbres ou les casser depuis le tronc. Puis, on aperçoit pêle-mêle des ourébis, des cobs défassa, cob de buffon, cob de rédunca s’échappant à l’entendement du bruit du véhicule de chasse. Des bubales, des céphalophes à flancs roux, céphalophes de grimm, des buffles apeurés, des phacochères ou encore des familles entières de singes vont d’arbre en arbre.

Plus loin, nous apercevons un lion dévorant un coba. Peut-être pour nous rappeler que nous sommes dans la jungle et il faut rester vigilants. A notre stationnement à 50 m, il nous laisse son déjeuner et disparaît dans la forêt. La randonnée se poursuit. Nous visitons le campement de brousse qui est maintenant inhabité car la saison de chasse est presque close. Le groupe électrogène est ramené au campement principal. Puis nous parcourons trois mares, les deux premières sont asséchées mais la troisième doit son humidité à la pluie de la veille.

Des forages pour fidéliser les animaux

Dans ces trois points d’eau, le guide Philippe Soré, responsable du ranch du Singou nous présente des forages qui devaient servir, grâce à des plaques solaires, de garder l’eau dans les mares en toutes saisons. Ce qui permettrait de « fidéliser les animaux et les empêcher d’aller chercher l’eau ailleurs ». « Ce qui faciliterait également la chasse car on sait où et comment trouver facilement les animaux que nos touristes souhaitent chasser », précise-t-il.

C’est au bord des larmes qu’il nous souligne que tous les travaux entrepris sont arrêtés par une décision du gouvernement. En attendant le feu vert de la partie gouvernementale, tous scrutent le ciel jour et nuit en espérant une éventuelle pluie bienfaisante. Nous visitons une bonne dizaine de mares par la suite avec des explications de M. Soré.

Midi, l’heure de la pause. Une question nous traverse l’esprit : comment allons nous manger. A peine, cela nous effleure l’esprit que Salifou, celui qui semble être le plus expérimentée des chasseurs tirent et abat quelques volailles (pintades et perdrix). Le déjeuner est gagné. Au bord d’une mare, nous allumons le feu et la grillade commence. Quelques animaux viennent de temps en temps s’abreuver. Une bonne centaine de crocodiles bien nourris et des hippopotames baignent dans cette mare bien pleine. De temps en temps quelques crocodiles sortent prendre un bain de soleil avant de rejoindre l’eau. Ce qui n’a pas manqué d’augementer notre émerveillement. Il en est ainsi pour tous les touristes qui passent à Singou.

De lionceaux ont failli gâcher la randonnée

Mais avant d’en arriver là, une famille de lions a manqué de gâcher la randonnée. A un kilomètre du point d’eau, l’équipe descend pour marcher en fil indienne et sans bruit. Objectif : voir de près les bêtes sauvages. D’abord un troupeau de bubales, puis de coba se laissent admirer. Puis, arrive le moment le plus émouvant de la randonnée. Sous les arbres entourant la mare, nous nous retrouvons né à né avec une famille de lions. Une lionne, ses trois petits de quelques mois et bien entendu, le mâle. La satisfaction est au rendez. Nous commençons à filmer les bêtes féroces. Dès qu’ils nous aperçoivent, des rugissements commencent. L’atmosphère s’échauffe, la peur s’installe, la méfiance aussi. Les lionceaux se dirigent vers nous. Leur génitrice suit, elle arme, les chasseurs aussi. Les menaces se font de plus en plus pressantes. La prudence est au rendez-vous. Qui donnera le premier coup de feu ? Nous attendons, la peur au ventre. Peut-être pas seulement au ventre ? Mais cette attaque n’arrivera jamais.

Après nous avoir observés à environ 3 mètres pendant une bonne minute qui a semblé une éternité, les lionceaux décident de s’en aller. Nous avons eu chaud. Mais pas nos guides puisqu’ils sont habitués à ces genres de scènes. Ce qui fait d’ailleurs leur joie. Ils sont conscients du danger auquel ils s’exposent mais l’expérience joue toujours en leur faveur. « De toute façon, lorsque vous ne bougez pas, les bêtes féroces attaquent rarement », nous précisent-ils, après coup. Pendant ce temps, nous ne savons pas si c’est par peur ou par respect des consignes de nos guides que nous sommes restés inertes comme des statuettes. Ce sont certes des risques mais c’est ce qui fait la sensation du tourisme de vision. Singou semble être l’une des zones les pus appropriées pour découvrir la richesse de la faune burkinabè. 19h. retour au campement où nous attendaient des plats fumants. Il en ainsi pour tous les touristes qui séjournent dans cette riche zone faunique.

Moussa Diallo

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