FLINTLOCK 2010 : Tous les chemins mènent à Kamboinsé

Il est presque 14h ce 18 mai, lorsque l’escouade de journalistes fait son entrée dans le camp Bangré de Kamboinsé, Etat-major de l’exercice militaire conjoint Flintlock débuté le 4 mai dernier. Pour atteindre cet objectif, les organisateurs ont fait faire un chemin détourné à leur grande surprise. Un passage obligé au camp militaire Sangoulé Lamizana et une escapade à Loumbila pour suivre les activités civilo-militaires qui montrent que l’armée n’est pas en dehors de la communauté.

Il est 8h30 lorsqu’un car emportant une trentaine de journalistes quitte le ministère de la Défense. Le 18 mai a été arrêté par les organisateurs de la manoeuvre militaire Flinctlock, journée de la presse. L’objectif était de permettre aux hommes de médias de visiter le MCC, le Centre de commandement multinational. Mais au démarrage, le véhicule prend la direction Ouest de la capitale, destination pour le camp militaire Sangoulé Lamizana. Là-bas, médecins militaires burkinabè et américains y délivrent depuis quelques jours des consultations gratuites.

Une centaine de visites gratuites par jour dans les domaines de la medécine préventive, en stomatologie, ORL cardiologie et gynécologie. L’affluence est relativement importante. En gynécologie et au niveau de la chirurgie dentaire où les médias sont tombés sur une file de dames. Sur la table du dentiste, était assis un jeune garçon , Ulrich. Il se fait arracher une dent. On entend un cri de douleur. Sa dent cariée n’est plus qu’un mauvais souvenir. On l’installe sur une chaise afin qu’il récupère de ses émotions. Très maternelle, une soldate américaine lui offre une brosse à dent. Le petit garçon a compris la leçon, seule un brossage régulier pourra lui éviter des caries dentaires donc l’arrachage de dents.

A la clinique du Camp Sangoulé Lamizana, les dentistes et les gynécologues sont dans le même bâtiment. Les journalistes ne sont pas les bienvenus dans les salles de consultation. Secret de femmes oblige. Ils auront accès à une séance de sensibilisation dans la salle de réunion. Le Capitaine Smith est à la manœuvre. Il parle en anglais avec un traducteur à côté de lui. Les images de complications d’infections génitales défilent sur l’écran de son ordinateur portable. Certaines femmes ne supportent pas les images et détournent la tête". Le capitaine Smith insiste sur la prévention et sur comment détecter certaines maladies avant qu’il ne soit trop tard. Un accent est mis sur le dépistage du cancer du col de l’utérus.

En cardiologie, une patiente face à trois médecins militaires dont un Burkinabè et deux Américains, tient son ordonnance en main et écoute attentivement les conseils. L‘équipe lui conseille une certaine diététique alimentaire et du sport trois fois par semaine. La collaboration entre les Américains et les Burkinabè se passe bien selon le chef de la mission américaine. Le médecin colonel-major, Boureima Ouédraogo, confirme cette ambiance cordiale de travail. Le taux d’affluence sans publicité de la part des organisateurs est de l’ordre de 160 consultations/jour. Aucun cas grave nécessitant des mesures particulières n’a été relevé. Entre-temps l’équipe des journalistes est rejointe par le colonel-major Gilbert Diendéré, président du comité d’organisation de Flintlock 2010. Au volant de sa 4×4, c’est dans son sillage que le convoi prend la direction de Kamboinsé, mais avec une escale à Loumbila pour prendre le pouls de l’opération d’insémination artificielle des vaches. Des experts militaires américains y sont pour apporter leurs expertises.

17 personnes venues de l’administration et d’associations y allient théorie et pratique avec le capitaine Tucker de l’armée américaine. Sous la conduite du directeur du centre national pour la multiplication des animaux performants, Drissa Siri, les journalistes font le tour du centre et découvrent les différentes espèces sur lesquelles repose l’objet de l’expérience. Les journalistes ont même eu droit à une démonstration d’insémination sur une vache. L’objectif du Centre est d’améliorer la production de lait au Burkina et aussi la qualité de la viande. Parmi les curieux de cette étape, sans aucun doute le Colonel-Major Diendéré. Il semblait connaître un bout de cette activité et n’as pas manqué de poser beaucoup de questions au directeur du Centre. Arrive enfin la dernière étape, celle de l’Etat major conjoint de la manœuvre Flintlock 2010.

Cet Etat-major est divisé en trois : le commandement conjoint, le département planification ou salle de collaboration et celui du renseignement. Le lieutenant colonel Chris Smith, chef des opérations est notre guide. A ses côtés, Elliot, porte-parole du commandement américain" qui assure la traduction en français. C’est un commandement protégé par des barbelés avec des sentinelles qui contrôle les mouvements. Les bâtiments ont été relookés pour l’occasion, deux paraboles sont installés pour facilités la communication. Et un château d’eau construit pour l’occasion se dresse majestueusement dans la cour.

Dans la salle du commandement conjoint tous les pays sont représentés. Un point journalier des activités est dressé et porté à la connaissance de tous : ce qui s’est passé les dernières 24h et les activités des prochaines 24h. En amont du JOC se trouve le bureau chargé de la planification. En ces lieux, des officiers supérieurs analysent les missions de chaque pays impliqué dans la manœuvre, et proposent un plan pour traiter les cibles identifiées. C’est à ce niveau également que sont déterminés les risques liés à chaque mission ainsi que les moyens pour atteindre les objectifs fixés.

C’est un travail d’analyse basé sur les informations fournies par le département renseignements. Le lieutenant colonel Chris Smith explique que toutes les informations de différentes sources sont mises ensemble dans ce département qui les formate avant de les envoyer au JOC pour suite à donner. Après 45 minutes de visite, l’équipe de journalistes et les responsables des lieux posent pour la postérité devant les drapeaux des 17 pays participants qui en l’espace d’un mois auront appris a travailler ensemble, pour mieux faire face à la menace terroriste

Abdoulaye TAO

Le Pays

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