AFFAIRE DES SCANDALES PEDOPHILES :

"Pourquoi l’acharnement médiatique ne pourra pas ébranler l’Eglise catholique"

Fidèle catholique et ancien séminariste, l’auteur de la réflexion ci-dessous fait un plaidoyer pour l’Eglise et pour le pape Benoît XVI, face aux récents scandales pédophiles, ayant éclaboussé des hommes d’Eglise. Pour lui, "La cabale médiatique échouera assurément".

En cette année dédiée aux prêtres par l’Eglise catholique, en plein temps de carême et surtout au cœur du triduum pascal, on a assisté à un déferlement médiatique très intense sur la question des scandales de prêtres pédophiles. Les médias, en plus de la dénonciation des prêtres concernés, ont consacré une large partie de leurs commentaires sur une responsabilité qu’ils voudraient faire porter au pape Benoît XVI, notamment dans le cas de deux prêtres américains Lawrence C. Murphy, auteur de viol sur environ 200 sourds-muets et Stephen Kiesle accusé d’avoir pris des "libertés sexuelles" avec "six adolescents âgés de 11 à 13 ans". Récemment encore en ce temps de grâce qu’est le temps pascal, les écrits de la presse internationale n’ont cessé de redoubler de virulence contre l’Eglise et surtout contre son Souverain Pontife à qui ils veulent faire porter la responsabilité de ces scandales qui sont en réalité des faits de société, des faits individuels, des faits répréhensibles du point de vue du droit pénal.

Si les scandales pédophiles en eux-mêmes sont des réalités incontestables aussi sensationnelles que répréhensibles, il n’en demeure pas moins que le fidèle catholique que je suis, ne peut rester insensible devant tant d’acharnements et surtout je me sens le devoir de partager d’abord avec mes coreligionnaires, mais aussi avec tous les hommes de bonne volonté mes appréhensions et mes doutes quant aux mobiles réels de ce lynchage médiatique. Aussi me paraît-il pertinent de partager avec eux les raisons pour lesquelles force doit rester à la sérénité mais aussi à l’humilité et à la prière pour vivre ces épreuves qui aguerrissent forcément une institution d’essence divine dirigée au quotidien par des hommes. Comme à son habitude, c’est dans la richesse de sa foi, le tréfonds de sa méditation, la fidélité de sa prière et les valeurs d’humilité et de repentir qu’elle retrouvera son habituelle sérénité que tente de lui compromettre la presse à sensation et les adversaires vigilants de sa prospérité.

I – Benoît XVI : un pontificat sous surveillance idéologique

Certes sous le pontificat de Jean-Paul II, l’Eglise n’a pas été épargnée par les critiques de la presse et de certaines organisations hostiles à ses positions, mais dès le début du règne de Benoît XVI, la presse et une flopée d’intellectuels de courants divers n’ont pas tardé à verser de façon officielle dans une adversité prononcée vis-à-vis des positions et même de la vie privée de ce pape. Il faut noter que la personnalité et le parcours intellectuel et administratif du pape actuel ne lui garantissent pas un pontificat tranquille alors que les charismes, les origines et certaines orientations de son prédécesseur dont ses nombreux voyages de contact et de demande de contrition dans le monde entier lui avaient valu une certaine compréhension et même parfois une tolérance de nombreux groupes de pression.

La fermeté et la puissance intellectuelle du cardinal Joseph Ratzinger (devenu le pape Benoît XVI) ont toujours posé problème à ceux qui espéraient une réforme de l’Eglise. En effet, tous ceux qui ambitionnaient de "moderniser" l’Eglise ont toujours trouvé devant eux le patron de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et ont dû batailler sur des sujets aussi brûlants que le rapport de la Foi et de la Science, l’infaillibilité du pape, le mariage des prêtres, l’ordination des femmes, le rôle de la Curie romaine, la question de la "dés hellénisation" de l’Eglise, la question du divorce et de l’accès aux sacrements des divorcés remariés, etc.

Face à toutes ces questions souvent délicates, le cardinal Ratzinger, en tant que gardien du dogme, responsable du dicastère de la Propagation de la foi et surtout fervent spécialiste de Saint Augustin auquel il a consacré sa thèse et de Saint Bonaventure qu’il connaît si bien, a préféré la fidélité à la tradition de l’Eglise au prix d’une réputation parfois sulfureuse. Cette responsabilité de Préfet de la Congrégation de la Foi lui a valu une adversité monstre et quotidienne de nombreux scientifiques, de philosophes et surtout des théologiens réformateurs en face desquels il a été constant dans la défense de la foi de l’Eglise. C’est ainsi qu’il s’est retrouvé dans la visière de scientifiques confirmés, de grands philosophes hostiles comme Jürgen Habermas, et de théologiens aussi importants que Hans Küng son ami et rival de toujours. On dit de cette période que le Cardinal Ratzinger a cassé beaucoup de théologiens et de grands penseurs qui voulaient faire bouger la doctrine générale de l’Eglise, notamment sa doctrine sociale.

Cette réputation et cette ambiance de rivalité et d’adversité ayant précédé son élection à la papauté, l’Eglise s’est retrouvée au soir du 19 avril 2005 avec un pape dont la vie et les positions sont constamment sous surveillance aussi bien par les détracteurs traditionnels de l’Eglise que par les contradicteurs classiques et originels de son premier responsable. On peut citer les tentatives d’humiliation qu’il a essuyées depuis son élection au Siège de Pierre. Ainsi peut-on évoquer l’annulation en janvier 2008 de son initiative de visite à l’Université romaine d’Etat "La Sapienza". L’annulation de cette visite a été consécutive tout simplement à un mouvement de certains enseignants scientifiques de cette université qui ont fait signer une pétition défavorable à ladite visite sous prétexte que "la visite du pape n’est pas une bonne chose parce que la science n’a pas besoin de la religion, l’université est ouverte à toute sorte de pensées, la religion ne l’est pas" .

Il en va également une année plus tôt de la controverse de Ratisbonne. En effet, le 12 septembre 2006, au cours d’une conférence qu’il donnait, le pape – non ex cathedra – donne sa vision des relations entre foi et science. En plein dans ses démonstrations, il cite – maladroitement certes – un écrit du professeur Khoury (de Münster) qui rapportait une discussion entre l’empereur byzantin Manuel II et un savant persan. Le pape rapporte que l’empereur byzantin, dans cette discussion, a dit à son interlocuteur : "Montre-moi donc ce que Mohammed a apporté de neuf, et alors tu ne trouveras sans doute rien que de mauvais et d’inhumain, par exemple le fait qu’il a prescrit que la foi qu’il prêchait, il fallait la répandre par le glaive".

Aussitôt, la presse a décidé de sortir cette phrase de son contexte, de la présenter comme une opinion propre de Benoît XVI. Il s’en est suivi une période de violentes diatribes sur sa personne, son statut et l’institution dont il est le premier responsable. Or, un retour sur le texte intégral du discours de Ratisbonne permet de voir combien le pape prend ses distances d’avec cette opinion de l’empereur en essayant d’être objectif. Il trouve par exemple que l’empereur a émis cette opinion "d’une manière étonnamment abrupte". Ensuite, dans le même discours, il montre son objectivité en trouvant que "l’empereur a sans doute mis par écrit le dialogue pendant le siège de Constantinople entre 1394 et 1402. On peut comprendre ainsi que ses propres exposés soient restitués de façon bien plus explicite que les réponses du lettré persan". Enfin, il concède que "l’empereur savait certainement que dans la sourate 2, 256 (du Coran), il est écrit : "Pas de contrainte en matière de foi". En réalité, la bonne foi a manqué dans la relation par la presse de ce qui s’est passé à Ratisbonne.

Sans doute, le même discours, s’il avait été prononcé par Jean-Paul II, aurait fait l’objet de moins de contestation et on aurait sans doute rivalisé de raisonnement pour situer le contexte et justifier pourquoi le pape a cité de tels propos. Cependant, on peut toujours se demander s’il était opportun pour Benoît XVI de faire cette citation. Certainement pas. Sans doute aurait-il été judicieux pour lui de s’abstenir de créer un contexte favorable à une polémique prévisible eu égard à la sensibilité de la citation. Nonobstant, ceci a un tant soit peu caché une autre polémique liée cette fois à la question de la dés hellénisation de l’Eglise dont Benoît XVI donne dans son discours de Ratisbonne une triple illustration . Puisque cette question est éminemment intellectuelle et participe de la rivalité des courants de pensée, la presse s’y est peu intéressée, préférant annoncer aux musulmans qu’ils ont désormais à travers Benoît XVI la figure même de l’ennemi véritable de l’Islam. Or, en la matière, c’est bien faux, Benoît XVI n’est pas un ennemi de l’Islam.

Mais, là où la presse se tait, Benoît XVI a toujours les intellectuels pour lui donner des répliques. En l’occurrence, c’est son "ami", le philosophe allemand Jürgen Habermas qui s’en est chargé allant jusqu’à qualifier les propos de Benoît XVI comme ayant une "tonalité pré-moderne enlisée dans les conceptions de l’âge métaphysique pré-kantien". L’Eglise se mobilisa pour défendre son prélat notamment à travers une réponse documentée du cardinal Camillo Ruini qui continue de faire la fierté de nombreux fidèles . Enfin, on a la controverse sur l’utilisation du préservatif qui illustre aussi à sa manière comment ce pape est ciblé de façon outrancière souvent sur des positions classiques de l’Eglise. En l’occurrence, dans l’avion qui l’amenait de Rome à Yaoundé le 18 mars 2009, Benoît XVI avait dit : "Je dirais qu’on ne peut pas surmonter ce problème du Sida uniquement avec des slogans publicitaires. Si on n’y met pas l’âme, si on n’aide pas les Africains, on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs : au contraire, le risque est d’augmenter le problème".

Ensuite, il propose sa solution qui se résume en ceci : "La solution ne peut se trouver que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui apporte avec soi une nouvelle manière de se comporter l’un avec l’autre, et le deuxième, une véritable amitié également et surtout pour les personnes qui souffrent, la disponibilité, même au prix de sacrifices, de renoncements personnels, à être proches de ceux qui souffrent". Une fois de plus, la presse procéda à une extraction de la première phrase de son contexte et se mit à diaboliser le pape à travers dénigrements indus et caricatures infamantes. Cet acharnement était motivé par des intérêts divers allant des convictions des organismes de lutte contre le Sida aux choux gras de la presse à sensation en passant par les sorties pragmatiques de l’industrie du sexe et les rebonds des politiques soucieux de préserver les emplois liés à la fabrication des préservatifs. Dans toutes les lectures relatives à cette affaire, on pouvait constater que les attaques visaient la personne du pape car Benoît XVI n’avait rien dit de plus ni de moins que tout autre pape dont Jean-Paul II.

Et surtout, aucun écrit sur cette affaire n’est allé au-delà des phrases du pape pour explorer les fondements doctrinaux qui leur ont servi de base. En effet, les condamnations étaient instinctives, réactives, massives, peu argumentées, à l’usage et à destination de la presse people, des masses, des foules. Pourtant, le pape n’avait pas émis un avis personnel. Il avait prononcé des phrases en parfaite harmonie avec la position de l’Eglise vis-à-vis du préservatif. Et ce qui est important à savoir, c’est que cette position ne peut aucunement varier quel que soit le pape qui dirigera l’Eglise. En réalité, cette position est conforme à la tradition ecclésiale. Dans la théologie morale fondamentale de l’Eglise, l’acte sexuel est ordonné à deux finalités irréductibles : la finalité unitive (l’acte sexuel doit unir deux personnes de sexes différents, voilà pourquoi la masturbation est un péché et comme telle, condamnée par l’Eglise) et la finalité procréative (l’acte sexuel doit viser la procréation, voilà pourquoi le préservatif ne peut être accepté par l’Eglise et l’homosexualité est combattue par elle). Il est donc ridicule de critiquer Benoît XVI avec les mots acerbes qui ont été utilisés ci et là tant il n’a fait que rappeler une position traditionnelle inamovible de la théologie morale fondamentale de l’Eglise.

Certaines personnes ont finalement concédé que le contenu de l’interview du pape ne les surprenait ni ne les choquait tant il reflétait la position de l’Eglise mais que par pragmatisme et dans un calcul stratégique, le pape aurait dû faire l’économie d’une déclaration impopulaire par essence, par anticipation et par destination. En définitive, ce qui serait reproché à Benoît XVI, c’est un manque de stratégie. Là, on peut en convenir, pour un pape si intellectuel et en raison peut-être de ce qu’il conviendrait d’appeler ses "déformations professionnelles" de défenseur rigoureux de la foi, l’ancien cardinal Ratzinger sera loin d’être le pape le plus diplomate de l’histoire de l’Eglise. Et l’Eglise n’est pas moins fière de lui pour autant.

Voici le contexte et l’ambiance dans lesquels se déroule l’affaire des prêtres pédophiles : un pape sous surveillance, cible permanente de tous ceux qui en veulent à l’Eglise et à ses démembrements, une foule de contestataires traditionnels, un gratin de réformateurs et de néo-réformateurs décidés à faire bouger l’Eglise dans leur sens, un lot d’intellectuels revanchards de leurs insuccès devant la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, une presse à sensation toujours apte à ventiler la moindre difficulté éprouvée par un membre quelconque de la hiérarchie de l’Eglise, bref, un cocktail explosif pour une Eglise qui ne mendie ni l’amour ni l’accord de personne avec ses vérités mais surtout décidée à poursuivre sa mission évangélisatrice en dépit des embûches et des difficultés de son temps. En tout cas, si d’aventure, l’acharnement médiatique dans cette affaire des prêtres pédophiles est ordonné à des fins d’affaiblissement de la hiérarchie de l’Eglise, il est voué à l’échec ; si par delà toute cette affaire, c’est le sacré célibat sacerdotal institué officiellement depuis les 11e et 12e siècles de notre ère que l’on veut mettre à mal et ainsi le saboter, il est sûr qu’un tel aboutissement est aléatoire et surtout, la méthode empruntée est très infructueuse.

II – De la vanité du harcèlement orchestré en direction de la haute hiérarchie de l’Eglise

Dans la journée de Pâques 2010, la chaîne de télévision française "France 24" qui n’en était pas à son coup d’essai, posait la question à ses téléspectateurs sur l’éventualité d’une destitution du pape dans cette affaire de pédophilie. Cette initiative a dû choquer les fidèles catholiques car ce média qui ne doit pas manquer de spécialistes en Droit canonique, a semblé poursuivre auprès de ses téléspectateurs un autre objectif qu’un sondage à but utilitaire. Toujours est-il que sur le plan du droit tout comme celui de la morale, au regard des lectures et de tout ce qu’on a pu raconter dans ces affaires de pédophilie, il semble bien que très peu de choses soient reprochables directement au pape. En effet, dans ces affaires, nous nous situons essentiellement sur deux terrains fondamentaux : celui du droit pénal et celui de la morale.

Sur le terrain du Droit pénal

Substantiellement, les grands principes du droit pénal prescrivent d’une part, que la responsabilité pénale est individuelle, c’est-à-dire, que nul n’est pénalement responsable que pour les actes qu’il a personnellement commis, d’autre part, qu’un acte n’est pénalement répréhensible que s’il a au préalable été prévu par la loi (on parle de la légalité de l’infraction pénale) et enfin, qu’une peine n’est encourue en droit pénal que si elle a été au préalable prévue par la loi (on parle de la légalité de la peine). On regroupe ces deux derniers principes dans une phrase latine célèbre "Nullum crimen, nulla pœna sine lège". Dans l’affaire des prêtres pédophiles, il va sans dire qu’en fonction du principe de l’individualité de la responsabilité pénale, ce sont bien les auteurs des actes de pédophilie qui encourent la responsabilité pénale liée à leurs actes.

Dans le cas du prêtre américain, Lawrence C. Murphy, qui est le cas par excellence où l’on tente d’avoir la tête du pape, tout comme dans celui du père Stephen Kiesle ou encore les cas des prêtres ou des évêques irlandais, si les actes de pédophilie qui leur sont reprochés, sont prouvés comme ça semble l’être, c’est individuellement que les auteurs de ces actes pédophiles doivent répondre. Les voies de droit ne manquent pas. En effet, d’une part, le parquet, sur plainte des victimes ou sur initiative propre au nom de l’intérêt général de la société et dans le but d’y décourager de tels comportements, à la possibilité d’initier une action pénale pour pédophilie à l’encontre de ces personnes consacrées indélicates. D’autre part, les victimes disposent à leur tour d’une action en réparation des préjudices subis. Cette action de recherche de responsabilité au plan civil peut être initiée séparément ou greffée à l’action pénale du parquet. Puisque le code pénal réglemente la pédophilie en spécifiant ses éléments constitutifs et les peines encourues, ces deux actions sont efficaces et ont des chances d’aboutir aussi bien à la condamnation des pédophiles en peines infamantes et/ou privatives de liberté qu’au dédommagement des victimes.

Mais puisque malgré ces possibilités de sanction des acteurs directs, l’acharnement médiatique est orienté vers la personne même du pape, il n’est pas inutile de se demander si ce n’est pas une responsabilité pénale de Benoît XVI qui est recherchée. Sur la base des éléments qui ont été relayés dans la presse, les chances d’inculpation du pape sont minimes sur le plan pénal en raison du principe de l’individualité de l’incrimination pénale comme vu plus haut. Les médias se risqueraient à rechercher la tête du pape en invoquant la complicité que là aussi leurs chances seraient tout autant vaines. En effet, la plupart des médias impliqués dans cette cabale ne situent le silence du pape qu’au moment où les faits répréhensibles ont déjà cessé.

Dans le cas du père Murphy, il était déjà sous la juridiction d’un tribunal ecclésiastique lorsque, semble-t-il, il a appelé au secours le Cardinal Ratzinger. Pour le père Kiesle, c’est après avoir découvert les faits répréhensibles que sa hiérarchie se serait adressé au Cardinal Ratzinger pour proposer sa révocation. Il semble donc très improbable de réclamer la tête du pape sur la base de la complicité. Il faut toutefois rester vigilant car certains médias semblent s’être réservé le droit de poursuivre leurs allégations en notant subtilement que les prêtres indélicats n’avaient pas été éloignés du monde des enfants pendant le silence du pape. Certains avocats des victimes ou ces mêmes médias ou tout simplement les adversaires de toujours de Benoît XVI peuvent bien y revenir pour tenter de rechercher une responsabilité pénale du pape cette fois-ci pour complicité en essayant de montrer qu’il y a eu des sévisses postérieurs au silence du pape.

Dans ce cas, ils recourraient sans doute à la notion de "complicité par omission" en démontrant que le pape a omis de dénoncer ou de sanctionner les pédophiles responsables, et ce faisant, leur a donné les moyens de continuer leurs sévices. Cette infraction est controversée en droit pénal. Elle a déjà été invoquée dans l’Affaire Clearstream par le parquet de Paris et ridiculisée par l’avocat de Dominique de Villepin, Maître Olivier Metzner, en ces termes : "Jamais personne en France n’a été condamné pour avoir omis de faire quelque chose. On imagine : "j’ai été condamné pour n’avoir rien fait"". La jurisprudence française avait pourtant arrêté depuis longtemps que "ne peut être déclaré coupable de complicité celui qui a facilité un crime ou un délit, non par un fait positif, mais par une simple inaction ou abstention" .

Cette jurisprudence a connu un assouplissement en 1971 lorsque la Cour de cassation affirmait que "si la complicité par aide ou assistance ne peut s’induire d’une simple inaction ou abstention, elle se trouve caractérisée, en revanche, par la promesse d’un prévenu de ne pas s’opposer, comme il l’aurait dû, du fait de ses fonctions, au délit projeté, procurant ainsi aux auteurs de ceux-ci l’assurance de pouvoir les commettre sans être inquiétés" . Une décision récente a reconnu que le commissaire aux comptes qui ne relève pas la fictivité de comptes "qui ne pouvaient pas échapper à un professionnel", facilite ainsi la réitération des faits délictueux et se rend coupable de complicité"6.

Dans le cas des prêtres pédophiles, du moins dans les plus illustres et les plus éventés, le silence du pape n’a pas mis fin à la juridiction du tribunal ecclésiastique dans l’affaire du père Murphy ni annulé la révocation déjà prononcée du père Kiesle. En outre, aucun abus pédocriminel postérieur de ces derniers n’a été signalé.

Encore que ce qu’on qualifie de "silence" du pape est contestable puisque de l’avis même des adversaires de Benoît XVI, ce dernier a bien adressé aux évêques du monde entier le 18 mai 2001 une lettre solennelle sur les pénibles manquements ("Epistula de delictis gravioribus") des prêtres dans laquelle les abus sexuels de ces derniers sont qualifiés "comme offense relevant d’une punition ecclésiastique"7. En d’autres termes, la porte de l’Eglise n’est pas ouverte aux pédophiles puisqu’ils sont susceptibles d’être sanctionnés par des tribunaux ecclésiastiques. La vanité de l’acharnement médiatique tient donc au fait que rien n’est vraiment reprochable au pape dans cette affaire mais aussi, il est à noter que le Vatican a les moyens légaux et intellectuels nécessaires à la défense de la vérité. Il reste néanmoins un terrain à explorer qui est sans doute celui sur lequel la presse internationale essaie d’atteindre son objectif : le terrain moral.

De l’appréciation morale de l’affaire

La question qui pourrait se poser ici est de savoir d’un point de vue moral, si garder le silence (sous réserve qu’il soit prouvé qu’en l’occurrence, Benoît XVI a vraiment gardé le silence) suite aux aveux de fautes d’un collaborateur, est constitutif d’un manquement aux règles d’une société civilisée. Autrement dit, existe-t-il une obligation morale de révéler aux tiers les aveux de faute d’un collaborateur ?
- Si nous répondons par "oui", où pourrait-on trouver la formulation d’une telle obligation ? Dans la conscience ? Dans un code moral tacite ou express qui se trouverait dans un lieu donné ou aux mains d’un groupe social donné, une religion, les religions, un groupe de sages ? etc. ?

S’il s’agit de la conscience, il faut noter sa relativité car elle est sélective. Elle dépend de la sensibilité de la personne. La conscience peut susciter la réaction de donner à manger à un pauvre agonisant d’une faim atroce, mais soulager la même personne de ne point offrir un seul verre d’eau à un riche naguère arrogant et extravagant dans l’opulence et qui maintenant sombrerait dans les bas-fonds de la misère. La conscience peut tirer des larmes de compassion pour une souffrance physique ou matérielle d’un proche mais permettre une tranquille indifférence face aux souffrances atroces d’un ex-bourreau. A ce stade, il peut être utile de se demander s’il existe une conscience objective, c’est-à-dire, une conscience qui serait à l’abri des contingences et des pressions de l’entourage et du quotidien de la personne humaine. Si une telle conscience existait, elle devrait être parfaite. Alors, on en viendrait à se demander si la perfection est de ce monde ?

En d’autres termes, une personne humaine peut-elle être dépositaire d’une conscience parfaite, c’est-à-dire, une conscience à la fois vive, réactive, irréprochable, immaculée (au sens étymologique du terme), etc ? Quant au code moral tacite ou express, il pourrait s’assimiler aux Saintes Ecritures, aux dogmes religieux, aux vérités de la foi, etc. Dans ce cas aussi, la question serait de savoir si l’un quelconque de ces éléments prescrit une obligation ou incite à révéler des aveux d’un proche au risque d’être répréhensible au regard de cet élément. Puisqu’il s’agit d’un pape sur lequel on tente de mettre une responsabilité pour non- révélation d’un aveu d’un prêtre pédophile ou pour silence coupable, les éléments à prospecter seraient probablement des éléments de la foi catholique comme la Bible, les dogmes de la religion catholique, la morale sociale de l’Eglise, les encycliques éventuellement, … mais la plus importante de ces sources est sans nul doute l’Evangile.

Et là, on peut se rendre compte que lorsque l’on amena à Jésus la prostituée surprise en flagrant délit, le rôle de celui-ci n’a pas été d’alerter les représentants de l’autorité publique ou les chargés de justice afin de dénoncer la pécheresse qui, sans doute, méritait bien une sanction. Mais, il se préoccupa de faire à la pécheresse, l’effort du repentir : "Va et désormais, ne pêche plus" (Evangile selon St Jean, chap. 8, verset 11). En plus, le manquement à une obligation de dénoncer une pécheresse ne figurait pas dans les chefs d’inculpation de Jésus, ni devant Caïphe ni devant Pilate. Quant à la rencontre entre Jésus et Zachée le pécheur, elle n’a pas été suivie de dénonciation alors que cet homme avait beaucoup abusé de ses contemporains en leur faisant payer des impôts indus. Jésus lui a plutôt accordé son pardon et est allé manger chez lui.

A travers ces exemples, Jésus donne à ses fidèles une leçon majeure : pardonner même aux grands pécheurs. Ces illustrations ne sont peut-être pas parfaites mais elles permettent de se rendre compte que dans les principes de la morale catholique, la dénonciation d’un aveu reçu ne semble pas être une obligation dont le non-respect soit constitutif de péché. On peut s’en rendre compte en visitant les 10 commandements du livre de l’exode dont aucun ne dénonce la non-dénonciation de secret reçu.
- Si par contre nous répondons "non" à la question de savoir s’il existe une obligation morale de révéler aux tiers les aveux de faute d’un collaborateur, cela voudrait dire que la révélation d’un aveu ne serait pas une obligation mais une faculté. Dans ce cas, la condamnation d’une personne qui renoncerait à révéler un aveu de faute d’une connaissance serait relative.

Ce serait en fonction des bords dont on se réclame qu’on pourrait soit dénoncer, soit approuver un silence gardé après réception d’un aveu de faute d’une personne donnée. Ce qui est étonnant dans l’affaire du prêtre pédophile Lawrence C. Murphy, c’est que, depuis le New York Times jusqu’aux derniers organes relayeurs de l’affaire, aucun média ne qualifie la teneur de la lettre qu’aurait adressée le prêtre indélicat au Cardinal Ratzinger. Ils se sont contentés de révéler qu’il aurait écrit ceci : "Je veux simplement vivre le temps qui me reste dans la dignité de mon sacerdoce" et "Je demande votre aide dans cette affaire". Le jugement à se faire sur cette affaire peut varier énormément en fonction de la nature de la lettre. Si cette lettre a été adressée au Cardinal Ratzinger sous la forme d’une confession d’un prêtre en plein remord pendant son jugement devant un tribunal ecclésiastique, le Cardinal ne serait-il pas tenu par le secret de la confession ?

A tout le moins, s’il ne s’agissait pas d’une lettre à valeur de confession, pour les raisons que nous avons évoquées plus haut, le Cardinal ne serait répréhensible que si sur une base claire, on établissait une obligation qui était sienne de dénoncer les aveux d’un collaborateur indélicat et que son silence serait venu violer. En outre, de la perspective de transférer cette responsabilité recherchée sur la tête du pape à l’ensemble de l’institution ecclésiale, il y a un pas audacieux, une tentative osée, un risque énorme que les médias ont pris. Tous les articles auxquels nous avons pu avoir accès, banalisent l’information selon laquelle c’est pendant que le père Laurence C. Murphy était devant un tribunal ecclésiastique qu’il a initié sa correspondance au cardinal Ratzinger. Cela veut dire que l’Eglise n’est pas restée passive comme on semble vouloir en convaincre tout le monde. L’affaire était en jugement devant un tribunal de l’Eglise, ce qui révèle une désapprobation de l’Eglise vis-à-vis des comportements de ce prêtre.

Enfin, aucun média n’a établi que le Cardinal Ratzinger a intimé l’ordre au tribunal ecclésiastique d’arrêter le procès du père Laurence C. Murphy, la cabale médiatique écrit seulement que "aucune réponse de Joseph Ratzinger ne figure dans les documents " . En somme, à moins que de nouvelles révélations ne viennent nous situer là-dessus, jusqu’ici, la campagne médiatique a pour objectif de réclamer la tête d’un homme qui a eu le tord d’être le destinataire d’une lettre d’aveu de culpabilité et de demande d’aide à laquelle on croit qu’il n’a certainement pas répondu puisqu’"aucune réponse de Joseph Ratzinger ne figure dans les documents". Les médias ne savent toujours donc pas si le Cardinal Ratzinger a répondu ou pas, ils concluent qu’il ne l’a certainement pas fait et que, donc, il a tort.

III – De la vanité du sabotage du sacré célibat sacerdotal

Le célibat sacerdotal est quelque chose de sacré et de très important pour l’Eglise. Il fait l’objet de débats actuellement parce qu’il existe un courant très important de personnes opposées à son maintien y compris dans le monde ecclésiastique. Selon ses défenseurs, à l’instar du jeûne où le fidèle croyant renonce à tous les avantages de la bonne et nécessaire alimentation en vue d’obtenir les grâces de son créateur, le célibat est source d’abondantes grâces pour les prêtres, les fidèles, bref pour toute l’Eglise. Il est évident que ce renoncement a l’avantage de permettre aux prêtres de se consacrer exclusivement et en toute disponibilité à sa mission et cela "à cause du Royaume des Cieux" . Bien sûr, on ne fera pas abstraction de l’avantage considérable qu’a l’Eglise de ne pas devoir arbitrer les débats ou litiges liés à l’héritage des éventuels descendants de prêtres quant au sort de certains biens ecclésiastiques. Toutefois, il reste clair que le débat est équilibré et normal tant il existe des raisons très valables au crédit de ceux qui réclament l’abandon du célibat clérical. La première de ces raisons est sans doute l’absence de fondement dogmatique. Cependant, pour les tenants de cet abandon, la sélection des raisons sera le principal avantage.

A l’occasion de l’affaire des prêtres pédophiles, aussi bien certains réformateurs, certains anticléricaux ou autres ennemis de l’Eglise ont cru bon de créer un lien entre célibat et pédophilie et, partant, de réclamer l’abandon du célibat clérical. Est de la première catégorie le théologien Hans Küng pour qui la règle du célibat est "la cause essentielle et structurelle" des abus pédophiles . Et puisqu’il réputé ce même célibat comme "la cause principale du déficit catastrophique des prêtres, de l’abandon – lourd de conséquences – de la pratique de la communion et dans bien des cas de l’effondrement de l’assistance spirituelle personnalisée" , il appelle la hiérarchie de l’Eglise à son abrogation puisque par ailleurs, selon lui, c’est "le célibat érigé en règle qui contredit l’Evangile et la tradition du catholicisme primitif" . Ce raisonnement de Hans Küng aurait pu prospérer si le phénomène de la pédophilie était massif dans le clergé de l’Eglise Catholique.

Or, une étude pertinente menée et publiée en 2004 par la John Jay Collège of Criminal Justice de New York qui examine toutes les plaintes pour abus sexuel déposées contre le clergé américain entre 1950 et 2002 "montre qu’environ 4,5 % de tous les prêtres américains (environ 100 000 hommes sont en activité sur cette période) ont été accusés d’au moins un acte sexuel répréhensible perpétré contre un mineur (en dessous de 18 ans)" . Philip Jenkins qui est spécialiste de l’histoire des religions et auteur de "Pedophiles and Priests. Anatomy of a Contemporary Crisis (Oxford University Press, 2001)" et professeur à l’université de Pennsylvanie (Etats-Unis) note que le chiffre de ce rapport surestime probablement la réalité. Il en veut pour preuve que "même si certains cas n’ont jamais été portés à la connaissance des autorités judiciaires, ce total englobe un grand nombre de cas basés sur des accusations faibles. Pour une grande partie de ceux-ci, les charges ont été abandonnées. En outre, sur les 4 392 prêtres accusés, près de 56 % ne l’ont été que pour un seul acte" . Le spécialiste note qu’en fait "un groupe réduit de 149 prêtres rassemble à lui seul un quart des accusations sur un demi-siècle" .

Pour sa part et concernant le cas spécifique de la France, le père Stéphane Joulain qui est thérapeute familial et psychologue note que "sur 30 000 prêtres, seuls 32 ont été incarcérés sur une centaine qui ont été mis en accusation (…) on est donc dans l’ordre du 0,03%" . Pour le père Joulain qui repond à Hans Küng dans une tribune au même journal français Le Monde, "Si Hans Küng se renseignait, il apprendrait que 96 % des affaires d’abus sexuels et de maltraitance sur mineurs sont des affaires qui ont eu lieu dans le cercle familial de l’enfant. En poussant un peu le raisonnement de M. Küng, pourquoi ne pas interdire la vie de famille, puisqu’elle est après tout le lieu le plus dangereux pour les enfants" . En clair, pour le père Joulain, "supprimer ou pas le célibat consacré ne fera pas disparaître les pédophiles de l’Eglise catholique, ce qui le fera, c’est une amélioration des conditions de discernement d’accès aux ministères"17. Voilà qui est clairement dit et rigoureusement éprouvé, cette affaire ne sera pas l’occasion de mettre en cause le sacré célibat clérical. Le phénomène de la pédophilie qui est une infraction pénale et une triste pathologie ne touche qu’une minorité de prêtres de l’Eglise catholique.

Pour une question de dignité et de vérité d’ailleurs, il n’est pas pertinent que l’Eglise décide de revenir sur le principe du célibat en arguant que c’est parce que ses prêtres n’arrivent pas à s’y conformer ou que quelques uns sont pédophiles. Autrement, il faudrait revoir le principe du mensonge qui ne devrait plus être un péché parce que presque tous les chrétiens y succombent régulièrement ; faudrait-il légaliser la fornication et l’utilisation du préservatif parce que beaucoup de jeunes chrétiens forniquent ou utilisent les préservatifs, etc ? Non, on ne jeûne pas parce que c’est facile de le faire, on jeûne parce qu’on veut consentir un sacrifice pour le Seigneur. Le jeûne est très difficile, et c’est l’effort que fournit le fidèle qui lui vaut les grâces de son Seigneur. On pourrait utilement se référer à l’autocastration d’Origène qui lui valut malgré son dévouement intellectuel et spirituel de père de l’Eglise de ne jamais être proclamé saint de l’Eglise catholique. La vocation du fidèle, c’est de vaincre la tentation au prix d’un sacrifice qui plait à Dieu.

Il est encore utile d’affirmer que dans l’Eglise catholique, le célibat n’est pas imposé aux prêtres. On retrouve dans les Eglises d’Orient aussi bien des prêtres mariés que des prêtres vivant selon la règle du célibat sacré. Dans l’Eglise Catholique de rite latin, toute personne qui se sent une vocation sacerdotale est régulièrement informée dès le début de sa vocation et tout au long de sa formation qui peut durer une quinzaine d’années du célibat consacré qui est une règle fondamentale du ministère qu’il a choisi. On ne peut parler de contraintes ni d’esclavage comme les anticléricaux ou les personnes peu avisées veulent bien le faire croire. C’est en toute liberté que la personne intéressée adhère au ministère du sacerdoce en s’engageant à vivre conformément au célibat prescrit. On peut bien sûr accepter qu’il est contraignant de vivre cette exigence. Mais comme le dit si bien Jean-Jacques Rousseau, "l’obéissance à la loi qu’on s’est fixée est liberté".

Il n’est pas de liberté plus pure que de vivre une exigence qu’on a librement choisie. C’est du reste dans ce sens que Jean-Louis Barrault affirmait que « la liberté, c’est la faculté de choisir ses contraintes ». Enfin, si cela est nécessaire, on peut reprendre la célèbre pensée du pape Benoit XVI pour qui « la vraie liberté se réalise en se mettant au service des autres ». En tout état de cause, maintenant qu’il est évident que le célibat sacerdotal est un engagement responsable du prêtre qui offre sa disponibilité à son Seigneur, s’il doit être abandonné, ce sera au prix de discussions et de réflexions sincères et responsables entre les fils de l’Eglise et non sous la pression provocatrice et humiliante de quelques donneurs de leçons que ce soit, surtout pas ceux en mal de sensation ou d’expérimentation ou encore les pseudo réformateurs.

Des perspectives

La campagne médiatique papophobe ou anti-pape, dans l’affaire des prêtres pédophiles, va assurément accoucher d’une souris. Elle ne fragilisera pas la hiérarchie de l’Eglise pas plus qu’elle n’ébranlera l’Eglise car son fondateur lui-même a donné la garantie que "les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle" (Evangile selon St Mathieu, chap. 16, versets 18-19). Le célibat sacerdotal non plus ne sera pas remis en cause par cet acharnement car il n’est pas de coutume que l’Eglise reçoive ses leçons de l’extérieur. C’est dans l’humilité, l’abandon à la volonté de son fondateur et la prière que l’Eglise affronte ses difficultés et recherche ses solutions. C’est fort de cela qu’elle est plurimillénaire. Toutefois, cette crise de la pédophilie est une expérience importante pour le clergé qui doit se rappeler à son devoir de modèle et de guide de la famille ecclésiale.

En cette année du sacerdoce, le Vatican l’a déjà compris et dans son discours de conclusion de l’année sacerdotale le 12 avril 2010, le cardinal Claudio Hummes, Préfet de la Congrégation pour le Clergé a, avec pertinence, rigueur et dignité, dit qu’"il est vrai que quelques prêtres, cependant proportionnellement très peu, ont commis d’horribles et très graves délits d’abus sexuels sur des mineurs, des faits que nous devons rejeter et condamner de manière absolue et intransigeante. Ils doivent en répondre devant Dieu et devant les tribunaux, même civils. Nous prions aussi pour qu’ils parviennent à la conversion spirituelle et au pardon de Dieu. Pour sa part, l’Église est décidée à ne pas cacher ni minimiser de tels crimes. Mais surtout nous sommes du côté des victimes et nous voulons les soutenir dans leur reconstruction et leurs droits bafoués" .

A côté des efforts de la haute hiérarchie de l’Eglise, un devoir d’exemplarité et d’humilité incombe à tout représentant de l’Eglise à quelque titre que ce soit car il est certain que l’Eglise continuera d’être dans la visière de ceux qui vont finir par la rater cette fois-ci encore. Mais le cas du prêtre est celui qui me préoccupe en tant que fidèle croyant. Certains anticléricaux et franc-maçons ont prédit qu’ils n’arriveront à terrasser l’Eglise que lorsqu’ils auront fait tomber le prêtre. Or dans les fréquentations de la vie quotidienne, certains prêtres ne semblent pas l’avoir encore compris, s’adonnant à toutes les commodités de la vie, se mondanisant au détriment de la prière, se refusant à exprimer et à vivre la fierté de leur statut, manquant souvent de considération à l’égard de leurs fidèles qui auraient pu encore être un soutien pour leur relèvement et enfin et surtout, encourageant le recul du sacré dans la sainte liturgie.

Il me semble bien qu’en plus de la prière que les fidèles devraient être invités à intensifier pour leurs prêtres et leurs religieux et religieuses, un sérieux réaménagement doit, de façon indispensable, être opéré dans la sélection et la formation des prêtres de l’Eglise catholique. Pour ce dernier aspect, il me semble impérieux d’introduire dans les programmes de formation dans les grands séminaires des enseignements profanes comme quelques sciences biologiques, juridiques et politiques, les relations humaines, le management des ressources humaines, la dynamique de groupe, … bref tout ce qu’il faut pour permettre au prêtre d’assumer un leadership bénéfique et exemplaire dans sa société d’existence. La cabale médiatique échouera assurément. A mon tour, je veux rassurer la presse. Je n’ai rien contre elle.

D’ailleurs, elle recueillerait tout mon soutien si elle s’était plutôt intéressée à montrer, même avec virulence, comment, dans sa liturgie d’aujourd’hui, à travers certaines homélies comiques et ridiculement vides, des danses mondaines et inappropriées généralement en guise d’action de grâce, des chansons théologiquement contestables et incongrues, des habillements indécents, des attitudes désinvoltes et des bavardages irrévérencieux de certains de ses fidèles à l’intérieur des chapelles, l’Eglise d’Afrique, peut-être sans le savoir, s’éloigne jour après jour du sacré et de la méditation chers pourtant à son fondateur, Jésus-Christ. Oui, presse nationale ou internationale, aide l’Eglise à suivre les pas du Christ mais abstiens-toi de lui jeter des peaux de bananes car jamais Elle ne tombera.

Osée Gaétan Possy-Berry QUENUM Fidèle catholique Ancien séminariste e-mail : qosee@yahoo.fr

Le Pays

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