Ecoles sous paillotes : Une solution pour instruire à tout prix

Mogtédo, localité située à environ 85 km de Ouagadougou dans la province du Ganzourgou, a une particularité : des écoles sous paillotes estimées à 34 sur un total de 54 dans cette circonscription d’enseignement de base. Elèves et enseignants se battent au quotidien contre les intempéries, les uns pour s’instruire, les autres pour accomplir leur fonction.

Hangars couverts de paille soutenus ça et là par des troncs d’arbres et clôturés de murets prolongés par des bâches ou des seccos. Un tableau de classe sur chevalet où toute écriture est illisible.

Quelques tables-bancs, des briques servant de bancs et même que certains élèves sont assis à même le sol. Nous sommes à l’école primaire de Bomboré V1 à Mogtédo. Des établissements primaires de ce genre sont légion dans cette commune de la province du Ganzourgou.

Ces écoles esseulées sont bien loin des concessions. Les élèves parcourent souvent plus de 6 km pour rejoindre leur lieu d’apprentissage. Les classes de fortune ont été érigées de concert avec les parents d’élèves, le conseil municipal et la CEB de Mogtédo pour répondre à un manque d’infrastructures dans la zone. Sans hésiter, les parents d’élèves les ont construites.

Des initiatives qui s’inscrivent dans la politique du gouvernement d’augmenter le taux de scolarisation au Burkina Faso. "Cette politique gouvernementale, qui est l’éducation pour tous d’ici à l’horizon 2015, a stimulé le taux de scolarisation.

Elle est salutaire et volontariste. Notons que toutes ces écoles bénéficient des manuels scolaires que donne le ministère. Et systématiquement, ces classes sous paillotes devraient être remplacées par des écoles classiques.

Cependant, la demande étant très forte, cela n’est pas le cas pour le moment. Du coup, les élèves apprennent dans des mauvaises conditions, les parents souffrent, ce qui semble hypothéquer les performances de l’enseignant", reconnaît l’inspecteur de la circonscription de Mogtédo, Moumouni Compaoré.

Dans ces conditions où il est difficile de faire des résultats, les différents acteurs de l’éducation sont affectés. En premier lieu, les parents d’élèves regroupés en Association des parents d’élèves (APE) et qui ont motivé l’ouverture des écoles.

Certains, comme Oumarou Zoungrana de Bamboré, semblent déjà vouloir baisser les bras : "le découragement se situe à tous les niveaux, à tel point que certains se désolidarisent. Nous renouvelons cette classe à chaque rentrée et il nous faut retrousser les manches car il faut une nouvelle classe pour une nouvelle promotion à la rentrée prochaine. Dans cette classe de CE1, il n’y a que 5 tables-bancs, le reste des élèves sont sur des briques".

En effet, pour une classe de 50 élèves dont 33 garçons et 17 filles, il n’y a que 5 tables-bancs qui plus ne sont pas à la taille des élèves puisqu’ étant auparavant utilisés par le centre d’alphabétisation. Le maître Kourita Kologo est contraint d’arrêter les cours dès les premières pluies. Les élèves souffrent aussi d’autres intempéries. "Nous sommes en classe, mais nous souffrons de l’harmattan, du soleil et du froid. Nous n’avons pas de point d’eau à côté. Mes voisins et moi suivons les cours sur des briques", s’explique un élève.

L’enseignant de cette classe n’est pas au bout de ses peines, lorsqu’il s’agit de réaliser certains matières. Pour la leçon de copie appliquée par exemple qui exige de l’application de la part des élèves, Kourita Kologo est obligé de diviser la classe en groupes en fonction de cinq tables-bancs disponibles.

A quelque 6 km de Bomboré V1, l’école V1 et V2 de Mogtédo présente les mêmes caractéristiques. Constituée de 3 classes-paillotes tenant lieu de classe et avec un effectif de 144 élèves, elle est érigée sur une clairière. Seul le drapeau national indique que l’on est dans un lieu administratif. Trois instituteurs assurent l’éducation des enfants. Les élèves de cette école ont plus de chance que ceux de Bomboré, car une structure œuvrant dans la récupération des enfants sur les sites aurifères leur a doté des tables-bancs.

Evidemment que cette circonscription d’enseignement de base n’est pas la seule à rencontrer de telles difficultés. Pour alléger les difficultés rencontrées dans ces écoles, certaines mesures pourraient être adoptées : l’accès à l’eau potable, la fourniture en tables-bancs, voire une cantine pour ces élèves qui restent à l’école avec souvent de la nourriture faisandée.

Nonobstant, les sollicitations combien nombreuses et diverses du secteur de l’éducation, les acteurs des écoles Bomboré V1 et l’école V1 et V2 de Mogtédo ne perdent pas espoir d’une rentrée scolaire prochaine dans de meilleures conditions.

Remi ZOERINGRE

Sidwaya

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