Promotion de la culture du coton bio :

« Burkina Fashion » le plus important contrat de toute l’industrie de la mode

Le coton burkinabè est désormais entre les mains des marques très branchées du monde. Victoria’s Secret et ses partenaires asiatiques et américains ont créé grâce au coton 100% bio burkinabè une gamme de lingerie, « Burkina Fashion ». Elle fabrique et commercialise des sous-vêtements féminins et des t-shirts avec exclusivement du coton bio burkinabè.

Mme Tessy Winkelman est consultante à la présidence du Faso et directrice associée du cabinet-conseil américain Movalis. Elle est présente à Ouagadougou pour préparer avec l’union nationale des producteurs du coton du Burkina (UNPC-B) la prochaine campagne de coton bio et commerce équitable pour le partenaire américain Victoria’s Secret. C’est d’ailleurs elle qui a incité la firme américaine à s’intéresser au coton burkinabè. Avec surtout la contribution combien importante du chef de l’Etat Blaise Compaoré qui a invité Victoria’s Secret à venir au Burkina pour s’en convaincre. Ce qu’elle fit en septembre 2006 en envoyant son conseiller stratégique Mark Neumann. L’UNPC-B a réussi à le rassurer que les deux sociétés feraient du « bon business ». Un contrat de partenariat est signé le 16 juillet 2007.

Dans un monde fortement urbanisé et mécanisé, beaucoup de citoyens se sentent concernés par la destruction de l’environnement. « Aujourd’hui, il y a une vague importante de personnes qui souhaitent non seulement manger bio mais aussi s’habiller bio », soutient Mme Tessy Winkelman. La holding américaine Victoria’s Secret leur porte son appui. A cet effet, ce géant de la lingerie mondiale commercialise des sous-vêtements féminins (slip, soutien-gorge) fabriqués exclusivement avec du coton 100% bio. Le coton du Burkina a eu le privilège d’être choisi. A chaque campagne cotonnière, la société américaine achète 600 tonnes de coton bio burkinabè. Victoria’s Secret s’inscrit ainsi dans le cadre de la lutte contre la destruction de l’environnement en encourageant la culture de l’or blanc sans produits chimiques.

Il y a un autre atout qui a milité pour le choix de l’or blanc du Faso. « Non seulement, on n’a pas utilisé des engrais chimiques et des pesticides mais aussi on n’a pas non plus fait recours à l’irrigation », précise la consultante de la présidence du Faso. L’irrigation du coton provoque l’assèchement de certains cours d’eau. C’est le cas du lac le plus important d’Ouzbékistan qui connait un assèchement inquiétant. Pourtant, l’eau est de plus en plus un souci majeur pour les gouvernements mais aussi les citoyens. « Le coton bio burkinabè est rain-fed (nourri par la pluie) » ajoute-t-elle. 70% des producteurs de coton bio de notre pays sont des femmes. Victoria’s Secret, ce fleuron branché de l’économie américaine ne fait des produits que pour des femmes. C’est une autre raison qui explique le choix du coton burkinabè.

15 millions de slips Burkina Fashion

Depuis la signature de l’accord de partenariat le 16 juillet 2007 entre l’UNPC-B, MAS Holdings et ALOK, tous deux partenaires de Victoria’s Secret, ce sont 1800 tonnes de coton fibres burkinabè que la société américaine a utilisé pour produire des millions de lingerie. Pour cet été, il a été lancé la fabrication de 15 000 000 de slips Burkina Fashion. Des millions de soutiens-gorges Burkina Fashion et des t-shirts sont également commercialisés par le géant de la lingerie mondiale. Cette société américaine travaille avec les plus célèbres Top Models du monde. C’est le super top modèle brésilien Emmanuelle qui a fait la promotion de la lingerie Burkina Fashion pour Victoria’s Secret avec le plus important contrat de toute l’industrie de la mode. Il monte à 26 millions de dollars pour quatre ans.

Comme toute société responsable, la holding américaine est sensible aux causes de la société.

Une des causes sociales dans laquelle elle s’investit, c’est la lutte contre le cancer de l’utérus et du sein. Ces cancers n’étant liés qu’aux femmes. « Comme c’est une gamme de lingerie, le cancer de sein vient tout de suite comme une première cause », précise Mme Winkelman. La holding Victoria’s Secret est l’une des plus importantes contributrices dans la lutte contre le cancer de sein aux Etats-Unis. Le t-shirt qui a fait l’objet de sa campagne en janvier 2010 a été présenté et étiqueté comme un t-shirt 100% coton bio burkinabè. Ce t-shirt fait partie de la campagne de sensibilisation de la fondation Victoria’s Secret contre le cancer de sein. Ainsi, en plus du gain financier qui leur permet d’assurer la scolarisation de leurs enfants, ces productrices burkinabè contribuent à la lutte contre le cancer de sein, loin de leur base. Une cause sociale noble.

Mais pour l’instant, ces t-shirts et sous-vêtements ne sont vendus qu’aux Etats-Unis. Les produits de cette gamme de lingerie 100% Burkina Fashion sont également vendus sur Internet. Mais on ne peut les acheter que dans les 3000 boutiques de Victoria’s secret réparties à travers les USA. Donc « ces sous-vêtements pour les femmes burkinabè, ce n’est pas pour demain », reconnait Mme Tessy Winkelman. Mais ce partenariat UNPCB-Victoria’s Secret, au-delà des enjeux commerciaux, contribue à faire rayonner l’image du Burkina Faso aux USA et dans le monde entier.

Victoria’s Secret achète le coton bio à un prix très élevé comparativement au prix du coton BT. Les productrices bénéficient aussi d’une prime bio c’est-à-dire pour avoir fait des efforts de produire bio. Il y a aussi une prime dite prime commerce équitable. Avec cette prime commerce équitable, l’UNPC-B a pu financer la réalisation de 22 forages pour les populations de ces localités depuis 2008 avec l’appui de la fondation Suka et le génie militaire.

Quant à Mme Tessy Winkelman, par qui Victoria’s Secret est arrivé au Burkina, elle continue à soutenir les initiatives de développement à travers des conseils, des mobilisations de ressources financières ou des créations de partenariat. Depuis 2005, elle aide le Burkina à développer de nouveaux partenariats, mobiliser des ressources pour financer des études, obtenir des dons pour de petits projets ici au Burkina. L’année dernière, c’était 1 400 000$ qu’elle a pu mobiliser.

Moussa Diallo : Lefaso.net

Publicités
Cet article a été publié dans Non classé. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s