Spiruline de Nayalgué : Le Burkina à l’ère de la production industrielle

Le Premier ministre, Tertius Zongo a présidé, le vendredi 28 mai 2010, à Nayalgué, localité située à quelques kilomètres de Koudougou, l’inauguration d’une unité de production de spiruline. Il en a profité pour autoriser la mise officielle sur le marché du FACA, un médicament pour le traitement de la drépanocytose.

Réalisée par le projet Spiruline Nayalgué, l’unité de production qui vient d’être inaugurée est le fruit d’un partenariat réussi entre le diocèse de Koudougou, l’ONG Technap (France) et le gouvernement du Burkina Faso.

Entièrement moderne, l’unité comprend un bâtiment technique, des bureaux et laboratoires équipés, un champ solaire de 128 plaques, un local technique, 2400 m2 de bassins aménagés en modules de production, un château-d’eau, deux puits busés, une route d’accès, un parking auto/moto et deux allées pavées.

Pour le ministre de la Santé, Seydou Bouda, cette unité cache bien de prouesses industrielles. En effet, le champ solaire par exemple, n’a pas encore d’égal en Afrique de l’Ouest. Il produit actuellement, aux heures de pointe, suffisamment d’électricité pour alimenter toute l’unité, climatisation et outils de production y compris.

Un excédant est même directement rétrocédé à la SONABEL pour distribution sur son réseau connecté au champ solaire de l’unité. Cet ingénieux système a été installé bénévolement par une ONG française « Electricien sans frontières ». « Il pourrait inspirer la sécurisation future de l’approvisionnement en électricité, de nos formations sanitaires », estime Seydou Bouda.

L’unité présente une seconde prouesse, à savoir, les moteurs électriques de ses modules de production qui ont été entièrement conçus, développés et fabriqués par des artisans de Koudougou avec le concours de techniciens sortis des universités burkinabè.

« Nous pouvons être fiers de cette unité industrielle de production », avance M. Bouda. L’unité qui a une capacité de production de 4 000 Kg de spiruline par an a aussi créé des emplois permanents et contribué à une maîtrise parfaite de la production de la spiruline de haute qualité par notre pays. « La spiruline est un produit de santé dont la lutte contre la malnutrition modérée n’est plus à démontrer.

Sa consommation régulière est aussi recommandée aux personnes âgées ou convalescentes et à tous ceux qui fournissent un effort intense physique ou intellectuel », rappelle le ministre de la Santé. Il ajoute que grâce à cette unité de production de Nayalagué, « notre pays a acquis une maîtrise de toute la chaîne de développement de la spiruline, allant de la culture en bassin jusqu’au conditionnement des produits finis sous leurs formes pharmaceutiques modernes et à la commercialisation sur le marché national et international.

Le tout dans un environnement d’assurance qualité qui crédibilise notre produit et force l’admiration ». Le label « Spiruline du Burkina » force ainsi le respect et est très apprécié dans des pays comme la France, le Maroc, la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Mali et le Niger. Les exportations vers ces pays sont même en net progrès. Selon le chef du Projet Spiruline Nayalagué, Dr Mahamoudou Compaoré, « 60 % de la production est exportée. »

Pour l’évêque de Koudougou, Mgr Basile Taspoba, le ministère de la Santé doit contribuer à disponibiliser de la spiruline dans toutes les formations sanitaires du pays et mieux, amener les Burkinabè à la consommer. Seydou Bouda rassure que des initiatives sont prises dans ce sens, tout comme la conquête d’autres marchés en Europe, en Amérique et dans d’autres pays d’Afrique.

En marge de la cérémonie d’inauguration de l’unité de production, le chef du gouvernement a procédé à la remise officielle de l’autorisation de mise sur le marché du FACA, un médicament contre la drépanocytose. En faisant d’une pierre deux coups, le ministère de la Santé entendait rendre hommage aux « chercheurs qui permettent à notre pays de gagner du terrain sur la maladie, notamment la drépanocytose, une pathologie négligée par les laboratoires pharmaceutiques des pays développés, et dont nos ancêtres possédaient pourtant les secrets en matière de traitement ».

En parvenant à l’autorisation officielle de mise sur le marché du FACA, l’Institut de recherche en sciences de la Santé (IRSS) du Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST) signe ainsi, une double victoire : une découverte scientifique majeure et une valorisation des savoirs traditionnels, véritables réservoirs inépuisables d’informations médicales dont l’exploitation nous apporterait bien d’espoirs et de succès.

La mise officielle du FACA sur le marché couronne une vingtaine d’années de recherche acharnée et renforce la présence de notre pays au rang des nations scientifiques. Au final, cette cérémonie traduisait la volonté du gouvernement à encourager les acteurs de la recherche qui permettent au Burkina de toujours progresser.

Victorien A. SAWADOGO


Le point de vue du chef du gouvernement, Tertius Zongo

« Nous pouvons être satisfait de ce que nous avons vu à Nayalgué. On dit que la santé n’a pas de prix et aujourd’hui, nous voyons ce que nous pouvons faire à travers nos chercheurs qui ont permis de mettre à la disposition des populations, des produits de qualité. Pour la spiruline, nous nous rendons compte que le produit est plus connu à l’extérieur qu’au Burkina, parce que 60 % de la production est vendue à l’étranger. Nous avons de quoi être fier.

Nous avons aussi constaté que si nous avons atteints de bons résultats, c’est aussi grâce au partenariat entre l’Etat, l’Eglise et l’ONG Techmap. L’Etat n’était pas seul. L’Eglise a joué sa partition, l’ONG également. Cela nous enseigne qu’ensemble, nous sommes capables de grandes choses. La réalisation de cette unité de production nous indique aussi que nous devons faire confiance à nos chercheurs qui ont accompagné ce projet. Nous devons faire confiance aussi à nos artisans puisque tout le matériel de l’unité a été réalisé par eux.

C’est une combinaison de choses qui montrent que lorsque nous nous mettons ensemble et qu’il y a la volonté, nous pouvons aller loin. Je souhaite bon vent à l’unité de production de spiruline. Le gouvernement l’accompagnera et œuvrera à la promotion de ses activités. Moi-même, je consomme de la spiruline et je vais m’investir pour que les ventes au niveau national progressent également. »

Propos recueillis par V.A.S.

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