SOMMET DE NICE : Quand l’Afrique se vend moins cher

Le 25e sommet France-Afrique, rituel imposé par Georges Pompidou en 1975, qui se tient à Nice coïncide avec le cinquantenaire des indépendances de la plupart des États d’ Afrique francophone. Et 50 ans après les indépendances, le bal des marionnettes continue. Ce sommet vient renforcer encore cette idée que l’Afrique a toujours du mal à se défaire de la France, devenue comme un boulet à ses pieds. La grande question qu’ on est en droit de se poser est donc de savoir comment elle peut s’en défaire, pour amorcer son véritable décollage économique, après ces cinquante années de dépendance dans la disette.

D’abord, il y a cette aberration qui veut que tout un continent discute avec un seul Etat. Avec son potentiel géologique, économique et humain, l’Afrique doit désormais exiger plus et ne pas se livrer moins cher à une France qui ne s’en frotte que les mains. Sarkozy a de quoi dire aux autres puissances ; "Voyez jusqu’où s’étend mon influence !" Dans les négociations internationales, cela compte. Ensuite, l’organisation de tels sommets devrait profiter aux populations africaines. Mais on peut en douter, au regard des maigres résultats engrangés au fil des sommets. Ces rencontres sont plutôt bénéfiques à la France tant du point de vue politique, économique que géo-stratégique.

Les chefs d’État africains s’y rendent pour ne pas fâcher le locataire de l’Élysée afin de s’assurer une pérennité au pouvoir. A l’instar de certains disciples recevant des directives de leur maître, certains sont devenus des marionnettes entre les mains de la France qui, pour l’essentiel, tire les ficelles pour ses propres intérêts. Est-ce par manque de courage ou par complexe ? Si nombre de dirigeants accourent autant à cette grand-messe, c’est qu’ils en espèrent des retombées, généralement d’ordre politique. Certains s’intéressent plus à la quiétude de leurs comptes en banque et d’autres à la manière de perdurer au pouvoir avec le soutien de la France .

Et pour cela, il ne faut pas heurter le grand manitou. Par ailleurs, ces sommets montrent bien qu’il y a toujours ce paternalisme humiliant entre la France et l’Afrique. Pourtant, on devrait prendre conscience que sans l’Afrique, la France ne pèse pas. Des chefs d’État refusent du reste de participer à cet anachronisme colonial. L’ex-président Alpha Omar Konaré, à ce titre, a donné un bel exemple d’indépendance en son temps, en refusant d’obtempérer à une convocation de Chirac à Dakar. Laurent Gbagbo, pour d’autres raisons, veut s’inscrire aussi dans la lignée des dirigeants qui refusent de se soumettre au dikta de Paris. En tout état de cause, l’Afrique gagnerait à s’organiser pour sortir de ces rencontres dont elle ne tire rien, sinon à faire rayonner des puissances palissantes, face à celles émergentes comme la Chine, l’Inde et le Brésil.

Timothée N ZOMBRE

Le Pays

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