France-Afrique : le sommet de Nice « marquera une étape »

Les relations entre la France et le continent seront désormais débarrassées des "complexes" du passé, assure Nicolas Sarkozy, qui a ébauché une nouvelle stratégie commerciale de la

France en Afrique.

Au sommet France-Afrique de Nice (Afp) Au sommet France-Afrique de Nice (Afp)

Pour Nicolas Sarkozy, le 25e sommet Afrique-France, qui s’est tenu à Nice lundi 31 mai et mardi 1er juin, marque "une étape" nouvelle dans les relations entre la France et le continent, désormais débarrassées des "complexes" du passé. "Ce sommet marquera une étape", a-t-il déclaré mardi, lors d’une conférence de presse à l’issue du sommet, en réponse à une question sur la "Françafrique". Le terme "Françafrique" désigne le lien particulier entretenu par la France pendant des décennies avec ses ex-colonies africaines, mêlant réseaux occultes, accords militaires secrets et chasses gardées commerciales.
"C’est très étrange les sommets. Quand un chef d’Etat est passionné par l’Afrique, il y a beaucoup de suspicion. Quand il est moins passionné (…), il y a beaucoup de critiques. Entre ingérence et indifférence, c’est extrêmement compliqué", a déclaré le président français, avant de se féliciter que "ce sommet, avec les thèmes qu’on a mis sur la table (gouvernance, sécurité et climat), avec la présence des entreprises (…), tourne la page d’une relation complexe et complexée".

Pas de "dîner des amis", mais un sommet "familial"

"L’Afrique est heureuse de voir qu’un grand pays européen est à ses côtés pour qu’elle ait sa place dans la gouvernance mondiale. L’Afrique est heureuse qu’une grande économie développée se soit mobilisée à Copenhague pour que l’Afrique soit la première bénéficiaire des fonds s’agissant de la bataille pour le climat", a ajouté Nicolas Sarkozy lors de cette conférence de presse.
Il a aussi répété combien il était "heureux d’avoir supprimé le dîner des amis", qui regroupait traditionnellement les anciennes colonies françaises à le veille du sommet, réaffirmant qu’il n’avait que des amis au sommet de Nice.
Le président a toutefois omis d’indiquer qu’un sommet qualifié de "familial" rassemblerait les 13 et 14 juillet les anciennes colonies africaines fêtant cette année le cinquantenaire de leur indépendance.
Interrogé pour savoir ce qu’il pensait de l’acquisition récente par la présidence gabonaise d’un immeuble parisien d’un montant de 100 millions d’euros, Nicolas Sarkozy a indiqué n’être pas informé ni "consulté" pour des affaires immobilières.
De leur côté, les chefs d’Etat africains ont salué la "méthode" Sarkozy : Jacob Zuma a notamment évoqué des dicussions "directes", parfois "musclées" sur les questions de gouvernance, mais aussi "franches" et "ouvertes".

Une nouvelle stratégie commerciale

Dans son discours de clôture sommet, qui a précédé cette conférence de presse, Nicolas Sarkozy a ébauché une nouvelle stratégie pour maintenir les positions commerciales de la France et en gagner de nouvelles sur le continent africain, dans un contexte de concurrence accrue, notamment face aux appétits des chinois et indiens. Un objectif qui fut au coeur de ce sommet.
"La France et l’Afrique débordent de projets, pas des projets les uns contre les autres mais les uns avec les autres", a fait valoir le président de la République.

La place de l’Afrique dans les échanges commerciaux de la France est passée de plus de 40% dans les années 60 à quelque 2% aujourd’hui.
Si les positions du pétrolier Total au Gabon ou au Congo, du groupe nucléaire Areva au Niger ou des industriels Bolloré ou Bouygues en Côte d’Ivoire ne sont pas directement menacées, Paris entend être compétitif au-delà de ses anciennes colonies. Un objectif qui explique que le président français Nicolas Sarkozy ait associé à ce sommet plus de 200 entreprises françaises et africaines.
"Ces dernières années, on a beaucoup réduit les risques pour les investisseurs en travaillant sur la gouvernance", a souligné à l’AFP Donald Kaberuka, président de la Banque africaine de développement (BAD). La croissance en Afrique "est restée positive malgré un ralentissement" lié à la crise économique mondiale, a-t-il relevé.
L’arrivée massive des Chinois, qui ont décuplé leurs échanges commerciaux avec le continent en dix ans pour atteindre plus de 108 milliards de dollars fin 2008, mais aussi d’autres pays émergeants comme le Brésil ou l’Inde, a poussé Paris à réagir.
Total, qui a réalisé en Afrique sa "plus grosse croissance en terme de production et de réserves" en 2009, veut "veiller à ce que les Chinois ne soient pas seuls à venir en aide" au continent, a expliqué au journal Les Echos le PDG du groupe, Christophe de Margerie.

Partenariats et transferts de technologie

L’idée est aussi d’adopter une approche pragmatique, "décomplexée", a insisté lundi Nicolas Sarkozy, en aidant le privé pour doper les secteurs de croissance et en encourageant partenariats et transferts de technologie.
"En Afrique, à chaque fois que j’investis un dollar, le retour sur investissement est de 5 dollars. Ce qui est important, c’est le climat des affaires", martèle Donald Kaberuka.
Les entreprises réunies à Nice ont adopté à ce sujet une charte visant à bannir la corruption et louant la transparence. "Des attitudes vertueuses naissent des dynamiques heureuses", a souligné à la clôture du sommet la dirigeante du patronat français (Medef) Laurence Parisot.
"Un enthousiasme nouveau, régénéré, est né de ce 25e sommet", a-t-elle estimé en annonçant la création d’une association entre les patronats d’Afrique et de France.
A Nice, la France a défendu aussi son rôle de "moteur" pour un développement durable, avec la volonté de créer une dynamique avec les Africains sur les questions climatiques et la recherche de sources d’énergie propres.
"Nous voulons le partage des technologies, notamment sur les énergies renouvelables et solaires", a souligné le président français. "C’est bien plus intéressant de partager la technologie" plutôt que favoriser "des budgets d’aide au développement qui n’ont pas toujours tenu leurs promesses", a-t-il dit.
De son côté, le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi, qui est le négociateur en chef du continent sur le climat, a rappelé que l’Afrique n’était "pas la cause mais la victime du changement climatique" et qu’elle voulait "voir la couleur de l’argent" promis à Copenhague fin 2009 pour lutter contre la déforestation.

(Nouvelobs.com avec AFP)

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