Brice Hortefeux condamné : Peine ministérielle pour injures raciales

Brice Hortefeux se serait bien passé de ce fait historique : pour la première fois en effet depuis cinquante ans, un ministre en exercice de la République française a été condamné, par la 17e Chambre du tribunal correctionnel de Paris le 3 juin 2010, à une amende de 750 euros et au versement de 2000 autres de dommages et intérêts au Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), auteur d’une plainte contre lui.

Une peine plus lourde que le réquisitoire du Procureur parce que quand on est une personnalité, on doit donner le bon exemple. “Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne”, comme dirait l’autre.

L’affaire remonte au 5 septembre 2009 où le ministre de l’Intérieur, pendant les universités d’été de l’UMP, alors qu’une militante du parti présentait un de ses camarades d’origine maghrébine qui insistait pour faire une photo avec l’autorité, rétorqua : “Quand il n’y en a qu’un ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes”. Tollé général dans la classe politique et dans l’opinion publique.

La Majorité est pour le moins embarrassée, et la Gauche demande purement et simplement la démission du ministre pour ses propos, jugés outrageants, méprisants et racistes. L’incriminé avait beau se défendre en disant qu’il visait les Auvergnats et non les Arabes, ce pur mensonge n’est jamais passé.

Son avocat a certes décidé de faire appel du jugement, mais, quelle que soit l’issue finale de cette affaire, l’ami de trente ans du président Nicolas Sarkozy (il fut le témoin du 1er mariage du président et le parrain (de baptême) de son fils Jean) en sortira forcément affaibli ; même si ceux qui réclament sa tête ont réellement peu de chance de l’obtenir.

En fait, ce haut fait d’arme de Hortefeux n’a rien de surprenant pour qui connaît l’homme : ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire dans le premier gouvernement Fillon, n’avait-il pas imposé des quotas annuels d’immigrés sans papiers à renvoyer chez eux, se félicitant même parfois des prouesses qu’il faisait en la matière ?

Certes, la France, comme dirait Michel Rocard, ne saurait accueillir toute la misère du monde, mais l’attitude faite, au mieux, de condescendance, au pire, de mépris et d’injures, comme dans le cas de Hortefeux est proprement rageante. Au demeurant, celui que la presse française a surnommé le “porte-flingue de Sarkozy” s’est fait la bouche de l’âne, en se lâchant là où de nombreux autres responsables observent un silence hypocrite.

Qu’elle est loin, cette France blanc-black-beur qu’on célébrait pendant le Mondial 98 quand Zidane et tous les négros des Bleus ont offert à l’Hexagone sa première Coupe du monde !

La sortie de Brice Hortefeux est d’autant plus inqualifiable que les libertés qu’il s’autorise avec les Arabes ou les Noirs, il n’oserait pas en avoir le millionième à l’endroit d’autres groupes raciaux comme les Juifs par exemple. Il peut pisser et secouer sans crainte sur le crâne de Mamadou ou de Samir, mais s’il s’amuse à égratigner Moshe, il saute le même jour. Ainsi va la France, patrie des droits de l’Homme .

Adama Damiss Ouédraogo

L’Observateur Paalga

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