Les évêques du Burkina chez Blaise : Messes basses à Kosyam

Les évêques de la Conférence épiscopale Burkina-Niger était en audience à Kosyam le jeudi 10 juin 2010. Avec le président du Faso, ils ont évoqué, selon leur porte-parole, bien de sujets. Mais contre toute attente, ils n’auraient pas échangé avec lui sur la question brûlante sur l’article 37 de la Constitution burkinabè, qui ne finit pas de faire des gorges chaudes. Eux qui, pourtant, s’étaient clairement prononcés sur la situation, au sortir de leur deuxième assemblée annuelle, tenue à Fada N’Gourma en février dernier.

“Les évêques du Burkina et du Niger ont trois rencontres annuelles. Quand l’une d’elle a lieu à Ouagadougou, les prélats sollicitent toujours une audience auprès du chef de l’Etat pour une visite de courtoisie, et pour lui parler de leurs églises respectives et pouvoir aussi l’écouter”, contextualise la visite, Mgr Séraphin Rouamba, porte-parole des évêques. C’est donc tout naturellement ce qui s’est passé hier jeudi 10 juin 2010 à la résidence du président du Faso, où le maître des lieux a échangé près d’une heure avec ses visiteurs d’une matinée.

Selon Mgr Séraphin François Rouamba, archevêque de Koupéla et président de la Conférence épiscopale Burkina-Niger, ce qui s’est dit entre les quatre murs de Kosyam n’a concerné ni plus ni moins autre chose que ce qu’il a évoqué plus haut. Devant l’insistance des journalistes, il soutient que cela aurait même pu prendre trois jours de discussions (hilarité générale). Marquant un temps d’arrêt prolongé, l’évêque de Koupéla affirme qu’il a surtout été question de la marche des différentes églises qu’ils dirigent, de la contribution, de la participation à leur niveau à la construction de la nation.

Chaque fois qu’il s’agit de construire et de promouvoir le bien commun, a dit Mgr Rouamba, les chefs de l’Eglise sont toujours présents. La rencontre, à son avis, leur a aussi permis d’écouter le premier responsable du pays sur sa vision des choses. A la question de savoir si le sujet des réformes politiques a été évoqué avec Blaise Compaoré, l’archevêque, qui a pratiquement louvoyé, a fini par répondre que chaque fois qu’il en a fait cas, les évêques ont toujours essayé de donner leur point de vue.

Les journalistes, pas très satisfaits des réponses de l’homme d’Eglise, ont alors fini par poser clairement leur préoccupation. Celle de savoir si la modification de l’article 37 a été au programme des discussions avec le chef de l’Etat, ce d’autant plus que la Conférence épiscopale Burkina-Niger, dans une déclaration parue dans la presse nationale courant mars dernier en faisait expressément cas, laissant même apparaître leur position.

« Nous ne sommes pas un parti politique et nous ne sommes pas venus parler de l’article 37 avec le président du Faso ». Il a uniquement été question de la situation du pays, de l’ambiance qui prévaut actuellement. En tant que citoyens, ils ont estimé qu’ils avaient la possibilité de s’exprimer. N’étant pas à eux seuls le peuple burkinabè, mais pasteurs, ils ont pensé qu’ils avaient aussi le devoir de donner leur contribution à la réflexion commune.

A en croire Mgr Rouamba, les évêques ont rencontré une oreille attentive. Chaque fois qu’ils ont eu la chance et l’occasion d’être aux côtés du premier des Burkinabè, a-t-il confessé, il leur prête une oreille attentive, eux, de même vis-à-vis de ses propos. Il avoue avoir toujours affaire à un homme réceptif, un responsable qui sait écouter.

En rappel, la Conférence épiscopale Burkina-Niger, lors de leur 2e assemblée plénière annuelle, tenue à Fada N’Gourma du 15 au 21 février 2010, sur la modification de l’article 37, se posait la question de savoir à qui profiterait un retour en arrière en amendant de nouveau l’article incriminé pour y faire sauter la limitation des mandats présidentiels consécutifs.

Ils s’étaient interrogés si cela garantirait la paix sociale ou conduirait aux mêmes turbulences d’autrefois, surtout que beaucoup de dossiers pendants du passé, notamment les crimes économiques n’ont toujours pas trouvé de solutions. Ils s’étaient exprimés sur cette préoccupation dans le but d’interpeller toute l’opinion à plus de vigilance et de responsabilité en vue de préserver les acquis sociaux et politiques du peuple burkinabè.

D. Evariste Ouédraogo

L’Observateur Paalga

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