CORRUPTION DISCRETE : Zoom sur un phénomène silencieux mais fatal

Un forum sur la corruption discrète s’est tenu le jeudi 17 juin dernier à Ouagadougou à l’initiative de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat (ASCE) et de la Banque mondiale.

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Le contrôleur général d’Etat, Henri Bruno Bessin

A côté des détournements de fonds et autres malversations qui font la Une des médias avec du "boucan", il y a cette corruption discrète dont on parle peu mais qui est aussi fatale. La Banque mondiale, à la faveur de la publication du rapport sur le développement humain, a mis en lumière ce phénomène qui compromet la croissance économique. Pour le contrôleur général d’Etat, Henri Bruno Bessin, les organes de contrôle traitaient déjà le sujet bien avant que le concept ne soit élaboré. Il a illustré son propos en évoquant les missions de contrôle sur la présence et la ponctualité des agents dans les services publics, l’utilisation abusive des biens de l’Etat (véhicules, branchements d’électricité et d’eau), etc. Pour la Banque mondiale, la conviction est établie que la bonne gouvernance est "la condition sine qua non pour un développement durable et endogène".

Et c’est pourquoi, selon sa représentante résidente au Burkina, Galina Sotirova, il faut combattre sans relâche la corruption qui affecte surtout les populations vulnérables. De la présentation qui a été faite par cette institution, on retiendra que la corruption silencieuse se définit comme "la non-fourniture de services pourtant payés par les fonds publics". Elle se manifeste, entre autres, par l’absentéisme (des agents publics), le manque ou la revente des médicaments, la faiblesse des contrôles lors de la fabrication des engrais, le sureffectif dans les entreprises publiques et les insuffisances dans la qualité des services publics.

Ces actes influent négativement par exemple sur la qualité de l’enseignement, la productivité de l’administration et les rendements agricoles. Selon la Banque mondiale, si le Burkina a enregistré de bonnes performances en matière de lutte contre la corruption, des défis restent cependant à relever. Il s’agit notamment de l’accès à l’information budgétaire (depuis l’élaboration du budget), le renforcement du système judiciaire, l’amélioration de l’efficacité des services sociaux de base et l’amélioration des services publics pour le secteur privé (création d’entreprises).

Par Dayang-ne-Wendé P. SILGA

Le Pays

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