Equipe de France : Une indiscipline bien gauloise

C’est aujourd’hui à Bloemfontein que nos cousins les Gaulois livrent leur dernier match de poule, et peut-être bien le dernier de la coupe du monde tout court, car après un nul contre l’Uruguay (0-0) et une cuisante défaite face au Mexique (0-2), il faudrait que les Tricolores infligent un score homérique aux Bafana-Bafana tout en espérant que de l’Uruguay et du Mexique, l’une des deux empoche la mise de leur confrontation.

Beau challenge pour ceux qui croient encore au miracle dans le sport. Or, il se trouve que l’atmosphère chez les Bleus n’incite guère à l’optimisme. Tout au plus peuvent-ils gagner pour sauver l’honneur. En effet, de mémoire de supporters, d’amoureux du ballon rond et de spécialistes ès football, on avait rarement vu ça pour ne pas dire jamais. Quoi donc ? Une telle succession de scandales au sein d’une même formation engagée dans un si prestigieux tournoi.

Tout est parti du milieu de terrain Yoann Gourcuff qu’on disait en marge du groupe. C’était en fait l’arbre qui cachait la forêt des problèmes, lesquels n’ont pas tardé à éclater au grand jour. Après la débâcle devant les Mexicains, la poudrière a explosé avec Nicolas Anelka, qui, à défaut de marquer des buts, aurait agoni de propos orduriers l’entraîneur Raymond Domenech, ce qui lui vaudra son éviction de l’équipe ;

elle s’étendra avec Robert Duverne, le préparateur physique de la sélection, suspecté d’être la taupe ayant balancé l’info à l’Equipe et qui a failli en venir aux mains avec le capitaine Patrice Evra ; des joueurs qui refusent de s’entraîner par solidarité avec l’exclu de Knysna ;

Jean-Louis Valentin, directeur délégué auprès des équipes de France qui démissionne en mondovision. Bref, finalement, comme l’a si bien écrit le journal Libération, dans un jeu de mots bien appropriés, l’équipe de France est devenue un "footoir".

A telle enseigne que ce qui devait rester au stade des mêlées et démêlés sportifs est en passe de devenir une affaire d’Etat, avec l’implication personnelle du président Nicolas Sarkozy. Non content de dépêcher sur place son missi dominici, il a promis de plancher sur la question dès que les Coqs auront rejoint la basse-cour.

Réflexion faite, un tel bordel est peut-être caractéristique de ce pays dont le Général de Gaulle reconnaissait qu’il n’est pas facile de gouverner avec ses 300 fromages de marques différentes. Un pays où il ne se passe pratiquement pas une semaine sans qu’une grève ne se déclenche.

Rien d’étonnant donc si ce caractère, frondeur, grincheux et jamais content, bien français, déteigne sur les sportifs. Dans une telle ambiance, on imagine que tout le monde est pressé de tourner la page Domenech, un entraîneur qui a, certes, rendu d’éminents services au football de son pays, mais qui mérite bien le rôle de bouc émissaire qu’on va lui attribuer.

La France a, certes, des joueurs, mais elle n’a plus d’équipe. Il faut donc en reconstruire une autre.

Adama Ouédraogo Damiss

L’Observateur Paalga

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