MARCHES PUBLICS : Ces appels d’offres de la mort

Comment devient-on importateur au Burkina ? En la matière et comme dans plusieurs domaines, les textes sont bien élaborés. En principe, l’Etat a tout intérêt à ce que les marchandises et produits divers qui entrent sur son territoire, soient de qualité et ne mettent pas en danger la santé des populations et l’économie du pays. Mais à quoi assiste-t-on aujourd’hui ? Des pesticides non homologués sont entrés au Burkina et l’affaire commence à faire grand bruit. Il y a quelques années, des engrais douteux ont été livrés aux producteurs de coton.

Malheureusement, les exemples sont nombreux mais il y a une constante. Ce sont des importateurs à la petite semaine qui obtiennent des marchés parce qu’ils ont des gens bien placés ou parce qu’ils profitent d’un délit d’initié. « Ces bleus » sont souvent des « snipers » à la tête de sociétés dont les vrais responsables sont hors de la maison. Avec de telles personnes qui n’ont aucune expertise, peut-on être surpris du résultat ? Pendant ce temps, les entrepreneurs qui ont les agréments et sont des professionnels, sont complètement hors du circuit.

Au-delà de ces aspects, c’est toute la problématique des marchés publics qui est en cause. On aimerait bien que l’Autorité de régulation des marchés soit plus intransigeante, et veille du mieux qu’elle peut, au grain. Il ne se passe pas une semaine sans que la presse ne se fasse l’écho d’agissements très peu catholiques en la matière. Le danger serait même arrivé dans nos écoles primaires avec de l’huile destinée à une cantine et dont la qualité n’était pas irréprochable. L’Etat aurait-il décidé de fermer les yeux sur ces dérives ? Certainement, des efforts sont entrepris dans ce sens.

Mais, dans l’esprit des Burkinabè, les marchés publics reviennent toujours aux plus forts (financièrement et politiquement) qui ne se sentent pas obligés de fournir des services de qualité. L’Etat a certainement beaucoup à faire pour redorer son blason, en la matière. Mais surtout, il doit impérativement mettre de l’ordre pour protéger la santé des populations, mise à mal par des produits douteux importés et qui probablement échappent à la vigilance du Laboratoire national de santé publique censé être le dernier rempart contre ces opérateurs économiques qui semblent avoir juré de se faire du fric en marchant sur les cadavres de leurs compatriotes. Mais avant tout il semble urgent d’assainir l’environnement moral, le microbe ne se développant que sur un terrain favorable.

SIDZABDA

Le Pays

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