Loropéni au patrimoine mondial de L’UNESCO : Un an après, l’avenir des Ruines s’annonce rose

Les autorités politiques et administratives ont réitéré depuis Loropéni, leur ambition de bâtir en des termes plus concrets un projet autour des Ruines élevées au rang de patrimoine universel de l’humanité, le 26 juin 2010, lors d’une visite sur les lieux.

Il existe encore beaucoup de mystères à découvrir sur les Ruines de Loropéni. On ne sait pas encore ce que cachent les tonnes de terre qui recouvrent le terrassement originel des sols de cette cité plusieur fois centenaires. Moins mystérieusement, on ne sait pas non plus quels noms porteront les futurs hôtels et restaurant prévus sur ce site.

La joie de l’annonce de l’inscription de ce site au patrimoine mondial à fait suite à des déclarations de bonnes intentions destinées à « protéger », « sauvegarder », « valoriser », « promouvoir » les Ruines. Depuis, les idées commencent à prendre des formes plus concrètes. « Demain, nous aurons un petit hôtel, un petit réceptacle » a annoncé le ministre en charge du Tourisme et de la Culture, Filippe Savadogo, à l’occasion de la célébration de ce premier anniversaire.

Un restaurant de standing approprié devrait voir le jour. « Nous avons aussi pour les mois à venir un traçage beaucoup plus efficient de la voie qui va amener les gens sur les Ruines », a encore ajouté le ministre accompagné d’une forte délégation venue de Ouagadougou et de Gaoua. Pour lui, le gouvernement est favorable pour travailler avec les experts, les autorités régionales et le secteur privé, pour faire des Ruines de Loropéni, un pool de développement économique.

« On peut le faire », a-t-il martelé, espérant qu’un jour tous les visiteurs puissent faire escale directement dans la commune des Loropéni et non pas automatiquement à Gaoua, en raison de l’absence d’ infrastructures d’accueil. Le maire de Loropéni, Jacob Hien, est de cet avis.

Il estime qu’un « investissement solide » dans ce sens est possible et que sa ville mérite de se doter d’eau potable, d’électricté, de voies d’accès (Gaoua-Loropéni, Kampti-Loropéni et Banfora-Loropéni) de meilleure qualité. Tout semble bien parti pour la réalisation de ces infrastructures dans les années à venir.

« Nous sommes farouchement décidé à conduire ce projet (autour des ruines) le plus loin possible afin que les jeunes générations puissent en tirer profit avec fierté », a dit le ministre. Pour lui « ce n’est pas un problème d’argent » qui se pose, mais celui d’un dossier bien ficelé. Par ailleurs, tout ne doit pas venir de l’Etat. « Nous devons nous poser la question : qu’est-ce que nous pouvons faire pour aider l’Etat, voici l’esprit général qui nous anime un an après » a-t-il fait savoir.

De grands œufs pétrifiés à découvert

Abdoulaye Guido, un opérateur de la place, a offert 15 blouses et 15 brodequins aux guides et a été présenté au public comme exemple. Sur le site, on a pu découvrir un couple de guides touristiques, conduisant avec beaucoup plus de professionnalisme, les visiteurs. Alexis Diourbiel, l’un d’entre eux indique avoir enregistré quelques 1500 touristes depuis le 26 juin 2009.

"Au mois d’août les gens arrivent en masse, souvent par groupe et quelques fois on n’arrive pas à évaluer leur nombre" a-t-il confié. La visite vaut 500F CFA pour les nationaux et 1500 F CFA pour les autres. Par ailleurs, des gens veillent à la salubrité des lieux en ramassant les sachets et autres emballages laissés sur place, tout au moins pour ce qui a été constaté.

Une dizaine de maçons de la localité ont aussi bénéficié de formation en restauration des murs des ruines et leur passage est remarquable à certains endroits. Des brèches colmatées pour empêcher certains animaux de s’introduire à l’intérieur des ruines, des échafaudages dressés pour soutenir les murs, les Ruines de Loropéni réservent toujours des surprises et des énigmes dont aucun reportage ne pourra tout dire.

Par exemple, à la place des moellons pierreux qu’on présente, le visiteur verra en réalité de gros œufs, plus énormes que ceux de l’autruche, certainement d’un volatile disparu, tous pétrifiés par des magiciens afin de construire les murs de l’intérieur. D’autres trous creusés dans le mur serviront aux poutres transversales des toits, mais les chercheurs n’en savent pas plus. On découvre aussi des chambres de hautes personnalités, des sous-compartiments de guerriers ou d’artisans.

En écoutant les guides et avec un peu d’imagination, on peut même entendre les commerçants de Tombouctou, de djenné échangeant avec les trapus de la Gold Cost. L’esprit des Anciens reste donc vivant et vivace. C’est pour cela que les riverains confient certains de leurs problèmes aux Ruines en promettant une reconnaissance tangible « si ça marche », indique le guide Diourbiel.

Il y a bien d’autres curiosités comme ces arbres qui servent à la fabrication des lames de balafons, ces figuiers juchés sur les murs et les espèces médicinales autour du site. Certains chercheurs pensent que les Burkinabè viennent pour la plupart de l’Afrique centrale. L’équipe des chercheurs conduite par le Pr Jean Baptiste Kiétega a découvert un arbre qu’on ne trouve qu’en Afrique centrale. A chacun sa déduction et ses extrapolations. Mais bien d’autres trésors restent à découvrir sous les tonnes de décombres.

Ainsi donc, les Ruines de Loropéni sont autres choses que la géométrie : les murs font plus de 6 m de hauteur, 1,4m d’épaisseur à la base, bâtis sur une fondation enfouie deux mètres sous sol, le tout décrivant une enceinte quasi-carrée de 11,5 hectares. En entendant le bitume souhaité par le maire, la route de Gaoua est aisément praticable et les Loropéniens se montrent accueillants. Sauf que ; certaines autorités coutumières ne serrent pas la main dans les salutations d’usage.

« Les ruines font renaître l’espoir chez les populations », estime le député Sié Roger Hien, parrain de la célébration. Elles sont invitées à s’investir davantage pour protéger le site, notamment des fréquents feux de brousse et de toute autre exploitation inappropriée pouvant le fragiliser. Et c’est sagement que les organisateurs ont maintenu les trembleuses venues de Tingréla (danseuses traditionnelles) loin des ruines.

Aimé Mouor KAMBIRE

Sidwaya

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