Taxis de Ouaga

  Dans toutes les villes du monde, où vous débarquez, que ce soit à l’aéroport ou à la gare de train, la première chose que voustaxi4 identifiez, ce sont les taxis.
Jaune à New York, rouge à Abidjan, limousines noires à Ottawa, ils vous apparaissent confortables, sécuritaires et ils le sont.
Un service organisé dans les aéroports et auto-gares vous permet d’embarquer à New York ou Ottawa par ordre d’arrivée.
A Abidjan, c’est un peu la bousculade ou à celui qui va être le plus volubile et réussir à vous embarquer. Qu’en est-il de Ouaga la belle ?
Le vert est bien apprécié comme couleur de l’espoir, de la forêt, de la douceur.
Le vert des taxis de Ouaga la belle n’est pas le problème, mais leur état de cercueils ambulants qui vous effraient dès la première vue.
Des taxis rouillés, bringuebalants, déglingués, avec des rétroviseurs manquants, des pare-brises cassés, des sièges défoncés, voilà le triste spectacle que donnent à voir les taxis de la ville de Simon. Une capitale dont le pays se targue d’être un pays de service, qui reçoit chaque jour, chaque semaine, chaque mois, chaque année des invités de marque et qui organise à tour de bras des événements culturels, politiques, socio-économiques, etc., devrait soigner son thermomètre de bienvenue.
Car les taxis sont le reflet et l’image d’une ville pour tout visiteur qui y débarque pour la première fois. C’est le baromètre sur lequel elle est jugée.
La qualité des taxis d’une ville est un aperçu de la qualité du service de transport de celle-ci.
A Abidjan, New York, ou Ottawa, c’est le client qui détermine où il veut aller et le courtois chauffeur l’y conduit.
A Ouaga la belle, ce sont les chauffeurs qui imposent aux clients où ils vont, vous laissant très peu le choix d’embarquer ou de renoncer. A vous de vous adapter à son itinéraire et non le contraire.
Avec ce très peu de choix, si vous choisissez malgré tout d’embarquer, vous tomberez des nues de constater l’état intérieur du véhicule. Estimez-vous heureux et chanceux si vous ne voyez pas le sol sous vos pieds car des taxis troués circulent allègrement sans problème aucun à Ouaga la belle.
Et que dire de la surcharge ?
Vous voyez de loin un taxi arriver; vous avez du mal (à cause de la distance et si en plus vous souffrez de myopie avancée) à percevoir s’il est déjà rempli ou pas ; vous le hélez. Il s’arrête à votre niveau, plein à craquer avec tous les sièges occupés à l’avant comme à l’arrière. Éberlué, vous demandez au chauffeur s’il y a un de ses clients qui descend. Il vous assure que non et vous fait signe de monter. Vous vous demandez où vous allez bien pouvoir vous asseoir si vous obtempérez car, à moins d’être aveugle, vous voyez bien qu’il n’y a aucune place de libre. Si vous avez signé un pacte de suicide, vous y monterez. Sinon, vous direz à ce chauffard de continuer sa route vers la mort.
La question qui taraude à la vue de ces taxis de Ouaga la belle dont on ne peut être fier comme maire de cette ville est de savoir si la question de l’image de leur ville n’a jamais effleuré ses responsables. L’autre question étant de savoir pourquoi aucun opérateur économique parmi ces nouveaux ou anciens riches de la capitale africaine d’organisations événementiels ne pense à investir dans ce secteur à priori porteur.
Pourquoi n’y a-t-il pas à Ouaga la belle comme dans les autres grandes villes du monde des taxis dignes de ce nom et des taxis-compteurs ?
Une expérience très louable avait bien été tentée dans ce sens : des taxis jaunes à compteurs qu’on pouvait appeler de chez soi et P1000326qui venaient vous amener là où vous le désiriez. Je n’ai pas compris comment et pourquoi cette expérience avait échoué.
J’ai bien posé la question aux chauffeurs des taxis verts de Ouaga la belle.
Chacun a son idée là-dessus. Certains affirment sans rechigner que c’est la mairie centrale qui a mis à genoux cette compagnie pour faire prospérer ses autobus et qu’elle a même tenté sans succès de faire pareil avec eux. D’autres soutiennent au contraire que c’est le résultat de la mauvaise gestion de l’opérateur économique de ces taxis en question. D’autres encore que c’est le trop grand nombre de vélos et de motos dans la capitale des deux roues qui empêche l’existence de compagnies de taxis fiables dans cette ville.
Je ne sais pas exactement où se trouve la vérité.
Mais je reste surprise qu’une ville comme Ouaga n’ait pas de taxis dignes de ce nom

Angèle Bassolé

Advertisements
Cet article a été publié dans Non classé. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s