PENSION DES ANCIENS COMBATTANTS : Au Burkina, une joie modérée

A l’occasion du 14-Juillet, la Fête nationale française, le président Nicolas Sarkozy a annoncé l’alignement de la pension des anciens combattants africains sur celle des français. En attendant que cette décision soit mise en application, les anciens combattants du Burkina la juge tardive mais salutaire. Le président national de l’Association unique des anciens combattants, anciens militaires, veuves, orphelins et victimes de guerre (AUACAMVOVG), Soma Koné, commandant d’aviation à la retraite est de ceux-là.

Ils étaient environ 100.000 Voltaïques à aller au front pour défendre la France face aux milliers d’hommes, de chars et d’avions allemands. Parmi eux, plus de 50.000 combattants ont perdu la vie. Ceux qui sont revenus en terre voltaïque après les deux guerres mondiales ont vu leurs pensions cristallisées de 1962 à 2002, soit 40 ans. S’il n’y a pas eu d’ingratitude, il y a eu une injustice vis-à vis des anciens combattants. Une injustice que ceux-ci ont sans cesse dénoncée. Huit ans après, la France décide d’aligner la pension des anciens combattants africains sur celle des français.

La joie des bénéficiaires

Cette décision réjouit ceux qui ont versé leur sang pour la cause de leur colonisateur, la France. " J’ai accueilli la nouvelle avec joie. Mais cela ne m’empêche pas de dire qu’elle est tardive. Mais mieux vaut tard que jamais car la deuxième guerre s’est achevée en 1945", déclare le président national de l’Association unique des anciens combattants, anciens militaires, veuves, orphelins et victimes de guerre, Soma Koné, commandant d’aviation à la retraite.

Cristallisation des pensions

Selon ses affirmations, les pensions des anciens combattants ont été cristallisées depuis 1962. C’est à partir de 2002 qu’il y a eu une timide décristallisation.

De nombreux décès

"Si aujourd’hui la France décide de décristalliser totalement les pensions, nous ne pouvons que saluer cette décision", a-t-il dit. Cependant, il déplore le fait que beaucoup d’anciens combattants soient morts avant l’annonce de cette décision. Car sur près de 50.000 pensionnés, il ne reste plus que 5780 personnes. Mais si ces derniers peuvent bénéficier des mêmes pensions que leurs collègues français, cela ne peut que constituer un ouf de soulagement pour les veuves et orphelins, a-t-il confié. Il a souhaité que cette décision soit mise en application rapidement, sinon immédiatement, car si elle traîne, d’autres mourront encore sans voir les fruits de cette décision. Le président de l’AUACAMVOVG a laissé entendre que certains anciens combattants vivent dans la misère car leurs pensions ne leur permettent pas de joindre les deux bouts. "Cela ne me fait pas plaisir de parler de la misère des anciens combattants car certains tirent le diable par la queue".

Une décision tardive

Le commandant Koné remercie la France pour cette décision qui, a-t-il dit, ne doit plus traîner car elle est assez tardive. "Mon père a fait la guerre d’Indochine et d’Algérie. Il a terminé en tant que chef mais la pension qu’il touchait ne permettait pas de subvenir correctement aux besoins de la famille. Il était obligé de cultiver la terre" . L’AUACAMVOVG a été créée en 1946 pour défendre la cause des anciens combattants, leurs veuves et orphelins ainsi que les victimes de guerre. Elle fonctionne grâce aux cotisations de ses membres qui n’arrivent plus à honorer leurs cotisations non pas parce qu’ils ne veulent pas mais parce qu’ils n’ont pas assez de moyens. Le commandant Koné invite de ce fait les autorités et les personnes de bonne volonté à les soutenir afin que cette association qui a connu des jours de gloire regagne son lustre d’antan.

Le 1er vice-président de cette association, l’adjudant chef-major, Pamanaboumbou Ouédraogo, a aussi salué la décision de la France. Tout en la jugeant tardive, il souhaite que cette décision ne soit pas un vain mot du président français. L’adjudant chef-major a fait la guerre d’Algérie au cours de laquelle il a été blessé. Le secrétaire général de l’AUACAMVOVG, l’adjudant chef-major, Macaire Ouédraogo a aussi trouvé salutaire la décision de l’Hexagone. Tout comme les autres, son souhait est que cette décision soit mise en application le plutôt possible car elle a suffisamment traîné.

Outre cela, ce serait une injustice réparée, a-t-il soutenu. Incorporé en 1956, Macaire Ouédraogo a aussi fait la guerre d’Algérie. Blessé, il a été obligé de regagner la Haute-Volta où il a poursuivi le service militaire. Les anciens combattants, veuves et orphelins ont longtemps tendu la main à l’ancienne puissance coloniale afin qu’elle leur donne ce qui leur revient de droit et cette décision doit être la réparation de l’injustice qu’ils ont subie pendant plus de 40 ans.

Dabadi ZOUMBARA

Le Pays

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