Commerce des fruits sauvages : Un business rentable en ces temps de soudure

A l’approche de chaque saison des pluies, se développe un commerce de fruits sauvages ou non ligneux dans les grandes villes du Burkina, Ouagadougou particulièrement. Karité, liane goine, raisin sont vendus aux abords des voies. Constat sur une activité cyclique pratiquée en majorité par des femmes afin de faire vivre leurs familles.

Mme Sawadogo Fatimata réside à Watinoma, zone non lotie de l’arrondissement de Sig-Noghin, commune de Ouagadougou, au nord de la capitale. Depuis le début de la saison pluvieuse, elle se lève à trois heures du matin. De concession en concession, elle réveille ses camarades au nombre de quatre.

Chacune d’elle enfourche sa bicyclette dame, sans freins, des pédales pointues, sans phare ni feux rouge… Les paniers attachés sur les porte-bagages, en file indienne, elles vont à la recherche des fruits sauvages. Dans les villages de Doudoulouma, ou de Ballolé dans la commune rurale de Tanghin Dassouri, situés entre 20 et 30 km de Ouagadougou, les attendent des enfants avec qui elles achètent les fruits. « Si nous arrivons dans les villages, on paie les fruits cueillis par les enfants. Pour remplir mon panier, il me faut 2000 FCFA. »

Le retour se fait de la même manière. Ce samedi du mois de juillet 2010, Mme Sawadogo Fatimata n’a eu qu’une seule compagne, les autres membres ayant pris une autre direction. Il est dix heures, ce jour-là, lorsque, croisée sur la route du retour, elle s’exclame en ces termes : « Aujourd’hui, nous sommes deux du groupe à aller au village. Nous n’avons pas eu tôt les karités, on rentre plus tard que d’habitude… ».

Pendant qu’elle narrait l’odyssée du jour, d’autres femmes, paniers sur leurs porte-bagages, revenaient chargées de fruits sauvages et pédalaient à toute allure. Pas de temps à perdre, concurrence oblige. Mme Sawadogo enfourcha son vélo qu’elle avait garé à l’aide d’un bâton servant de cale. « Il ne faut pas qu’on prenne mes clients », lance-t-elle en se précipitant. Arrivées en ville, les deux camarades se séparèrent.

L’une se dirigea vers le marché du secteur 21 et Fatimata, elle, choisit de rester aux abords de l’avenue du Yatenga au secteur 21. Les clients se recrutent en majorité parmi les femmes et les enfants. Une femme qui a requis l’anonymat paya pour 300 FCFA de karité. Pourquoi faire ? Elle dit utiliser ses fruits comme des desserts au déjeuner de la famille. Le panier rempli acheté à 2000 FCFA est revendu à Ouagadougou à 3000 FCFA. « Le jour où ça marche, raconte Fatimata, je peux empocher 1000 FCFA comme bénéfice ».

Mère de quatre enfants dont trois sont à l’école, un mari « parkeur de vélos » en ville, Fatimata entretient sa famille avec « son panier ». Elle commence la saison avec les raisins, puis les lianes, les karités et ensuite après quand ces fruits ne sont plus disponibles, elle vend des légumes qu’elle achète dans les villages sus-cités.

Beaucoup de femmes comme Fatimata s’adonnent à cette activité. Le long de cette avenue, sont alignées des femmes dont la porte-parole est Edith Belessgo. Assises sous le soleil, certaines se protègent à l’aide d’un parapluie. Et devant elles, des tas de karité dont les prix varient entre 25 et 50 FCFA. Leurs bénéfices oscillent, à les en croire, entre 1000 et 1500 FCFA par jour. Pour Mme Belessgo, les gens apprécient les fruits non ligneux comme les karités. Sayouba Tall est l’un de ses fidèles clients.

Il vient d’acheter pour 400 FCFA. « Je suis chauffeur. En revenant de mes missions, j’amène des karités à ma famille. Si je ne suis pas en mission, je viens fréquemment me servir ici. Les fruits du karité sont tout simplement nourrissants, et agréables à manger », lance-t-il. Autre lieu, autre engouement ! « Marché » de fruits sauvages

Aux abords de l’avenue du Yatenga au secteur 10 non loin du yaar de Baskuy, le regroupement des acheteurs et vendeurs des fruits sauvages ou non ligneux notamment des lianes, a transformé ce lieu en marché de fruits. Il est 6 heures du matin, ce jour de jeudi du mois de juillet 2010, des sacs de 50 kg de liane et des tas de liane sont entassés. Les femmes se disputent, chacune voulant s’arracher le plus de clients.

Elles interpellent à tout bout de champ les passants, clients ou simples usagers de la route. « Venez par là, il y a de bons fruits », hèlent-elles. Les fruits viennent du nord, des provinces du Passoré, du Yatenga, du Zondoma ou encore du Loroum. Ils sont chargés dans des camions de 10 tonnes. Awa Ouédraogo est en même temps grossiste et détaillante. Elle exerce ce travail depuis une dizaine d’années.

Elle achète par arrivage entre 10 à 50 sacs de 50 kg. Le ravitaillement se fait chez plusieurs personnes. Moumini Sawadogo, cultivateur à Bassi, dans la province du Zondoma, venait de lui livrer 11 sacs de 50 kg de liane. C’est un régulier, cela fait trois jours que ses clientes l’attendaient. Il expliqua les difficultés qui font qu’il n’arrive pas à satisfaire sa clientèle.

« Nous payons les fruits dans la brousse. Nous les transportons à Gourcy, chef-lieu de la province du Zondoma à l’aide de charrettes. Si on y arrive et il n’y a pas de véhicule pour relier Ouagadougou, nous attendons ». Le sac est acheté à 2000 FCFA et revendu entre 2500 et 2750 FCFA. Selon Mme Ouédraogo, divorcée, c’est la vente des fruits et son petit commerce qui lui permettent de s’occuper de ses trois enfants.

Lorsqu’elle réussit à écouler beaucoup de fruits, elle peut engranger quotidiennement un bénéfice compris entre 5000 à 30 000 FCFA. Mme Awa Ouédraogo travaille avec un groupe de plus de 25 femmes. Souvent, disent-elles, elles sont considérées comme des occupantes anarchistes de la voie publique et chassées comme telles par les services de la voirie. Bon an, mal an, chassées aujourd’hui, elles y retournent le lendemain tout en espérant un jour que les services de la mairie finiront par les comprendre.

Dans la ville de Ouagadougou, l’activité de vente de fruits sauvages en détail ou en gros est en majorité menée par des femmes. Au Burkina, les études rapportées par le projet de l’Amélioration des revenus et de sécurité alimentaire composante produits forestiers non ligneux (ARSA) révèlent que 80% des acteurs de cette activité sont des femmes.

L’ensemble des produits non ligneux dont ces fruits sus-cités jouent un rôle important dans la lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire. Les produits non ligneux se définissent comme étant « Tout ce qui peut être tiré en termes de feuilles, de racines, de fruits, de la gomme (…) de la forêt et de l’arbre, excepté le bois ».

Le potentiel économique de ces fruits est avéré. Selon le coordonnateur du projet Amélioration des revenus et de sécurité alimentaire (ARSA), composante produits forestiers non ligneux, Damas Poda, en un mois 8 jours, un suivi de commercialisation des fruits dans la région de Ouahigouya en 2004 a permis d’enregistrer, à 10 points de collecte, un total de 329 tonnes de fruits ayant une valeur monétaire de 4 989 900 FCFA distribuée aux cueilleurs.

Ces fruits vendus à Ouagadougou ont rapporté aux collecteurs grossistes la somme brute de 17 508 120 begin_of_the_skype_highlighting 17 508 120 end_of_the_skype_highlighting FCFA. Egalement sur le marché de Nobéré (axe Ouaga-Pô), une étude similaire, en 2008, a permis d’enregistrer en 7 jours de marché, 29,385 tonnes de fruits pour une valeur monétaire de 712 500 FCFA distribuée aux cueilleurs.

Cependant, le secteur reste à organiser. Pour lui, la vente des produits non ligneux est l’activité-type du secteur informel, mais l’agence nationale de promotion des produits non ligneux a pour but de réorganiser le secteur afin que les acteurs qui veulent en faire une profession puissent en profiter.

Et, pour avoir une plus-value, dans le cas précis de la liane, il faut la transformer en sirop pouvant être conservé pendant longtemps. Les études ont montré que le sirop de liane contient du calcium et permet de maintenir l’homme en éveil (voir encadré n° 2).

Le mois de juillet est la période phare de production des lianes et certains pays voisins se ravitaillent au Burkina. « Nous avons constaté que ces derniers temps, les Ghanéens commencent à venir au Burkina à la recherche des lianes », indique Damas Poda. Loin d’être une activité banale, la vente des fruits sauvages reste une source de revenus non négligeables dans les villes et campagnes du Burkina Faso. Mieux organisée, elle rapportera un plus aux acteurs.

Boureima SANGA (bsanga2003yahoo.fr)


Potentiel nutritif et thérapeutique du fruit de karité

L’analyse chimique de la pulpe du fruit de karité a révélé des teneurs en sucre soluble (4 à 33,9%), en protéine ( 2,4 à 10,3mg), en phosphore, en zinc, en fer, en magnésium, en calcium, en potassium.

La fraction liquide du beurre qui est l’Oléine peut servir d’huile de table et également en cosmétique tandis que la fraction solide appelée Stéarine est utilisée en chocolaterie.

Selon des études, 95% des importations d’amandes de karité sont destinées à l’industrie du chocolat, contre 5% pour celle du cosmétique. Comparativement aux beurres de karité des autres pays de l’aire de distribution de l’espèce, le taux d’acide stéarique estimé à 45% et celui du triglycéride (SOS) à 40% font du beurre de karité du Burkina Faso le meilleur beurre de substitution à celui du cacao.

Les karités du Burkina Faso pourraient dans ces conditions constituer la première source de beurre pour l’industrie du chocolat.

B.S

Source : ARSA


Potentiel nutritif et thérapeutique de la liane ou Saba

L’évaluation des teneurs en vitamines montre que le jus de liane ou Saba contient de la provitamine A (1,56 mg/100 g MS de jus) sous forme de b-carotène ? et de a-carotène et des vitamines K1 (0,89 mg /100 g MS de jus), K3 (0,18 mg /100 g MS de jus) et C (48 mg /100 g MS de jus).

Les glucides (18 g /100 g MS de jus) sont les substances organiques les plus représentées dans le jus de Saba.

Concernant les sels minéraux, le jus de Saba semble pauvre en fer (1, 64 mg/100 g de jus), en Zinc (1, 85 mg/100 g de jus) et en cuivre (0,30 mg/100 g de jus). Par contre, il semble plus riche en potassium (1127, 67 mg/100 g de jus).

B.S

Source : ARSA

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