Jubilé d’or du Burkina Faso : Bobo dans la lutte pour l’indépendance

Faire connaître au grand public l’histoire de cette ville qui sera, dans quelques mois, l’épicentre des festivités marquant les cinquante années d’indépendance du Burkina. Cette idée géniale des hommes de médias regroupés au sein du comité de soutien de la presse bobolaise pour le cinquantenaire (CSPB-50) s’est traduite par une conférence publique animée par Bruno Doti Sanou, historien chercheur et directeur du Centre africain de recherche pour une pratique culturelle du développement (CAD). C’était le samedi 17 juillet 2010 dans la salle des Fêtes de la mairie centrale sur le thème "Place et rôle de Bobo- Dioulasso" dans la lutte pour les indépendances en Afrique de l’Ouest.

A l’ouverture de cette conférence, il y avait le secrétaire général de la région des Hauts-Bassins, Joachim Somda, représentant le gouverneur en mission ; le maire de la commune de Bobo, Salia Sanou, ainsi que des responsables politiques et administratifs de la ville.

A ces personnalités se sont joints le public, constitué essentiellement de jeunes des secteurs de la ville, et des participants venus pour revisiter la riche et tumultueuse histoire de cette ville. Bobo-Dioulasso a été au cœur des grandes manœuvres politiques qui ont largement contribué à l’avènement des indépendances en Afrique de l’Ouest.

Présentée par le conférencier comme un bouillon de culture politique au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la commune de Bobo, en effet, a connu d’importants mouvements qui continuent de marquer les esprits dans cette lutte pour l’émancipation des pays de la sous-région.

Après avoir analysé le contexte politique mondial et africain qui a conditionné le rôle de cette ville dans la lutte pour l’accession de la Haute-Volta et de l’Afrique de l’Ouest à l’indépendance et évoqué les actions qui y ont été menées en vue de parvenir aux souverainetés nationales, le conférencier a abordé les raisons qui expliquent l’intense activité politique ayant caractérisé cette ville de Sya à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Il s’agit d’abord de la dureté du régime de l’indigénat dans le cercle de Bobo-Dioulasso qui s’est traduite, selon l’orateur du jour, par les multiples réquisitions et les humiliations subies par les indigents. Et d’ajouter que « cela a fini par excéder les populations locales ».

La deuxième raison réside dans la contribution de la ville à l’effort de guerre. « Après l’invasion de la France, alors que l’Afrique occidentale française avait choisi le camp de Vichy[…], c’est de Bobo-Dioulasso qu’est partie la première résistance pour rejoindre de Gaulle en Angleterre suite à son appelle du 18 juin 1940 », dira le conférencier.

La troisième et dernière raison tient au fait, selon le directeur du CAD, que la ville de Bobo accueillait de nombreux intellectuels (instituteurs, infirmiers et religieux) d’origine guinéenne, sénégalaise, malienne, togolaise, voltaïque, etc. auxquels l’Evangile a appris le sens du salut et de la liberté.

Cela va contribuer à accélérer la mise en place de structures syndicales comme la sous-section de la CGT, mais aussi et surtout de mouvements politiques comme l’Union voltaïque et le RDA. Des organisations qui feront de Bobo la plaque tournante des grandes manœuvres politiques d’avant les indépendances.

Bruno Sanou a surtout fait remarquer que c’est à Bobo, ville considérée comme la plus agitée de l’AOF, que les idées d’indépendance étaient diffusées. Sa place et son rôle dans les mouvements d’émancipation vont amener l’administration coloniale à faire de la garnison de Bobo une des pièces maîtresses de la sécurité intérieure de l’AOF.

« A Bobo fut installé un détachement autonome motorisé (DMA) doté de moyens de transport rapide, d’une section d’artillerie importante et d’un contingent de soldats européens avec pour mission de réprimer les séditions et les soulèvements armées », a dit le conférencier.

Cela aura d’ailleurs des conséquences dans le village de Kuinima avec cette révolte qui fera 9 morts et 18 blessés. Une des pages tristes du passé colonial de cette ville qui a vu défiler des leaders charismatiques comme Daniel Ouezzin Coulibaly, Nazi Boni, Modibo Kéita, Houphouët-Boigny, etc. Des noms qui resteront toujours collés à l’histoire contemporaine de l’Afrique et particulièrement de la sous-région ouest- africaine.

Jonas Apollinaire Kaboré

L’Observateur Paalga

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