Conférence du cinquantenaire au Centre-Est:L’Eglise a contribué à former l’élite burkinabè

Le IIIe panel de la conférence régionale du cinquantenaire au Centre-Est, organisée le samedi 31 juillet 2010 à Tenkodogo, a mis en exergue l’histoire du royaume de Tenkodogo et le rôle de l’Eglise dans l’éducation du Centre-Est.

 

Deux thèmes ont constitué le IIIe panel intitulé : "Tradition et religion". Le premier, "L’histoire de l’Eglise et l’éducation dans la région du Centre-Est", a été développé par le père Jean Ilboudo. Le second a porté sur "L’histoire du royaume de Tenkodogo", traité par le docteur Poussy Sawadogo, enseignant à l’Université libre du Burkina avec comme modérateur, Didier Ouédraogo, ancien directeur général du Centre national des archives.

Quel est l’impact de l’histoire de la religion sur l’histoire des Moosé et quelle est l’incidence particulière sur l’éducation ? Telle est l’interrogation que le jésuite Jean Ilboudo s’est évertué à répondre. Mais auparavant, il a précisé que comme l’a dit le professeur Joseph Ki-Zerbo, sans la dimension religieuse, l’histoire des humains ne serait pas l’histoire des humains mais l’histoire naturelle comme celle des insectes ou des végétaux.

Aussitôt après, il a rappelé le début du christianisme au Mogho. L’histoire remonte au missionnaire Martial Charles Lavigerie, archevêque d’Alger. Dans sa vision du Christianisme en Afrique, il a souhaité dans une lettre de juillet 1867, l’érection d’une préfecture apostolique pour le désert du Sahara. Ainsi, il fut constitué le vicariat apostolique du Sahara Soudan.

De là, il tente de pénétrer l’Afrique noire par Tombouctou. Deux tentatives qui ont connu des échecs en 1876. Trois missionnaires furent massacrés par des guides touareg au cours de leur marche dans le désert. Lavigerie abandonna son projet de pénétration du Soudan.

Il fonda la communauté religieuse de frères armés. Et Mgr Akar et un autre missionnaire arrivent à Ouagadougou en 1899. Ces missionnaires ont tout juste pris des informations et repartirent à Ségou. C’est l’année suivante en 1900, qu’ils sont revenus à Ouagadougou. Mais compte tenu du climat du moment entre l’administration coloniale et le Mogho Naaba, Mgr Akar décide d’installer le 1er poste de mission catholique à Koupèla et non à Ouagadougou.

A Koupèla, une école est ouverte. Les enfants sont recrutés sans aucune résistance des parents. Les pères recevaient des subventions pour l’enseignement. "L’école de Koupèla a connu son apogée en 1903 avec 173 élèves répartis entre trois classes", a rappelé le père Jean Ilboudo. Mais la séparation de l’Eglise de l’Etat a contribué à l’arrêt des subventions et à la fermeture des écoles catholiques. "Cette situation donnant un retard considérable à l’éducation du Mogho", a indiqué le père Ilboudo. Pour lui, l’œuvre scolaire de l’Eglise a permis de former une élite chrétienne et des cadres dans tous les secteurs de la société.

Pourquoi les Moosé se sont-ils convertis au christianisme ? A cette interrogation, le père Ilboudo pense que la nouvelle religion fut considérée comme une source de progrès et de prestige. L’Eglise était souvent protectrice de la femme et de la jeune fille.

"Dans la situation actuelle, l’Eglise et l’Etat doivent conjuguer leurs efforts pour une éducation de la jeunesse burkinabè en lui inculquant des valeurs d’honnêteté, de solidarité, d’intégrité et de fierté nationale", a soutenu le père Ilboudo. Aussi, il a rappelé qu’il est important de connaître son histoire car celui qui ignore son histoire est condamné à la recommencer. Et, la connaissance de l’historie dans le Centre-Est est aussi celle du royaume de Tenkodogo.

Tenkodogo, un enjeu pour la France

Selon le docteur Poussy Sawadogo, le royaume de Tenkodogo est le point de départ des royaumes moosé. Les Moosé évoquent toujours, selon lui, avec fierté, la légende de leur ancêtre Yennenga, fille du roi de Gambaga, nord Ghana. La rencontre de Yennenga avec le chasseur Rialé a donné naissance au 1er roi moaga, Ouédraogo. Tenkodogo est la capitale du 1er royaume moaga. A ce jour, le royaume compte 31 rois. Pendant la colonisation, Tenkodogo a constitué un enjeu pour la France.

Le 17 février 1896, la France a négocié avec les Britanniques pour la colonisation de ce royaume. Elle obtient une entente et Tenkodogo devient une propriété de la France. Et, l’Angleterre se retire dans les territoires de Mapursi. Pour lui, les différents royaumes moosé sont indépendants mais interdépendants, d’où sa conclusion :"l’indépendance pour la dignité et l’interdépendance pour le progrès".

Boureima SANGA

Sidwaya

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