SITE D’ORPAILLAGE DE WADARADOUO DANS LE PONI

Le site d’orpaillage de Wadaradouo dans la commune rurale de Gbomblora, province du Poni (région du Sud-Ouest) a subi un éboulement dans la nuit du 1er au 2 août 2010. Trois morts et deux blessés ; c’est le bilan officiel provisoire au soir du 2 août où les excavations se poursuivaient. Pour les autorités communales, il y a une sorte d’entêtement de la part des orpailleurs à qui la fermeture du site pendant l’hivernage avait pourtant été clairement notifiée.

Wadaradouo, un village de la commune de Gbomblora dans la province du Poni, est devenu depuis le mois de mai le pôle d’attraction de beaucoup d’orpailleurs. Juste après trois mois d’existence, il a connu un éboulement qui a fait 3 morts. Le commandant de la brigade de gendarmerie de Gaoua a, à l’annonce du drame, conduit une équipe sur le site. C’est d’ailleurs sur injonction des forces de sécurité présentes que le village du site a été vidé de son monde afin de pouvoir mieux rechercher les corps des victimes. Le premier corps a été sorti à 17h moins 5 mn après toute une journée de fouille. La victime, Mahamoudou Dicko est un jeune homme d’environ 26 ans et originaire de Dori, à en croire les déclarations de son parent Amadou Dicko qui n’a pas eu de la peine à l’identifier. Fils de Boubacar Dicko, il est arrivé sur le site il y a à peine 2 mois. C’est plus tard et après notre départ du site que les deux autres corps ont été sortis. L’information a été confirmée par le préfet et le maire de Gbomblora. Le bilan est donc de 3 morts. Deux rescapés s’en sont tirés avec des blessures et un bras facturé pour l’un d’entre eux. L’incident serait survenu à 2 h du matin dans la nuit du 1er au 2 août 2010. Ce fait d’orpaillage à des heures tardives est l’œuvre de ceux qui vont voler dans les trous des autres, selon certains orpailleurs. Ces exploitants de nuit appelés des topomans dans le jargon des orpailleurs sont généralement nombreux chaque nuit à entrer dans les fentes. C’est la raison pour laquelle certains pensent que les trois morts sont loin de refléter la réalité. Pour le maire de Gbomblora, Urbain Sansan Kambou, toute la chaîne des orpailleurs est complice avec ceux qui descendent dans les trous la nuit. Ils sont, selon lui, les seuls capables de donner le bilan probable de ceux qui sont censés être enfouis dans l’éboulement. "Malheureusement, quand chacun vérifie qu’il y a les siens, il se préoccupe peu du reste", a déploré le maire.

3 morts dans la chute d’une maison

Le préfet de Gbomblora, Evariste Traoré qui s’est également rendu sur le site après la survenue du drame, a relevé l’entêtement des orpailleurs à poursuivre leur activité malgré sa sortie d’information et de sensibilisation le 12 juillet 2010. « Je me suis déporté sur le lieu ; j’ai tenu une rencontre avec toutes les parties sur le site. L’arrêté qui ferme officiellement le site, je l’ai lu et commenté ; il a même été traduit en langue mooré pour la majorité. », a fait savoir le préfet. Mais c’était peine perdue. Le site, qui devait être fermé depuis le mois de juin, ne cesse de grouiller de monde. La course à la recherche du métal précieux se faisait comme de coutume dans les sites au mépris de la vie après généralement une dose de stupéfiants consommés. A ce propos, le préfet a laissé entendre qu’en fouillant les poches des victimes, il a été retrouvé de la drogue dans de petits sachets chez une d’entre elles. Il n’y a aucune force de sécurité à Gbomblora, le chef-lieu du département situé à une dizaine de km du site. Selon le préfet Traoré, c’est le 30 juin que la police de Legmoin (dans un département voisin) avait été sollicitée pour un déguerpissement forcé. Mais une pluie est tombée et a rendu le site inaccessible. L’intervention de la police de Legmoin, qui devait finalement avoir lieu le lendemain, n’a pu l’être. Ce jour, elle s’est vue obligée de se rendre dans un village de la commune de Legmoin où un autre drame occasionné par une pluie a fait 3 morts. Suite à une pluie, une maison s’est écroulée sur une vieille femme et ses deux petites-filles. Toutes les 3 occupantes sont mortes. Il était donc difficile, à en croire le préfet, pour les deux agents de police commis à la sécurité de déguerpir les orpailleurs dont le nombre était estimé à plusieurs centaines de personnes. Le préfet aura-t-il les éléments de sécurité nécessaires pour faire le déguerpissement forcé préconisé avant un autre drame ? C’est toute l’inconnue du problème surtout qu’avec les récents évènements de Gaoua, toute la police de Gaoua a été affectée y compris le directeur régional. Le credo des orpailleurs en dit long sur leur détermination à ne pas baisser la garde. "Là où il y a l’argent, c’est là-bas que se trouve la mort", disent- ils souvent.

Hompko Sylvestre KAMBOU (Collaborateur)

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