Union Européenne-Burkina Faso : Une coopération exemplaire

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Amos Tincani, Délégué de l’Union européenne au Burkina

Le programme de coopération bilatérale de l’union européenne avec le Burkina est l’un des plus importants de l’Afrique. Au cours des différents cycles d’aide (il y en a tous les 5 ans), les secteurs de concentration de l’aide au développement de l’UE ont fait l’objet d’un dialogue nourri avec le gouvernement.

Pour ce qui concerne le 10ème Fonds Européen de Développement, les secteurs sociaux, les infrastructures et la gouvernance constituent les domaines d’intervention prioritaires. Dans ce cadre, plus de 74,4 milliards FCFA (soit 114 millions d’euros) ont été transférés par la délégation de l’UE en 2009 sous forme de subventions non remboursables au Burkina et aux organisations régionales.

Actuellement, l’aide budgétaire de la délégation de l’union européenne au Burkina Faso représente 60% de l’enveloppe globale accordée pour le 10ème FED. Cette forme d’aide prend de plus en plus de l’ampleur, aussi bien en volume qu’en domaine de réforme. Ce type d’appui permet de réduire considérablement les aides de style "projet" initialement apportées directement aux secteurs sociaux et d’accorder la priorité au dialogue de politique sociale.

Le partenariat avec le ministère des infrastructures et du désenclavement ainsi que le ministère des transports est également en cours pour affronter le problème de la surcharge qui entraîne une dégradation rapide des routes. L’UE appuie les efforts de coordination au niveau des 8 pays de l’UEMOA et du Ghana, ainsi que la mise en place de stations de pesage. Quoi de plus normal d’autant plus l’UE soutient le Burkina dans la construction de tronçons routiers.

Autre secteur dans lequel l’UE est active : l’appui à la bonne gouvernance. A cet effet, 40 millions d’euros sont mis à la disposition du Burkina par la délégation de l’Union européenne dans le cadre du 10ème FED.

L’Union européenne appuie le secteur de la Justice au Burkina Faso depuis plusieurs années à travers notamment le Plan d’action national pour la réforme de la justice 2002-2006 (PANRJ) et le plan de consolidation du PANRJ 2007-2009 à travers le programme d’appui à la consolidation du processus démocratique. L’état de droit et la bonne gouvernance" (Programme PADEG, 8ème, 9ème FED, pour un montant de soit 11,8 milliards de FCFA soit 18 millions d’euros) sont également dans le champ d’action de l’UE. Elle a aussi contribué à l’audit du tribunal de grande instance de Ouagadougou et apporté son assistance à l’élaboration du nouveau document de politique nationale de la justice 2009-2019.

La fourniture de l’eau potable et l’assainissement font également partie des priorités de développement de l’union européenne. Ainsi, à l’instar de plusieurs autres partenaires techniques et financiers, l’union européenne a signé en janvier 2007 le "Mémorandum d’entente sur la mise en œuvre du PN-AEPA", auquel elle apporte par un appui budgétaire sectoriel d’environ 32,75 milliards FCFA.

Le programme d’approvisionnement en eau potable dont les activités s’achèvent cette année 2010. Le Programme de valorisation des ressources en eau de l’Ouest (VREO) du Burkina est financé sur les ressources des 8ème et 9ème FED, avec pour objectif de contribuer à l’amélioration des capacités et des compétences régionales et locales de planification, de gestion et de valorisation des ressources en eau potable dans les sous-bassins de l’Ouest du pays des hommes intègres. L’Union européenne lutte également pour la préservation de l’environnement.

A cet effet, elle appuie la réhabilitation du parc de l’entente (parc W) et les discussions sont très avancées, selon le chef de délégation de l’union. Toutes ces interventions de l’UE ont pour but d’accompagner les efforts du pays des hommes intègres à se rapprocher des objectifs du millénaire pour le développement. « Nous attendons que notre aide puisse avoir un impact positif en termes de croissance, d’emploi et de lutte contre la pauvreté », soutient Amos Tincani.

APE : dynamiser le marché ouest-africain ?

Au cours de notre entretien, le diplomate européen est revenu sur l’Accord révisé de Cotonou signé à Ouagadougou le 21 juin dernier. Pour lui, il ne s’agit pas d’un changement dogmatique, mais d’une amélioration sur un socle qui existe déjà. S’agissant des accords de partenariat économique entre l’UE et les pays africains, il précise que l’objectif des APE, c’est de dynamiser le marché ouest-africain. Il n’hésite pas à prendre l’exemple des accords avec le Maghreb qui se sont traduits par un dynamisme important du marché marocain et tunisien. Pour le partenariat UE-UEMOA par exemple, Amos Tincani rêve du modèle de réussite du Maghreb.

Affirmant que la crise financière ne s’est pas encore ressentie sur l’aide aux pays en développement, le représentant européen des 27 soutient que les solutions des problèmes du Burkina sont pour la plupart d’ordre régional. « Le progrès effectif vers l’intégration économique de l’UEMOA sera très important pour le Burkina », assure-t-il. C’est peut-être même la panacée.

Moussa Diallo
Lefaso.net

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