Franceline Naré Oubda : de l’aventure à la passion de communiquer

 

« Qui travaille au soleil mange à l’ombre ». Ce proverbe, Franceline Naré Oubda en a fait sa devise. Au Service d’information du gouvernement (SIG) où elle a été affectée depuis quelques temps, elle s’efforce d’accomplir les tâches à elle confiées. Membre du Conseil supérieur de la communication, décorée de la médaille de l’Ordre du mérite avec agrafe radio-télévision-presse écrite en 2008, elle explique, la voix calme et le sourire aux lèvres, qu’au SIG, elle s’occupe des relations publiques, assurant même que c’est un honneur d’avoir été cooptée par le ministre de la Communication.

 

Elle n’a pas oublié son passage à la télévision nationale du Burkina, où s’est déroulé l’essentiel de sa carrière. Lorsqu’elle évoque ces longues files d’attente devant la table de montage, ces moments de complicité entre les journalistes, cameramen et techniciens, c’est avec un brin de nostalgie. Et les souvenirs affluent ! Comme ce jour où, premier Africain à avoir décroché un prix du Fonds des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO), elle a été reçue par Blaise Compaoré, le chef de l’Etat, qui la soutiendra ensuite dans la réalisation d’un documentaire…

Comme cet autre jour de 2001 où, de retour de mission à Gorom-Gorom, dans l’Oudalan, où elle était allée réaliser un documentaire sur les dix ans du Fonds d’appui aux activités rémunératrices des femmes, la voiture de reportage a failli être emportée par les eaux. « Nous étions en pleine saison pluvieuse et il faisait nuit. Je tenais encore les cassettes dans une main, dans un sachet en plastique. J’avais l’eau jusqu’au cou et je criais le seul mot peulh que je connaissais : warga ! (qui signifie venez ! en fulfuldé, la langue parlée dans cette région du Burkina, NDLR). De jeunes bergers peulhs qui passaient par là m’ont entendue et sont venus nous sauver », confie-elle. Souvenir décidément impérissable, puisque c’est lors du tournage de ce documentaire que le caméraman de l’équipe a rencontré la femme qu’il épousera ensuite…

C’est ce genre de mésaventures, qui, loin de décourager cette native de Pouytenga, dans la province du Kouritenga, a forgé sa volonté de bien mener sa barque à la télévision nationale, qu’elle a intégré en 1985 à la faveur d’un concours lancé pour renforcer le personnel, et auquel elle a postulé « un peu par esprit d’aventure ». Je n’avais pas fini mes études, précise-t-elle, « mais comme j’étais mère d’un enfant et il fallait bien que je trouve du boulot » ! Une fois les pieds dans le plat, elle découvre un univers fascinant et, avec le même intérêt, elle fait le tour des différents services de la maison. Elle est ainsi animatrice, réalisatrice pupitre et sur le terrain, et s’essaye même à la présentation du journal télévisé pendant quelques mois.

Brave maman !

C’est en pleine euphorie révolutionnaire, qu’elle intègre la télévision. « Les femmes étaient à l’avant-garde du combat et nous nous plaisions à les accompagner dans toutes les provinces. Il arrivait qu’on se retrouve à pousser des véhicules dans une zone reculée », se souvient-elle. Les téléspectateurs se remémorent sans doute encore « Femmes et développement », l’émission qu’elle a présentée pendant de longues années, ainsi que ses documentaires mettant en exergue les dures conditions de vie des femmes. Une trentaine de films au total, récompensés, pour certains, par des prix internationaux.

Un succès qui l’incite à retourner sur les bancs pour se former davantage. D’abord au Centre de formation professionnelle en information (CFPI, actuel Institut supérieur des sciences et techniques de la communication), puis à Abidjan, en Côte d’ivoire, d’où elle revient, en 2007, avec un diplôme d’études supérieures en communication, option journalisme et production. Et tout cela avec un punch et une sagesse qu’elle assure tirer de l’éducation reçue de sa mère. « J’ai perdu mon père étant jeune et je ne l’ai presque pas connu », confesse-t-elle, ajoutant que c’est sa mère, « une femme dynamique et entreprenante » qui a pris le relais.

Franceline Oubda en est même convaincue : ses cinq frères et sœurs et elle, tous cadres dans la fonction publique nationale, internationale ou dans le privé, ne seraient rien sans Anatolia Gambila Balma, leur mère. « Bien que n’ayant pas été à l’école, c’est elle qui a payé notre scolarité ». Et c’est sans doute aussi pour permettre à ses enfants de s’affranchir très vite des jupes maternelles qu’elle les envoie dans un village, auprès de leur tante. « Là-bas, nous avons appris à nous lever de bonne heure pour puiser de l’eau, à garder les moutons, à écraser à la meule… C’était une autre vie pour nous qui avions vécu en Côte d’Ivoire et qui ne sommes rentrés qu’après le décès de notre père », avoue-t-elle.

Aujourd’hui, l’ancienne pensionnaire de l’école primaire de Liguidimalguem, du collège Marie-Reine de Tenkodogo, du Lycée Bogodogo de Ouagadougou et du collège Joseph Moukassa de Koudougou est mariée à Macaire Naré, et est mère de quatre enfants.

Desire T Sawadogo

Fasozine

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