Suivi de la campagne agricole 2010-2011 : Des motifs de satisfaction à mi-parcours

La campagne agricole 2010-2011 dans les régions de la Boucle du Mouhoun, du Centre-Ouest, du Centre et du Plateau central présente des motifs de satisfaction à mi-parcours. Le constat est du ministre délégué chargé de l’Agriculture, Dr Abdoulaye Combary, à l’issue d’une mission de suivi de la campagne agricole dans cette partie du Burkina, du 16 au 20 août dernier.

 

En allant au contact des acteurs de terrain et en apportant les encouragements du gouvernement burkinabè aux exploitants des différents sites agricoles, le ministre Combary s’est fait le devoir d’écouter, d’échanger et de conseiller les producteurs pour une diversification et une intensification de la production agricole.

Malgré une mauvaise répartition spatio-temporelle des précipitations en cette période hivernale, l’on constate dans les champs, des femmes et des hommes au travail et un développement satisfaisant des semis. Dans la Boucle du Mouhoun, la bonne répartition temporelle de la pluviométrie observée depuis la première décade du mois de juillet, augure de bonnes perspectives.

A Kiétou dans la commune rurale de Pompoï, Drissa Konaté, président du bas-fond rizicole de 30 hectares exploités, est confiant quant à la production de 90 tonnes de riz paddy. La variété cultivée est le FKR19 et le stade phénologique actuel est le tallage.

Des échanges entre le ministre Combary et les producteurs de riz dans le bas-fond de Kiétou, l’on retiendra que ces derniers peuvent améliorer davantage le rendement de 3 tonnes de riz à l’hectare. Avec 110 exploitants (82 hommes et 28 femmes) l’usage approprié d’intrants devra contribuer à accroître la production. D’ores et déjà, le village dispose d’un magasin de stockage des récoltes et d’une aire de séchage. Toutes ces infrastructures, a dit le ministre Combary, servent à accompagner les producteurs pour une plus grande productivité.

La superficie aménageable, a-t-on noté, est de 200 hectares et sous peu, 100 hectares supplémentaires seront aménagés par la FAO au profit des villages de Kiétou, Konkoliko et Pani. L’on constate à ce niveau, une synergie d’action entre le Projet riz pluvial (PRP) et la FAO. Toute chose qui concourt au bien-être des populations rurales.

La volonté de réussir, un postulat

Au cœur de toute action humaine, seule la volonté de réussir est un gage de l’aboutissement d’un projet. Et les entrepreneurs agricoles au Burkina, de l’avis du ministre Combary, sont guidés par ce postulat.

A titre d’exemple dans la province des Balé et précisément dans la commune rurale de Yaho, le village de Modou se distingue des autres, grâce à l’action d’un entrepreneur agricole du nom de Gnatan Isidore Kini, par ailleurs directeur général de l’ISIG. Le champ de M. Kini, visité par le ministre Combary, s’étend sur 105 hectares. M. Kini s’attelle à la production de semences améliorées et dispose de trois tracteurs, de charrues, et de bœufs pour la circonstance.

Sur une superficie de 10 hectares où il a appliqué la fumure organique, s’étend une spéculation : le maïs. Les charges d’exploitation du champ dépassent, à en croire l’agriculteur-modèle, la somme de 10 millions de francs CFA par an. Le ministre Combary a encouragé M. Kini et dit toute sa satisfaction quant à la bonne tenue physionnomique des semis.

Même son de cloche pour M. Doyé Ali Kafa, producteur semencier dans le village de Dampa, dans la commune rurale de Bondoukuy. Travaillant sur deux blocs distincts de 71 hectares et 19 hectares, M. Doyé Ali Kafa exploite des spéculations de maïs, de sorgho, de riz pluvial strict etc. Pour la spéculation de maïs, son rendement est de 4 tonnes à l’hectare. Un rendement qui pourrait, de l’avis du ministre aller à 6 tonnes/ha s’il fait usage de la fumure organique et s’il suit scrupuleusement les conseils des encadreurs agricoles.

M. Doyé a relevé comme difficultés rencontrées, l’insuffisance de la production de la fumure organique due au problème d’eau, mais également la mauvaise qualité des herbicides. Dans les perpectives, il escompte une augmentation de sa production par une meilleure utilisation de la fumure organique. 42 occasionnels travaillent dans son champs en plus des 3 travailleurs permanents et de 9 membres de sa famille.

D’un champ à l’autre, l’état de développement végétatif des semences est lié non seulement à la situation pluviométrique, mais aussi et surtout à l’utilisation des engrais et fumure organique par les agriculteurs. Et les variations constatées en termes de rendements prévisionnels à l’hectare de l’ordre de 3 à 6 tonnes, finissent par convaincre que, par endroits, le renforcement de l’encadrement est de mise.

Dans la province de la Kossi où Moumouni Koné dispose d’une exploitation aménagée de 57 hectares dans le village de Konkuy Koro à 40 kilomètres de Nouna, le ministre Abdoulaye Combary a tout simplement été émerveillé par la qualité du travail. Il a même donné des instructions à la direction régionale de l’Agriculture de la Boucle du Mouhoun pour que le paysan-modèle Moumouni Koné bénéficie d’une décoration.

Les diverses spéculations (maïs, coton Bt, mil, sorgho, niébé, fonio, sésame etc) qui s’étendent à perte de vue, sont bien entretenues et augurent de bons rendements à l’hectare, du fait du suivi rigoureux des conseils des encadreurs agricoles.

Satisfecit également de la part du ministre Combary pour l’exploitation-modèle de Drissa Fofana s’étendant sur une superficie de 38 hectares dont 23 hectares exploités en spéculations diverses (maïs, 6 ha, niébé, 4 ha, sésame, 7 ha, fonio, 2 ha, pastèque, 2 ha et riz pluvial strict, 2 ha).

Dans l’ensemble de la région de la Boucle du Mouhoun, nous a confié Dafihouyan Yé, directeur régional en charge de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques, l’espoir est permis quant à de bonnes récoltes.

La terre ne ment pas

Les activités de productions agricoles menées dans le strict respect de l’enrichissement des sols par la diversification des spéculations et les intrants homologués finissent toujours par convaincre en résultat que la terre ne ment pas.

Et ce n’est pas Halidou Sawadogo, sur son site de Kasso, dans la commune de Sapouy, qui dira le contraire. En effet, depuis 1995, l’agropasteur Halidou Sawadogo exploite un champ d’une superficie totale de 15 hectares. Pour accroître le rendement de son champ, 4 tonnes de fumure organique sont utilisées à l’hectare en cette campagne agricole 2010-2011.

Le bénéfice qu’il escompte est de 10 millions de F CFA sur les rendements de ses spéculations de maïs (7,5 ha), de coton (7,5 ha) et de niébé (1,5 ha). « La terre nourrit son homme » n’est plus un sujet de débat, de l’avis de Anassé Yago, exploitant agricole à 60 kilomètres de Sapouy, dans la province de la Sissili. De par son exploitation qui regorge d’arbres fruitiers sur 12 hectares, M. Yago cultive du maïs, du sorgho, de l’igname, de la patate, du manioc et du riz pluvial strict.

Le ministre Combary lui a prodigué ses encouragements pour les perspectives d’extension de son verger, de bornage du domaine et la réalisation d’une haie vive. Respectivement à Sayaro et à Nadion dans la Sissili, le ministre délégué à l’Agriculture a visité une parcelle de démonstration de riz pluvial strict sur 3 hectares entièrement emblavés et le bas-fond rizicole de 24 hectares aménagé à Nadion par le Programme d’aménagement des bas-fonds dans le Sud-Ouest et la Sissili (PABSO).

Dans ce bas-fond, 108 tonnes de riz sont attendues et l’écoulement assuré, nous-a-t-on confié. Les producteurs, au nombre de 158, affirment par l’intermédiaire de leur représentant, être confrontés à des difficultés d’approvisionnement en engrais et surtout à une insuffisance de fonds de roulement.

Les exploitants souhaitent l’extension de l’aménagement du bas-fond pour satisfaire la demande d’exploitation et la construction d’un magasin de stockage. Toutes ces doléances sont d’ores et déjà, prises en compte par le PABSO qui entend faire du site, une référence en matière rizicole.

Que retenir de la campagne agricole dans les régions du Plateau central et du Centre

A l’instar des régions de la Boucle du Mouhoun et du Centre-Ouest, celles du Plateau central et du Centre connaissent une campagne agricole 2010-2011 satisfaisante.

Les différents sites de production visités par le ministre Abdoulaye Combary présentent de bonnes physionomies. Les semis, au regard des différentes spéculations et variétés sont au stade de levée, de montaison, d’épiaison et de ramification.

A en croire respectivement les directrices régionales de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques, Mme Gisèle Tapsoba (du Plateau central) et Mme Jeanne Zongo (du Centre), la campagne est acceptable et il est à espérer qu’elle se termine dans de bonnes conditions pluviométriques.

Les sites visités par le ministre aussi bien à Guié, Donsin et Ziniaré dans le Plateau central qu’à Goupana et à Bilgo dans le Centre, sont exemplaires. Le constat par endroi, fait sur le développement des semis, est l’insuffisance de l’apport de matières organiques par les agriculteurs pour restaurer le sol et partant, accroître la productivité.

Trabzanga ZOUNGRANA

trab_zoung@yahoo.fr

Sidwaya

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