Il était une fois un 1er septembre : Convalescence d’un grand sinistré

Les eaux en furie du 1er septembre 2009 ont envahi indistinctement les structures vitales de notre capitale, Ouagadougou. Est de celles-là, le centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo (chu-yo) où les malades et les services ont dû être délocalisés pour éviter le pire. Un an après, ce grand sinistré a retrouvé son décor d’antan à l’exception de son service de pneumologie toujours chez les caméliens au secteur 30 qui va réintégrer la structure le 3 septembre (voir encadré). Le DG dudit hôpital, le Dr Lansandé Bangagné, nous fait l’état des lieux à travers l’interview qu’il nous a accordée le 27 août 2010.

Le 1er septembre 2009, le CHU s’est retrouvé les pieds dans l’eau. Quels sont les dégâts subis ce jour là ?

Avant tout propos, je voudrais dire merci à votre organe d’être venu à nous pour s’enquérir de l’état de santé de l’hôpital Yalgado, 12 mois après les inondations du 1er septembre 2009 qui ont touché beaucoup de structures de notre capitale, dont votre CHU-Yalgado Ouédraogo. Je dois dire que ce sont les services situés au fond du CHU YO, près du canal qui ont été les plus touchés, notamment la Pneumologie, l’Urologie, les Maladies infectieuses, le centre de dialyse, l’imagerie médicale, les Urgences médicales (à l’époque situées derrière le grand étage du fait des travaux de réhabilitation) et la Pédiatrie.

Parlant concrètement de dégâts, nous pouvons citer, entre autres, tous les appareils de radiologie, comme le scanner, les tables télécommandées, les mammographes et les échographes, les générateurs de dialyse, quelques appareils de laboratoire, les ordinateurs, la literie, etc.

Ces dégâts ont-ils pu être réparés ?

Absolument, quelques jours après le sinistre, nous avons pu réveiller le scanner, certains échographes et mammographes et la radiologie standard. Avec l’aide de nos techniciens, les générateurs de la dialyse ont pu être réveillés. Nous avons repris la peinture dans nombre de services touchés, et de nouveaux lits y ont été installés après que tous les locaux eurent été nettoyés et désinfectés. Certains appareils attendent toujours d’être réparés et ils le seront dès que les moyens du CHU-YO le permettront.

On imagine que vous avez dû consentir des sacrifices pour faire face aux défis. Pouvez-vous en citez quelques-uns ?

Les sacrifices sont d’abord d’ordres physiques, intellectuels et financiers. Car aux tout premiers moments du sinistre, il fallait une mobilisation des hommes et des femmes pour éviter le pire. Ensuite, les nombreuses rencontres d’échanges, de propositions entre les acteurs de la santé ont permis d’apporter les meilleures solutions qu’il fallait.

Les sacrifices sont énormes, parce que dans de pareilles situations, on était obligé de remanier le budget de la structure, avec les appuis du Conseil d’administration, afin de reprendre dans les meilleurs délais le fonctionnement normal des services. Ce qui a été fait depuis début novembre 2009, soit quelques jours après le déluge. Et depuis cette date jusqu’ au moment où je vous parle, le CHU-Yalagdo a pu reprendre l’ensemble de ses prestations.

Concrètement, il me vient à l’esprit l’achat de quelques équipements que nous avons pu faire, en 2009 sur notre budget, dont je peux vous en citer quelques-uns : deux moniteurs de surveillance pour le bloc viscéral ; deux moniteurs de surveillance pour la Traumato ; un moniteur de surveillance pour l’ORL ; un moniteur de surveillance pour la Gynéco-Obstétrique ; 100 lits et 100 matelas repartis dans différents services.

Est-ce qu’il y a eu des appuis des partenaires ?

En plus de ce que nous avons pu acquérir, je dois ajouter que des partenaires ont pu nous venir en appui. Ainsi, nous avons eu quatre générateurs d’hémodialyse offerts par des amis français du chef de service de la Néphrologie Dialyse ; deux générateurs donnés par Lion’s Club ; un cytomètre de Flux offert par Becton Dickinsl par l’intermédiaire de TM Diffusion ; un cytomètre offert par PARTEC Burkina.

Il y a eu aussi l’Association des étudiants burkinabè basées en Allemagne (BUS PAD) qui nous a offert une table d’accouchement ; un amplificateur de brillance ; trois respirateurs d’anesthésie ; une développeuse de film échographe. Je voudrais sincèrement remercier tous ces donateurs, surtout m’excusez de ne pas pouvoir tous les citer.

C’est l’ensemble de ces efforts consentis que ce soit au niveau de Yalgado, des autorités en charge de la santé, et des partenaires, qui a permis de mieux gérer les conséquences des inondations et redonner à la structure son fonctionnement habituel.

Qu’est-ce qui reste à faire ?

En ce qui concerne les conséquences des inondations, nous avons pu les gérer avec le concours de tous au grand soulagement des malades. Mais dans un hôpital, il ne manque pas de petits besoins dans les services car le matériel et les équipements qui sont manipulés à longueur de journées, s’usent. Et il faut les remplacer au fur et à mesure ; le but étant de toujours satisfaire les malades et de les aider à recouvrer la santé.

Nous sommes ouvert à tout appui éventuel qui peut nous apporter un plus, car c’est notre hôpital à nous tous, et chacun de nous, soit nous-mêmes, soit un parent, a souvent recours à cet hôpital. Donc si un donateur pense à nous, il sera le bienvenu.

Un homme prévenu en vaut deux, dit-on. Est-ce qu’il y a des mesures pour éviter une nouvelle inondation de l’hôpital ?

Comme je l’ai souvent dit, nous sommes sortis des inondations avec pleins d’enseignements, nous en avons tiré de meilleures leçons. En effet, le ministère de la Santé a fait clôturer en béton armé sur plusieurs dizaines de mètres le côté nord du CHU Yalgado, côté par lequel notre hôpital a été envahi par les eaux du 1er septembre 2009.

Cette barrière, véritablement armée, sécurise toutes nos infrastructures. Au sein de l’hôpital également, nous avons fait déboucher tous les caniveaux et d’égouts pour faciliter la canalisation des eaux. Pour terminer, je voudrais remercier tous eux qui ont apporté leurs secours et qui ont permis de pouvoir gérer les conséquences du sinistre à court et moyen terme. Je pense aux efforts déployés par le personnel de l’hôpital, par les éléments des forces armés nationales, par les partenaires qui nous ont aidés, et surtout par le ministère de la Santé.

Je remercie les usagers qui nous font confiance, qui savent que nous avons les meilleures compétences et les meilleurs tarifs, et nous faisons tout pour répondre à leur exigences et besoins. Leur santé étant notre première préoccupation et notre raison même d’être travailleurs dans cet hôpital.

Je pense surtout à l’accompagnement de la presse dont nous avons pu bénéficier à l’époque et toujours pour informer les usagers de notre hôpital .

Propos recueillis par Abdou Karim Sawadogo

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