Le 1er septembre 2009 : Les ouagalais se souviennent de la furie des eaux

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Mamoudou Koama

1er septembre 2009 – 1er septembre 2010, voilà déjà une année que les ouagalais se réveillaient sous les eaux. 263mm d’eau, c’était la première fois et la dernière, en cas jusque là, que la capitale burkinabè voyait tomber une telle quantité d’eau de pluie. Naturellement, les dégâts étaient à la hauteur de la quantité d’eau déversée par le ciel. Habituellement, dans notre pays, la pluie était qualifiée de bienfaisante. Mais, le 1er septembre 2009, c’était une pluie « malfaisante » pour bien de Ouagalais. Des pertes en vies humaines, des milliers de sans abris, des dégâts matériels, bref, les ouagalais se souviennent, et peut-être encore pour longtemps, ces inondations. Nous avons interrogés quelques uns.

 

Mamoudou Koama, commerçant Oh oh oh !!! Le 1er septembre 2009 est une date historique qui restera gravée dans la mémoire de tout burkinabè. Le 1er septembre a vraiment surpris par la pluie diluvienne qui est tombée sur Ouaga. Nous ne souhaitons plus de 1er septembre pareil. Cet évènement ne peut plus jamais quitter nos mémoires. La pluie de la nuit du lundi au mardi m’a fait peur. J’ai même pensé à un 1er septembre avant le 1er septembre. Nous ne souhaitons plus pareille 1er septembre, que Dieu nous aide.

Adama Séssouma, infographe

J’ai vécu le 1er septembre 2009 pratiquement à la télévision car notre quartier n’a pas été touché. On a vu les images à la télé avant de nous déplacer sur le terrain pour le constater de nos propres yeux. Vraiment, c’est un souvenir très triste au regard du nombre de sinistrés et les dégâts causés. Ça nous laisse un souvenir tristement inoubliable. Avec les changements climatiques, il faut s’attendre maintenant à tout. L’année passée à pareil moment. Dans les jours à venir, on ne sait pas ce que le ciel nous réserve. Mais ce qu’on dira aux autorités, c’est qu’ils prennent des dispositions pour pallier toute surprise désagréable. Ils doivent prendre des mesures, pas pour éviter les grandes pluies car ça ne dépend pas d’eux, mais pour amoindrir les effets de ces catastrophes.

Bagaya Rasmané, commerçant

C’est une date inoubliable. Personnellement ma maison est tombée ce jour là. Donc, il est impossible d’oublier cette date. C’est deux mois après que j’ai reconstruit ma maison. Même avec la pluie d’hier nuit m’a rappelé cette date. On a cru que c’est le 1er septembre qui revient encore. La pluie a commencé à peu près à la même heure qu’il y a une année. Il n’y a pas de fossés dans les six mètres, donc nous demandons aux autorités de nous aider en creusant des caniveaux.

Ali Mandé, étudiant en géographie

Le 1er septembre a été un jour tragique pour tout le monde. J’étais en cité universitaire de Kossodo. La pluie nous a empêchés de sortir. Nous étions obligés de rester à la maison pour suivre la tragédie à la télévision, la route menant à la ville étant barrée. Des bâtiments qui tombaient, des maisons entières envahies par l’eau ; ça n’a pas été du tout facile pour les gens. Les relogements ont trainé, certains continuent à se plaindre toujours comme je l’ai remarqué ce matin en écoutant la radio. Franchement, nous sommes dans l’inquiétude. Les inondations sont la résultante des changements climatiques et tout le monde vit ces changements climatiques. Dans notre pays, il y a beaucoup de choses à revoir. Si les conséquences ont été aussi désastreuses, c’est parce que les caniveaux n’ont pas été curés comme il le fallait, les canalisations n’étaient pas non plus suffisantes ou étaient mal faites. Cela est du ressort des autorités politiques et administratives. Il faut qu’ils jouent leur partition. 

 

 

Ousmane Sam, étudiant en économie

En réalité, je n’ai pas senti le 1er septembre 2009. Donc, je ne sais pas de quel souvenir vous voulez parler. Mais l’image de Ouagadougou plongée dans les eaux, ce ne doit pas être la joie en tout cas. Mais, c’est des situations imprévisibles qui arrivent. Qu’est-ce qu’on pouvait bien faire ? On a l’habitude de voir de scènes pareilles dans les autres pays, mais à la télé. C’est dire que ça n’arrive pas qu’aux autres. Notre souhait, c’est que ça ne se répète plus. Les plus touchés étaient les zones non loties. Donc, les habitants de ces zones doivent être plus attentifs aux conseils qu’on leur donne pour éviter que de tels dégâts ne se reproduisent.

Issa Ouédraogo, étudiant en économie

J’ai vécu la totalité de l’évènement. On dormait et à 4h ou 5h du matin, une dame nous a réveillé pour solliciter notre aide car sa maison venait de lui être retirée par l’eau. Lorsqu’on est sorti, ce qu’on a vu relevait presque de l’imaginaire. On était dépassé par le spectacle qu’offrait la furie des eaux. On a essayé de faire sortir les choses précieuses pour que l’eau ne les emporte pas. En aidant la dame, l’eau a commencé à entrer chez nous. Au début, on croyait pouvoir préserver la plupart de nos biens précieux.

Hélas, on fut obligé de nous rendre à l’évidence qu’on ne pouvait rien sauver. Habits, marmites, matelas, documents scolaires et civiles… il fallait les laisser partir et chercher à sauver les enfants si on ne cherchait pas à se sauver soi-même. Après, les maisons des voisins ont fait comme la notre, ça criait de partout. Alors, on a mobilisé les jeunes, les sapeurs pompiers et les policiers. Nous avons passé toute la journée à secourir les gens. Les dégâts matériels étaient incommensurables. Des bâtiments, des murs, des motos ; que de biens partis. Heureusement dans notre quartier, il n’y a pas eu de personne emportée par l’eau.

Malheureusement, il n’est pas exclu qu’il se produise pire que le 1er septembre 2009. Avec les changements climatiques et les pollutions, il faut s’attendre à tout. On ne peut pas prévoir les catastrophes. Mais, on peut prendre des dispositions pour amoindrir les dégâts au moins et c’est ce que demandons à nos autorités politiques en subventionnant les matériaux de construction par exemple.

Moussa Diallo et Koundjoro Kambou

Lefaso.net

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