Remplissage des caniveaux : Simon Compaoré dénonce l’incivisme des populations

Depuis le début de la saison pluvieuse, la commune de Ouagadougou a accéléré les travaux de curage des caniveaux. Une équipe de l’Association jeunesse sans frontière du Burkina (AJFB) était au quartier Dapoya pour la vidange de ces caniveaux d’évacuation des eaux usées. Le maire de Ouagadougou, Simon Compaoré qui était sur les lieux a démoli des hangars et des kiosques anarchiquement installés et pointé du doigt l’incivisme des riverains.

Depuis 2003, le maire de la ville de Ouagadougou, Simon Compaoré a engagé une campagne de curage des caniveaux de la ville pour faciliter l’écoulement des eaux pluviales. Le jeudi 1er septembre 2010, les membres de l’Association jeunesse sans frontière du Burkina (AJFB) était à Dapoya, un quartier de la ville de Ouagadougou pour la vidange des caniveaux de ce quartier.

Présente dès 7 heures, l’équipe composée d’une cinquantaine d’ouvriers, s’attelaient à vider ces canaux qui débordaient par endroits. Des plastiques, des bidons de boissons gazeuses, des pneus, de vieilles chaussures, des pagnes s’entassaient sur le bord des caniveaux. A 10 heures 55mn, le maire Simon Compaoré et quelques-uns de ses collaborateurs étaient sur les lieux pour superviser les travaux. A peine arrivé, il ordonne la démolition de plusieurs hangars et kiosques construits le long de ces canaux d’évacuation.

Une décision qui va créer un véritable tohu-bohu sur la rue Salembéré Sibiri, juste en face du lycée Saint Joseph. La mairie, selon l’un des chefs d’équipe de curage, Karim Ouédraogo, avait exigé la destruction de ces hangars et kiosques. Certains s’étaient déjà exécutés. D’autres par contre, avaient refusé d’obtempérer. Du coup, des installations anarchiques ont été détruites. Pour le maire Simon Compaoré, cette mesure vise à permettre à l’équipe de curage de mieux travailler.

"Ce sont les riverains eux-mêmes qui travaillent à boucher les caniveaux. Selon les textes, il est interdit de construire des kiosques sur les caniveaux. Nous sommes en train de mettre de l’ordre", a-t-il déclaré. Ibrahim Kanazoé est l’un des gérants du maquis restau le Réseau dont un pan de la clôture se trouve sur le caniveau. Il avoue ne pas être au courant de l’ordre donné de démolir les installations sur les caniveaux pour permettre aux agents de travailler. Pour lui, si c’était le cas, il ne voit pas de problème à ce que les autorités communales procèdent à ces destructions.

Bien avant, l’équipe de curage se démenait tant bien que mal, pour entasser les déchets usés sur le bord des caniveaux. Un caterpillard ramassait ces ordures et les reversait dans un bac. Ousséni Sana est l’un des chefs d’équipe. Le curage dans ce quartier a commencé la veille, mardi 31 août 2010.

Le travail comporte beaucoup de difficultés, fait-il comprendre à travers ses explications : "dans certains endroits, avoue Ousséni Sana, les pneus sont entassés dans les caniveaux. Au fur et à mesure, le sable s’entasse, crée un blocage et l’eau n’arrive plus à passer". La profondeur du caniveau est d’environ 1,50m. Pourtant, les déchets débordent par endroits. "Certains ont construit sur les caniveaux. Ce qui complique notre tâche", se plaint-il. Ousséni Sana et ses amis avaient sortis un tas de bidons de boisson gazeuse en face d’une boutique.

Il accuse les clients de les y jeter après consommation. Interrogé, le boutiquier Salif Bissiri, avoue que personne ne jette de déchets dans les caniveaux. Pour lui, les riverains ont toujours respecté les consignes données par la mairie. C’est en ce moment que le maire de Ouagadougou est arrivé. Le hangar de sa boutique n’a pas échappé à la démolition. Preuve qu’il n’a pas respecté les ordres donnés la veille.

Pour Simon Compaoré, les populations refusent de collaborer. La sensibilisation est l’un des moyens efficaces pour une prise de conscience. Dans ce cadre, il prévoit une assemblée générale des riverains pour les mettre devant leur responsabilité. "Ils nous appartient de faire en sorte que le caniveau soit fonctionnel en faisant en sorte que nous-mêmes, nous ne soyons des agents vecteurs du remplissage des caniveaux", c’est ce message que devrait passer chaque riverain à son voisin, estime Simon Compaoré.

"S’ils ne peuvent pas faire cela, c’est qu’ils ne veulent pas contribuer à l’amélioration de leur qualité de vie", a-t-il ajouté. Sidi Mahamadi Cissé est le directeur de la propreté de la commune de Ouagadougou. Selon ses affirmations, la mairie a débloqué 100 millions de francs CFA pour le curage des caniveaux.

Cet argent est utilisé de deux manières. 70 millions de francs CFA sont attribués à l’équipe de la mairie, constituée des membres de l’AJSB. Celle-ci travaille durant toute l’année. Suite à un appel d’offre, la mairie a retenu l’Entreprise Bélemkoabga Zara (EZ) et l’Entreprise burkinabè des travaux d’équipement (EBTP) pour la vidange des caniveaux. Elle a reçu 30 millions pour cela d’après M. Cissé. L’objectif recherché à travers le curage des caniveaux de la capitale burkinabè est de faciliter le bon écoulement des eaux pluviales.

"Les caniveaux sont conçus pour draîner exclusivement les eaux pluviales et non les eaux usées comme on le constate malheureusement", a-t-il rappelé. Il exhorte les riverains à ne pas confondre les réseaux d’égouts conçus et aménagés par l’ONEA pour draîner les eaux usées domestiques et industrielles et les canaux construits par la mairie pour les eaux pluviales. "Si on ne respecte pas ce principe et si on continue avec cette attitude, en cas de pluie, il faut s’attendre à des inondations", a prévenu M. Cissé.

Le directeur de la propreté de la commune de Ouagadougou a confié d’ailleurs que trois ménages ont été touchés par la pluie du mardi 31 août 2010. Les travailleurs pour leur part s’indignent du comportement de certains riverains. Pour Ousséni Sana, souvent après le curage, certains n’hésitent à jeter des ordures dans les caniveaux. Il se rappelle qu’en 2007, il avait conduit une équipe pour le curage du caniveau de la rue Salembéré Sibiri. Cette année, se souvient-il, un pan du caniveau s’était écroulé sur un ouvrier. Ce dernier a eu les jambes fracturées. Il ne s’attendait pas à revenir de sitôt sur ces lieux.

Leurs efforts ne sont pas souvent reconnus. " Lorsqu’on quitte les trous, tout sale, il y a des gens qui nous appellent "les cochons de Simon". Si de telles situations sont monnaie courante, il se trouve pourtant d’autres qui reconnaissent le bienfait de notre travail. "Quand nous étions du côté du Théâtre populaire, un certain Adams vendeur de pièces détachées nous a rendu service en nous servant chaque jour du thé et du café gratuitement". Ces ouvriers travaillent en journée continue. Ousséni Sana appelle les riverains à avoir un peu de considération pour eux car "la mairie c’est tout le monde".

Boukari OUEDRAOGO (Stagiaire)

Sidwaya

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