Claudine Charles et la ville de Boussouma : Un amour sans fin

 

Responsable de la commission Burkina au sein d’Amitiés Abraysiennes Sans Frontières, Claudine Charles s’occupe des questions de jumelage de la ville de Saint Jean de Braye (120km au sud de Paris). Elle découvre le pays des hommes intègres en 1991 et tombe sous son charme. Depuis lors, cet amour s’est matérialisé par bien de projets de développement en faveur de la ville de Boussouma, à quelques kilomètres de Kaya au centre –est de Ouagadougou. Allons à la découverte d’une passionnée du Burkina, qui vient d’obtenir la double nationalité (française et burkinabè).

Grâce à la troupe de théâtre de l’atelier théâtre burkinabè (ATB), venue faire une représentation à Saint Jean de Braye, Claudine fait la connaissance des hommes intègres. « Ils ont tellement bien parlé du Burkina que nous avons eu envie d’y venir », rappelle tantie Claudine. Puis Boussouma qui était demandeur d’un jumelage est affilié à la ville française en mars 1991. Alors depuis lors, Claudine et son mari y venaient régulièrement dans le cadre de ce jumelage. La santé, l’agriculture, l’élevage, le microcrédit, les ateliers sociaux économiques (mécanique, menuiserie, couture, moulin à mil, conservation d’oignon), l’eau et l’assainissement ; bref tous les domaines sont concernés par cette coopération. Les femmes n’ont pas été oubliées.

Loin s’en faut. Un grand atelier de transformation de noix de karité en beurre, pommade et savon y a été construit. Actuellement, Claudine travaille sur le projet de numérisation des extraits d’acte de naissance à la demande de la mairie de Boussouma. Tantie Claudine, comme on l’appelle à Boussouma, et son équipe ont abattu un travail colossal. Une grande opération a permis d’enregistrer plus de 24 000 actes de naissance dans cette commune rurale en février-mars dernier. Boussouma réunit plus 85 000 habitants repartis dans 61 villages. Elle travaille en collaboration avec le ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation (MATD). Elle a aussi bénéficiée de l’appui d’un service informatique de la ville de Ouagadougou.

« Vous n’avez rien mais vous êtes prêts à tout donner ».

Après s’être fait des amis, elle décide d’aller à la découverte de la culture de ce pays. « Les burkinabè sont tellement accueillant qu’on n’a qu’une envie : c’est de travailler pour vous », confie-t-elle. « Vous n’avez rien, mais vous êtes prêts à tout donner », ajoute-t-elle. L’amour pour le Burkina, Claudine l’a au delà des simples mots. Elle s’est investie pendant des années pour avoir la nationalité burkinabè. Elle vient enfin de l’obtenir. Et depuis juillet 2010, elle se bat pour obtenir la carte d’identité nationale burkinabè. Ce qui à priori n’est plus un problème. « Malheureusement le service photo a mal enregistré ma photo, donc je ne pourrai pas repartir avec ma carte d’identité burkinabè », nous confie-t-elle, quelque peu amère. « Mais ça va venir », se console-t-elle tout de même, à la fin de son séjour burkinabè de 2010.

Chaque année, elle se rend au pays des hommes intègres pour y séjourner des semaines, voir des mois. Elle vient travailler en sa qualité de responsable de la commission d’Amitiés abraysiennes sans frontière ; mais aussi et surtout par amour pour ce pays. Avec la double nationalité, Claudine se rapproche davantage de la population de Boussouma. Un amour démesuré pour le pays des hommes intègres qu’elle a de la peine à expliquer. Pourtant, ce pays lui a pris l’un des êtres les plus chers de sa vie. Son mari y est décédé des suites d’un accident de circulation. Un moment pénible. Inoubliable. Malgré tout, elle ne peut se séparer du Burkina. « Tout le monde m’a tellement aidé pendant ce moment douloureux, je ne peux abandonner Boussouma », confie-t-elle, reconnaissante. Pourtant, il n’est pas si facile d’y travailler. Il faut tenir compte de toutes les sensibilités, politiques et coutumières. La ville de l’ex-premier ministre Kadré Désiré Ouédraogo est un fief de l’opposition. Grâce à son impartialité, Claudine réussit tout de même à rassembler tous autour de l’essentiel, le bien-être de Boussouma.

« Bonjour tantie Claudine »

« Tantie Claudine, bonjour », voici la phrase qui lui fait le plus chaud au cœur lorsqu’elle traverse la ville à pieds, vélo ou en voiture. Et les enfants répètent cette phrase tout le temps que dure sa traversée. Son dernier séjour (mi-juin au 25 août 2010) fait son 29e voyage à Boussouma. Et elle n’est pas prête d’arrêter. La population de Boussouma fait partie de sa famille. L’originalité de Boussouma, c’est que dans chaque concession il y a une latrine. Ce qui a permis une diminution de 35 à 40% des maladies diarrhéiques. Plus de 400 millions de francs CFA y ont été investis grâce au jumelage avec la ville de Saint Jean de Braye dans divers projets. Claudine contribue aussi à trouver d’autres financements pour cette commune.

Le prochain projet, c’est la construction d’un collège technique, né du constat que seulement 35% des enfants qui obtiennent leur certificat d’étude primaire (CEP) vont au collège. Au bout d’une année, ceux restés à la maison perdent tout ce qu’ils avaient appris à l’école primaire. Alors, l’école technique semble la mieux adaptée et la plus utile pour eux. Ce collège technique sera orienté vers les métiers de l’agriculture (Boussouma étant 85% agricole), l’élevage ; la gestion. Une classe sera consacrée à la formation professionnelle. Les métiers concernés sont entre autres la maçonnerie, la mécanique, la menuiserie… Pour l’agriculture et l’élevage, ce centre de formation va allier théorie et pratique.

Depuis maintenant vingt ans, Claudine Charles se bat pour l’amélioration des conditions de vie des populations de Boussouma et ses environs. A la retraite depuis longtemps déjà, la franco-burkinabè ne demande au bon Dieu que la force de pouvoir aller au bout de ses ambitions pour sa ville.

Moussa Diallo

Lefaso.net

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