Gestion des sinistrés : Les vérités d’abbé Isidore Ouédraogo

 

Quoi de mieux pour clore notre série d’articles sur le premier anniversaire du déluge du 1er- Septembre que d’ouvrir une porte sur les perspectives de gestion des secours d’urgence au Burkina Faso. C’est là l’objet de l’entretien que nous a accordé l’abbé Isidore Ouédraogo, président du Conseil de gestion des secours d’urgence et par ailleurs secrétaire exécutif national de l’Organisation catholique pour le développement et la solidarité (OCADES), le mercredi 1er septembre 2010 à son bureau.

 

Le mode de fonctionnement du Conseil, le point des fonds collectés, la démission de son prédécesseur sont, entre autres, les sujets abordés également par l’abbé Isidore Ouédraogo. Les vérités d’un homme d’église qui évoque sans ambages certains dysfonctionnements. Pour lui, à l’heure où il est question de tirer les leçons du déluge et de permettre aux victimes des inondations de se construire un devenir, il faut, entre autres, voir en la trame d’accueil de Yagma un quartier d’avenir sinon une nouvelle ville en y investissant autant qu’à Ouaga 2000.

Le 1er-Septembre a laissé des traces sans doute indélébiles chez bon nombre de Burkinabè. Quelle est l’expérience que vous tirez de ce sinistre ?

• Le 1er-Septembre est une expérience à la fois douloureuse et heureuse. Douloureuse parce qu’on a vu tant de personnes affectées, déboussolées, c’était assez difficile surtout en tant qu’acteur humanitaire au niveau de l’OCADES. Le côté heureux, c’est de voir que dans ce sinistre, il y a eu des personnes et des communautés qui se sont mobilisées dès les premiers instants sans qu’il y ait eu un appel ou quoi que ce soit, prouvant ainsi qu’il y a encore dans notre Burkina ce lien très fort de la solidarité active et vivante qui revient comme une force et qui peut être un ciment social. Après il y a eu l’appel des évêques du Burkina et l’appel du président du Faso, et au niveau de la société nationale et internationale, on a été heureux de voir que les personnes se sont engagées et ont contribué conséquemment à la prise en charge des victimes des inondations.

Sur le volet mobilisation des fonds, justement, combien de francs ont été collectés ?

• Il faut tout d’abord préciser le dispositif qui a été mis en place pour mieux comprendre quels sont les rôles et quelles peuvent être les responsabilités. Il y a eu un conseil d’orientation présidé par le premier ministre lui-même avec les membres du gouvernement et auquel participe le président du conseil de gestion, qui est l’organe mis en place pour travailler à la transparence. C’est donc une volonté de l’Etat de veiller à la transparence des ressources collectées et dépensées. Il a été mis en place également une unité de gestion chargée de collecter et d’effectuer les dépenses. Et enfin les unités opérationnelles, qui étaient les ministères concernés, les mairies des communes.

Toute la dépense est effectuée par ces unités opérationnelles. Le conseil d’orientation définit les programmes et les actions de secours d’urgence, et le conseil de gestion vérifie si les actions posées correspondent effectivement au programme et si les dépenses sont éligibles à ce programme. Après sa réalisation, nous avons un rôle de contrôle, donc pour voir l’effectivité des réalisations et la régularité des dépenses effectuées.

Dans un premier temps, nous avons entrepris des visites de terrain pour accompagner des actions et fait des recommandations pour améliorer ces actions. L’unité de gestion qui est chargée de la collecte des fonds est sous la responsabilité du conseil de gestion. A ce jour, nous pouvons dire qu’à la date du 9 août 2010, 5 366 219 111 F CFA ont été collectés réellement au titre des dons en nature de 918 998 916 F et en espèces de 4 447 220 195 F CFA.

Bien sûr, l’Etat a porté sa part, ce qui a donné un total des ressources destinées à la réponse d’urgence et de réhabilitation de 23 579 630 959 F CFA. Les dépenses effectuées à la date du 9 août étaient de 910 404 691 238 F CFA, qui ont été effectivement dépensés. Comme il y avait des ressources supplémentaires, nous avons reversé à la trésorerie d’Etat 5 milliards de F CFA. Voilà le point de ce qui a été fait pour l’instant.

Il faut dire qu’il y a quand même eu un engagement important au niveau de l’ensemble de la population de l’ensemble du Burkina tant au niveau interne qu’externe, mais aussi des partenaires et des amis de notre pays, des partenaires techniques et financiers, et ça, c’est vraiment notable parce que vous avez un sinistre et tout ce monde- là s’engage, c’est quelque chose d’important pour notre pays, qui doit être noté comme un actif pour l’ensemble de la population sans que personne ne puisse tirer la couverture à soi.

C’est quand même étonnant de voir qu’il y a eu un reliquat de 5 milliards de F CFA alors que, sur le terrain, les sinistrés se plaignent de l’insuffisance de l’aide qui leur a été apportée. Pourquoi reverser une telle somme alors que le besoin se fait encore sentir à leur niveau ?

• Je crois que j’ai clairement dit que le gouvernement a défini sa politique et que notre tâche n’était pas d’entrer dans la politique du gouvernement. Notre rôle était, je le rappelle, de voir si les dépenses étaient éligibles et s’il n’y avait pas de problèmes dans la gestion des secours. Nous pourrions effectivement faire des recommandations, mais nous n’avions pas le droit de changer la politique du gouvernement et je pense qu’à ce niveau on peut considérer que le gouvernement a sa politique. Reliquat, c’est trop dire, il y a un trop qui a été versé dans le compte de l’Unité de gestion, et ce trop a été reversé au Trésor public. Aujourd’hui, il y a bien un solde positif sur le compte de l’unité de gestion.

Il faut dire que ce qui a été prévu initialement par le gouvernement a été entièrement effectué. Il y a eu bien sûr les urgences immédiates qui ont été prises en charge sur les sites transitoires et le site définitif de Yagma avec la définition de la zone et les parcelles. La politique de donner à chaque ménage sinistré, 30 sacs de ciment, 20 tôles et 50 000 F CFA a été effective, même si, aujourd’hui, il y a des gens qui n’ont pas encore été satisfaits du fait des restants. Je dois ajouter que la responsabilité de la politique ne se situe pas au niveau du Conseil de gestion, et peut-être que d’autres personnes, plus avisées, pourraient répondre à cette question.

Effectivement, il y a encore des besoins, mais je crois qu’un des aspects importants, c’est de se dire que nous avons passé le cap des urgences, maintenant il faut aller à la réhabilitation. La réhabilitation ne se fera pas en un seul jour. C’est tout un programme. Et ce que nous devions faire, je crois personnellement que c’est de définir quel type de quartier nous voulons pour Yagma.

Les personnes qui ont été déplacés viennent de quartiers qui se sont écroulés pour la plupart, donc il y a une certaine vulnérabilité qui est là et un accompagnement de structures socio-sanitaires qui doit être mis en place rapidement pour permettre à ces personnes de se relever. Mais il y a un travail sur les personnes elles-mêmes qui doit être fait, surtout pour permettre à ces derniers de se dire : “Nous sommes responsables de notre propre devenir”. On ne peut continuer indéfiniment à soutenir une personne ni une communauté, il faut à un certain moment qu’elle puisse se pendre en charge. C’est là que se situe l’enjeu de leur réhabilitation.

Lors de la collecte des fonds. Il y a eu un certain nombre de promesses de dons. Un an après, ont-elle toutes été tenues ?

• Je pense que l’unité de gestion fera en son temps un bilan exhaustif des opérations. Comme je l’ai dit, nous sommes en train de commettre des audits techniques sur les ouvrages réalisés et des audits financiers sur les opérations de secours d’urgence. Dans son rapport, l’unité de gestion dira si les promesses ont été tenues ou pas et c’est à qui de droit de pouvoir réclamer en ce moment, s’il y a des gens qui ont fait des promesses officiellement et qui ne les ont pas tenues.

Vous qui veillez à la conformité des activités à la politique, est-ce qu’on peut dire qu’il y a eu des déphasages ?

• Au début, il y a eu un plan d’action qui a été établi avec les besoins des ministères, et il faut dire que cette estimation n’a pas été exacte. Cela est dû soit à la précipitation, soit à une volonté de bien faire en estimant bien souvent au-delà de ce dont on a la capacité ou l’ambition. C’est cela qui a été peut-être une difficulté, mais rapidement les programmes ont été recadrés parce que le conseil d’orientation, à chaque fois, revenait sur le programme, le relisait et en ressortait un nouveau qui intégrait des activités oubliées ou enlevait celles en trop.

Au niveau du conseil de gestion, nous avions fait des recommandations pour améliorer les actions de secours d’urgence. Etant au niveau de la société civile, nous avons écouté et nous avons répercuté auprès du gouvernement ce que nous pensions être des voix, notamment des journalistes qui ont été d’un support avec leurs critiques des activités ou des actions, et nous avons demandé que certaines actions soient corrigées ou améliorées pour mieux faire au niveau de la gestion du secours d’urgence.

Entre-temps est intervenue la démission du président du conseil des gestion, Gaspard Ouédraogo. Est-ce ce climat là qui a prévalu à sa démission ?

• Qui peut répondre véritablement à cette question ? Je pense que c’est peut-être le Premier ministère et l’intéressé lui-même. Au niveau du conseil de gestion, nous avons déploré ce climat-là au début. La difficulté majeure a été due au fait qu’au niveau du gouvernement ou des structures mises en place, personne ne savait effectivement comment gérer des secours d’urgence. Et les difficultés de fonctionnement du conseil d’orientation n’ont pas permis une certaine fluidité de la circulation de l’information entre les différents acteurs, et même la compréhension des missions n’était pas tout à fait clarifiée. Et cela a créé des incompréhensions qui ont amené malheureusement le président à partir.

Du coup, c’est vous qui devenez le premier responsable du conseil de gestion. Est-ce que vous n’avez pas senti subitement ce poids sur vos épaules ?

• J’en étais le vice-président et j’ai donc assuré l’intérim pendant la période transitoire et par la suite les conseillers ont voulu me confirmer comme président. Puisque j’y suis au titre de la communauté catholique, il était de la responsabilité donc de la communauté de décider pour moi et j’ai reçu alors pour mission de rester et d’assumer le rôle qu’on me confiait. Avec Gaspard Ouédraogo qui est parti, nous continuons de nous consulter et je dois dire qu’en Burkinabè, il continue d’apporter sa pierre d’une manière ou d’une autre à la bonne gestion des secours d’urgence de notre pays.

Vous êtes maintenant le président du conseil de gestion. Est-ce qu’on peut dire que le climat qui a prévalu au départ de votre prédécesseur s’est estompé maintenant ?

• Quand on parle de climat, peut-être qu’il faudrait interroger d’avantage les différents protagonistes de ce climat parce le sens dépend surtout de l’adjectif qualificatif que l’on place après. (Rires). Mais il y a un défi à relever, le gouvernement a voulu une certaine transparence dans la gestion des secours d’urgence. Le défi était de savoir, est-ce que l’Eglise en tant qu’institution, a un rôle à jouer dans la transparence de la gestion des opérations ? Est-ce qu’elle peut encore jouer ce rôle ou non en cette situation ? Je crois que la décision a été prise après analyse de la situation qui prévaut, et de l’enjeu par rapport à l’engagement de toute la société burkinabè et à notre capacité à jouer un rôle dans la transparence au niveau de la gestion des secours d’urgence et à apporter un œil de la société civile à ce niveau.

Dans l’accomplissement de votre mission, aviez-vous droit à une aide ou à une rétribution ?

• Le décret qui mettait en place le conseil de gestion stipulait clairement que les missions étaient à titre bénévole. Et nous, les conseillers, avons tenu à dire que nous ne voulons percevoir aucune rémunération. Maintenant, il y a bien sûr des frais connexes à la mission : pour la communication, nous avons demandé que chaque conseiller dispose d’un téléphone et d’une puce et nous sommes tous sur la même flotte. Chaque conseiller perçoit chaque mois 50 000 F CFA pour son carburant.

Je dois préciser que nous avons des réunions toutes les semaines, les jeudis. Sauf bien sûr, ce temps-ci où nous sommes en train de faire des contrôles et nous avons voulu attendre qu’ils finissent pour nous rencontrer probablement le 9 prochain et en faire l’état des lieux. Le président, le secrétaire général et le vice-président perçoivent 30 000 F CFA supplémentaires pour la communication. Le président a droit à un téléphone supplémentaire offert par le gouvernement. Comme j’en avait déjà, je l’ai décliné personnellement à ma prise de fonction.

Nous avons fonctionné jusqu’en janvier sans avoir de l’eau pour nos réunions, et nous avons insisté pour que quand nous devons tenir des réunions qui peuvent aller au-delà de 3 heures, nous ayons de l’eau pour nous désaltérer. Il faut savoir que nous avons également fonctionné jusqu’au mois de janvier sans percevoir un rond au niveau du Conseil de gestion parce que, compte tenu de l’importance et de l’urgence des choses, on ne s’est pas préoccupé des conseillers nous-mêmes mais de ce qu’on pouvait offrir au niveau personnel en conformité avec les missions à nous confiées.

Quelle est la composition exacte du Conseil de gestion ?

• Le décret de création stipulait qu’il y avait toutes les composantes : des représentants du gouvernement au nombre de 3, 2 représentants des partenaires techniques et financiers, 2 représentants des sinistrés, 4 représentants des communautés religieuses et coutumières (un pasteur, un chef coutumier, un El hadj et un Abbé) plus un représentant de la Chambre de commerce qui était M. Gaspard Ouédraogo. Et à nos réunions participe également le coordonnateur de l’Unité de gestion. Nous sommes donc en tout une douzaine au niveau du Conseil de gestion.

Pour en revenir aux difficultés de fonctionnement, je dois dire qu’au tout début, nous avons pris du temps pour comprendre qu’elle était notre mission. C’était une première, le gouvernement nous a donné un document d’orientation mais bien sûr il y avait des hésitations et ce temps de compréhension a peut-être fait penser aux uns et aux autres qu’il y avait de la lenteur dans notre fonctionnement. Heureusement, les moments difficiles se sont progressivement effacés.

Cependant il faut ajouter que notre mission dans un premier temps s’étalait sur six mois. C’est-à-dire qu’en fin février, elle devait normalement prendre fin. Mais cette date arrivée, nous nous sommes rendus compte que nous ne pouvions pas accomplir la mission en ce laps de temps. C’est pourquoi le décret qui est sorti et a été finalisé ne parlait plus de limites du mandat. Nous comprenons bien sûr le fait qu’on ne peut s’arrêter comme ça du jour au lendemain. Il faut quand même finaliser les choses avant de partir.

Mais il faut une fin de fonctionnement à notre mandat de manière à permettre que nous rendions compte de ce que nous avons fait et que la communauté nationale en prenne acte et corrige nos actions. Nous avons travaillé à commettre des cabinets pour faire des audits de toutes les dépenses du mois de février à celui de juin, donc la procédure a été longue, mais nous voulons suivre toute la procédure de l’Etat. Cela a pris du temps, mais les cabinets commis nous ont confirmé qu’ils ont maintenant fermé et nous allons bientôt écouter les résultats de ces travaux pour fournir des rapports à qui de droit qui fera ce qu’il peut avec.

Est-ce à dire qu’une fois ce rapport remis à qui de droit, votre mission prendra fin ?

• Nous espérons que cela marquera la fin de notre mission. Mais nous restons disponibles dans la limite de nos responsabilités individuelles. C’est quand même le travail bénévole qui prend beaucoup de temps et nous avons chacun nos responsabilités ordinaires et c’est souvent de la gymnastique pour pouvoir les conjuguer. C’est une mission ponctuelle et nous espérons qu’elle restera fonctionnelle et aura une échéance avec un résultat que nous devons rendre au nom du peuple parce que nous sommes là pour être son l’œil. Peut-être que des gens ont pensé que l’argent était remis au conseil de gestion. Non. Notre rôle n’était pas de gérer l’argent, nous n’avons pas une mission d’accompagnement de la gestion du secours d’urgence.

En tant que premier responsable du conseil, quelles sont les recommandations que vous faites relatives à la gestion des secours d’urgences ?

• Je dois d’abord témoigner que lorsqu’on rencontre des personnes avec qui on travaille et qu’on a appris à se connaître durant une année, il y a de la joie et aussi de l’apprentissage parce qu’il y avait différentes compétences qui étaient présentes et qui apportaient une certaine richesse au débat et donnait un poids à nos recommandations. Les choses qui ne sont pas de joie, c’est principalement le départ de notre président que nous avons essayer d’assimiler aux apprentissages dans la vie d’une nation. Personnellement, je crois qu’au niveau des secours d’urgence, nous avons encore à élaborer des guides pour mieux agir rapidement.

Il faut une mise à niveau de l’attention à l’égard des sinistrés de toutes les localités du pays pour qu’il n’y ait pas ce sentiment que, quand c’est Ouagadougou, on fait tout et quand c’est les autres régions, on ne fait rien. Ce sont des références maintenant pour nous pour dire que le citoyen, où qu’il soit, doit être traité de la même manière et je crois que le gouvernement prend conscience de cela.

Le deuxième aspect de mon interpellation, c’est de savoir comment tant aux niveaux individuel que le collectif, nous prenons conscience du danger qui nous guette. Comment les changements climatiques sont intégrés dans nos consciences, et quelles sont les stratégies que nous avons élaborées pour ne plus voir arriver de telles choses et pour mieux se préparer à répondre conséquemment au danger.

Il faut revoir la question de l’habitat en vue d’améliorer nos techniques de construction pour faire face aux aléas climatiques. Enfin la trame d’accueil de Yagma doit être vue comme un quartier d’avenir. Si on peut investir conséquemment dans Ouaga 2000, on peut tout autant le faire dans les quartiers de Yagma et de Bassinko pour en faire des zones tout à fait viables avec de l’eau, de l’électricité et des routes bitumées. C’est possible et je vois que tout ceux de Ouaga 2000 ont droit à un bien-être et à un cadre de vie enchanteur, ceux de Yagma y ont également droit.

Et je crois que pour un avenir de Yagma et pour permettre à ces personnes de reconstruire un devenir correct, ils ont droit aussi à un minimum d’éducation, à la santé, à des infrastructures d’assainissement et d’éclairage et à tout ce qu’on peut offrir à cette zone : près de 14 000 familles dans un lieu, c’est une nouvelle ville qui demande de nouveaux moyens .

Propos recueillis par Hyacinthe Sanou & Abdou Karim Sawadogo

L’Observateur Paalga

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