PENURIE DE GAZ : Où est passé le stock de sécurité ?

Les Burkinabè ne savent plus à quel saint se vouer. La Société nationale burkinabè des hydrocarbures (SONABHY) a les mains liées. Ses containers de gaz butane sont désespérément vides. Et les Burkinabè, qui ne savent plus où donner de la tête, hésitent entre le désespoir et la colère. Aucun signe annonciateur de la reprise des approvisionnements ne pointe à l’horizon. Près d’un mois après le début de la crise, aucune amélioration ne se manifeste et l’on se demande où sont passés les effets des mesures prises par la nationale des hydrocarbures pour minimiser les conséquences de la pénurie.

Dans les grands centres urbains, les effets sont déjà visibles. Tous ceux qui travaillent avec le gaz, restaurateurs et vendeurs de poulets rôtis par exemple, sont en chômage technique. Les ménages qui possèdent des bouteilles de gaz de secours sont les mieux lotis actuellement. La question est de savoir jusqu’à quand ? Si la pénurie continue, l’impact socioéconomique risque d’être désastreux. On ne sait pas encore si le gaz industriel est concerné.

La nationale des hydrocarbures semble dégager sa responsabilité. Son principal fournisseur, la plate-forme béninoise qui fournit la sous-région, est fermée pour des travaux. L’explication est recevable, mais est-ce pour autant que l’on doit fermer les yeux sur le manque de prévisibilité ou d’anticipation de la partie burkinabè ? Cette crise vient de mettre à nu une des faiblesses du système d’approvisionnement et de stockage de la SONABHY. Son fameux stock de sécurité n’a pas tenu un mois. Trop juste pour un pays qui a décidé de faire de l’utilisation du gaz butane, une priorité afin d’atténuer un tant soit peu la pression sur ses ressources ligneuses, malmenées par la coupe abusive du bois de chauffe. Tout comme pour le carburant, un minimum de trois mois de stocks aurait pu nous épargner cette galère dont on ne voit pas encore le bout du tunnel.

Il est impératif que le Burkina tire les leçons de cette pénurie en renforçant non seulement ses capacités de stockage mais aussi en les diversifiant. La trop grande dépendance vis-à-vis du port de Cotonou vient de montrer ses limites, quelles que soient les raisons qui en sont à l’origine. Les corridors ghanéen et ivoirien ne devraient pas être seulement des bouche-trous en cette période difficile. Il est urgent de travailler à sécuriser l’approvisionnement en gaz via ces pays car si les pays côtiers eux-mêmes sont touchés par l’insuffisance de gaz domestique, il va sans dire qu’une solution à l’échelle de l’UEMOA doit être envisagée. Un vieil adage ne dit-il pas, de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier ?

Le carburant et le gaz sont des produits d’importation stratégiques pour l’économie du pays et c’est impardonnable que les autorités burkinabè se laissent encore surprendre. Un pays enclavé ne peut se permettre une telle impévisibilité. Il faut donc se donner les moyens d’y faire face. Sinon, un jour tout s’arrêtera.

Abdoulaye TAO

Le Pays

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